Summer Fever 2020

SUMMER FEVER 2020 : Une sélection cinéma préparée par la rédaction – Épisode 15

Durant tout l’été la rédaction va vous accompagner avec des sélections de films à voir et à revoir, des découvertes à faire, des curiosités à explorer, des films doudous à savourer, des blockbusters, des séries B voire même des nanars pour s’éclater… Un été cinéma même chez soi, pour que cette année particulière reste aussi celle de la célébration de cet art qu’on dit 7ème mais qui reste le premier dans nos cœurs.

UN ÉTÉ 42  (1971)


SYNOPSIS: Hermie se souvient avec nostalgie de cet été quarante-deux lorsqu’il avait quinze ans. Garçon timide et rêveur, il avait bien du mal à aborder les filles de son âge. Lorsqu’apparut dans sa vie Dorothy, une jeune femme dont le mari etait à la guerre. 

Le jeune Hermie vit avec ses deux amis sur l’île de Nantucket et durant l’été 42 où la guerre fait rage, les trois compères n’ont qu’une seule idée en tête : perdre leur virginité. Le garçon croise durant cette période estivale Dorothy, la jeune professeure dont le mari participe au combat. Grand film de personnages, Un été 42 est une pure comédie dramatique : le parcours initiatique et pittoresque des trois jeunes amis est toujours accompagné d’une menace extérieure que nous ne verrons jamais. Le réalisateur de Du Silence et des Ombres décide de filmer sobrement ce paradoxe le tout accompagné d’une magnifique musique de Michel Legrand dont le point d’orgue reste ces scènes de dialogues entre Hermie et Dorothy dans la maison de cette dernière. Mulligan se focalise également sur l’amitié entre Hermie et son meilleur ami Oscar dont le caractère diffère totalement. Alors qu’Oscar est un jeune homme bagarreur et balourd, Hermie est un garçon doux et subtil. Ces comportements opposés auront une incidence dans leur manière d’arriver chacun à leur but. Tous les personnages restent gravés dans notre mémoire longtemps après l’avoir vu. La réussite d’un grand film.

A BOUT DE COURSE (1988)

SYNOPSIS : Danny, jeune homme de 17 ans, est le fils d’anciens militants contre la guerre du Vietnam. Ses parents Annie et Arthur Pope organiserent un attentat à la bombe contre une fabrique de napalm. Un gardien meurt lors de l’explosion. Depuis, les Pope sont en fuite. Danny vit assez mal cette situation de mensonge et de dissimulation. Mais tout va basculer lors de sa rencontre avec Lorne Philips, la fille de son professeur de musique. 

Attention, grosse crise de larmes en perspective. Ce film réalisé en 1988 met en scène un couple recherché par le FBI vers la fin des années 80. En effet, pour protester contre la guerre du Vietnam, les conjoints ont fait sauté un laboratoire il y a dix-huit ans de cela. Depuis, ils bougent avec leurs deux enfants dans tout le pays pour échapper à une condamnation. Le récit se concentre sur l’ainé de la famille (River Phoenix) à l’aune de ses dix-huit ans. Ce dernier est un musicien de génie et, son professeur de musique le repère immédiatement et le pousse à s’inscrire à la faculté. Entre-temps il croise la route de la fille de ce professeur dont il tombe éperdument amoureux. La réussite du film est de traiter de sujets épineux comme le poids de l’héritage familial, l’Histoire américaine (la lutte des 70’s contre la guerre du Vietnam jusqu’aux années Reagan où règne l’individualisme) ou encore du passage à l’âge adulte à travers cette famille en perpétuelle fuite faisant de ce film un des plus beaux mélodrames jamais réalisés. La scène de fin est évidemment un modèle du genre en terme de dramaturgie mais c’est probablement la scène du restaurant où la mère de famille retrouve son notable de père après tant d’années qui restera le sommet de ce film. Immense.

LES DIABLES (1971)

SYNOPSIS: Résistant à la censure du pouvoir, l’abbé Urbain Grandier s’oppose à l’autorité du roi Louis XIII. Mais au couvent de ce dernier, l’inquiétante Mère Jeanne des Anges se déclare possédée par le diable. Voyant une occasion parfaite d’éliminer Grandier, le roi en profite pour l’accuser de sorcellerie. 

Pour finir, un grand film politique. Le cardinal Richelieu veut étendre son influence sur toutes les villes fortifiées mais Grandier (Oliver Reed), prêtre de la ville de Loudun, s’y oppose. Les soutiens de Richelieu vont utiliser les hallucinations de la mère supérieure (Vanessa Redgrave) du couvent de Loudun pour décrédibiliser Grandier. Cette dernière est en réalité attirée par le prêtre. Ce film très misanthrope et outrancier est un grand brûlot contre l’hypocrisie des puissants (les politiques, les représentants religieux, les moralisateurs en tout genre). Ainsi les opposants de Grandier (lui-même personnage antipathique et sournois) chercheront à l’évincer quitte à tomber dans la dépravation la plus totale, la fin justifiant les moyens. Le film dénonce également la culpabilité qui pèse sur les femmes à travers le personnage de Redgrave, obligées de réprouver leurs désirs sexuels jusqu’à tomber dans la folie. Enfin, il faut saluer la réussite formelle d’un tel film avec des acteurs totalement habités, des décors grandioses et une mise en scène virevoltante et hystérique surtout dans sa dernière partie. On peut comprendre le scandale que le film a pu provoquer à l’époque avec notamment la scène où Grandier joue le rôle du Christ. On en ressort lessivé mais conquis.

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