Critiques Cinéma

SHAUN OF THE DEAD (Critique)

SYNOPSIS: À presque 30 ans, Shaun ne fait pas grand-chose de sa vie. Entre l’appart qu’il partage avec ses potes et le temps qu’il passe avec eux au pub, Liz, sa petite amie, n’a pas beaucoup de place. Elle qui voudrait que Shaun s’engage, ne supporte plus de le voir traîner. Excédée par ses vaines promesses et son incapacité à se consacrer un peu à leur couple, Liz décide de rompre. Shaun est décidé à tout réparer, et tant pis si les zombies déferlent sur Londres, tant pis si la ville devient un véritable enfer. Retranché dans son pub préféré, le temps est venu pour lui de montrer enfin de quoi il est capable… 

Il existe peu de réalisateur comme Edgar Wright. Jeune prodige cinéphile, le metteur en scène a su imposer sa patte si singulière grâce à sa fameuse Trilogie Cornetto. Cornetto car chaque opus de cette anthologie faisait apparaître à l’écran un cône glacé de la couleur associée au film. Rouge pour Shaun Of The Dead, Bleu pour Hot Fuzz, et finalement vert pour Le Dernier Pub Avant la Fin du Monde. Mais chaque épisode de cette trilogie était l’occasion pour Wright de se plonger dans ses genres préférés. En 2004, il faisait renaître le film de zombie à travers son désormais culte Shaun Of the Dead. Shaun of The Dead c’est l’histoire de Shaun, un jeune anglais loser qui passe son temps au Pub avec son meilleur ami Ed. Lorsque Liz, la petite amie de Shaun décide de le quitter, le jeune homme décide de la reconquérir. Mais c’était sans compter une invasion de morts-vivants qui va plutôt contrarier ses plans.


Avec ce film, Edgar Wright explore un sous-genre qui a habité sa cinéphilie : la série B. Car là où beaucoup s’arrêterait au terme de « parodie » pour définir le film, nous irons plus loin que ça. Wright connaît les codes du genre sur le bout des doigts. Plus que ça : il les maîtrise. Ce film ne vient pas moquer le genre, mais lui rendre hommage. Le metteur en scène ne met pas l’accent sur les clichés comme le ferait une parodie, mais bien sur ses personnages. Car Shaun of the Dead marque un tournant dans l’histoire du film de zombie. Alors que le genre faiblit de plus en plus – le public se lassant vite – Edgar Wright vient donner un nouveau souffle en montant une comédie de zombie. Plus fort qu’une énième parodie vide de sens, Shaun of the Dead est une déclaration d’amour au genre, habillé d’un humour implacable, trash, et on-ne-peut-plus british. Le metteur en scène prouve qu’il sait manier les images, conférant à son film des séquences comiques cultes et inégalées (les personnages, pendant tout le premier tiers du film, ignorent que les morts reviennent à la vie alors que nous, spectateurs, le voyons très bien), tout en y incorporant des vraies scènes rafraîchissantes et pétillantes de film de zombies (la scène finale dans le Pub, en rythme sur Don’t Stop Me Now, annonce déjà la passion et le talent d’Edgar Wright pour les montages calés sur de la musique, chose qu’il amplifiera et utilisera à son paroxysme dans son Baby Driver plusieurs années plus tard).


La trilogie Cornetto, en dehors du placement de la glace éponyme, possède également d’autres points caractéristiques. Et parmi eux, peut-être le plus parlant : son duo de tête. Car la trilogie est finalement un triptyque de buddy movie revisitant avec ce flegme et cet humour so british des sous-genres légèrement dépassés. On y retrouve Simon Pegg et Nick Frost, le duo anglais moderne par excellence. Leur relation fusionnelle et leur sens de la blague et de la réplique marquante porte presque tout le film. Ils sont une extension de la vision d’Edgar Wright, créant une alchimie évidente qui a probablement hissé ce film au statut de film culte. On y retrouve également des seconds rôles délicieux (Wright a un vrai goût pour les personnages secondaires, qu’il parvient toujours à faire exister, même en une seule réplique) tels que Kate Ashfield incarnant Liz, Bill Nighy campant le beau-père de Shaun qui ne peut pas le supporter, ou encore un petit caméo de Martin Freeman, un autre comédien récurrent de la trilogie.


Shaun of the Dead se pose comme la première pierre de la carrière d’un grand réalisateur. Un réalisateur cinéphile qui maîtrise avec une grande précision les outils cinématographiques. Il explore avec ce film la série B en en reprenant ses codes, mais sans la moquer. On sent un grand amour du cinéma, et la première collaboration Edgar Wright/Simon Pegg au scénario fait des étincelles. L’humour, le sens de la réplique, le montage ultra rythmé désormais caractéristique de son metteur en scène et ses personnages cultes : Shaun of the Dead est devenu avec le temps une référence absolue de la comédie anglaise, tout en dépoussiérant le film de zombie. Cela laisse le champ libre au metteur en scène anglais pour explorer d’autres genres dans les opus suivants de sa trilogie, ces fois-là loin de Evil Dead et des films de George Romero

Titre Original: SHAUN OF THE DEAD

Réalisé par: Edgar Wright

Casting: Simon Pegg, Nick Frost, Dylan Moran

Genre: Comédie, Epouvante-Horreur

Sortie le: 27 juillet 2005

Distribué par: Rogue Pictures

4,5 STARS TOP NIVEAUTOP NIVEAU

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