Critique Blu-Ray

MIRACLE EN ALABAMA (Critique)

SYNOPSIS: Helen Keller a 12 ans. Elle ne voit pas, n’entend pas et présente tous les symptômes d’une déficience mentale.Ses parents font appel à Annie Sullivan, éducatrice aux méthodes révolutionnaires, et elle-même mal-voyante. Les premiers contacts entre l’enfant et l’éducatrice sont difficiles et même, parfois, violents

Principalement reconnu pour la réalisation de Bonnie and Clyde en 1967, Arthur Penn noue une relation particulière avec l’histoire d’Helen Keller, cette petite fille sourde, aveugle et muette qui raconta son histoire dans une autobiographie. D’abord adaptée à la télévision, il poursuivra l’aventure au théâtre avec un immense succès pour boucler la boucle en l’adaptant au cinéma. Pour son interprétation au théâtre et au cinéma, Anne « Mrs Robinson » Bancroft fit coup double en gagnant à la fois le tony award et l’oscar de la meilleure actrice. On peut comprendre qu’Arthur Penn se soit acharné à faire découvrir cette bouleversante histoire du fait de la profondeur d’un tel sujet. Dans un premier temps, on aurait pu penser à une approche assez naïve et larmoyante. Mais pendant plus d’une 1h30 sur une durée d’1h45, le réalisateur aborde le film d’une manière assez rude et antipathique. Ainsi, le père de cette fillette durement touchée par la vie nous apparait froid, autoritaire et brusque. En témoigne le traitement réservé au personnel entièrement noir qui vient nous contextualiser cette histoire : pas besoin d’en rajouter, on comprend rapidement que nous sommes dans un état sudiste où l’égalité des droits n’existe pas encore. La mère est à deux doigt d’accepter d’envoyer sa fille dans un asile. Pire, il est difficile de se prendre d’affection pour le personnage d’Helen, tellement le réalisateur nous la dépeint comme irresponsable et grossière. Ce choix évidemment réfléchi est ce qui fera toute la grandeur du film. Pas d’idéalisation de la part du metteur en scène quitte à se couper d’une partie du public qui attendait forcément un déballage immédiat de bons sentiments. Il faudra se prendre de patience pour découvrir l’ampleur d’une telle intrigue.

miracle en alabama 1 cliff and co

Le film sera ainsi construit sur la confrontation permanente entre le mari et sa femme, le père et son fils, le père et l’éducatrice avec en toile de fond cette volonté d’émanciper Helen. Cette violence verbale et physique présent tout au long du film trouvera son point culminant lors de cette scène absolument épuisante mais terriblement touchante lors de l’apprentissage par Helen de la conduite appropriée à avoir lors d’un repas familial. Pendant une dizaine de minutes, Anne tentera par tous les moyens de transmettre à Helen les bonnes manières. Penn tente quelque chose de nouveau dans ce cinéma américain de plus en plus sous influence européenne et de la Nouvelle Vague. Il utilise beaucoup de flashbacks dans sa mise en scène et de montage assez rapide pour finir sur une réalisation somme toute peu classique avec des gros plans sur les visages des personnages finissant de déstabiliser le spectateur. Sur un tel sujet, on aurait pensé à voir une caméra qui tourne à l’économie et c’est encore une des grandes forces du film de nous surprendre là où on ne l’attend pas.

miracle en alabama 2 cliff and co

En évoquant cette histoire, Penn s’attaque à un sujet douloureux qui nous interroge sur la puissance du lien familial. Il est toujours difficile d’admettre pour l’homme l’absence d’amour pour sa propre famille. Le temps ajouté à certaines situations nous poussent malheureusement dans cette direction même si cela est difficilement avouable. La pauvre Helen est ainsi devenu une charge pour ses parents qui cherchent à s’en séparer. Le temps a fait son effet et, dans un geste désespéré, ils s’accordent à lui adjoindre une éducatrice, elle-même abimée par la vie, semi-aveugle, dans une sorte de champ d’honneur. Malgré la rudesse de l’apprentissage, le film se transforme petit à petit, de manière très diluée vers un final à la Capra qui nous invite à reconsidérer notre position, à ne jamais abandonner, à ne pas tomber dans l’indifférence alors que le seul socle sur lequel l’homme peut se reposer est le socle familial. Les dix dernières minutes du film sont ainsi terriblement émouvantes aidées par ces deux actrices principales qui arrivent à jouer sur les deux tonalités nécessaires pour un tel film : la brutalité et l’émotion. A noter que Patty Duke, l’interprète d’Helen gagnera aussi un oscar cette même année en tant que second rôle.

DÉTAIL DES SUPPLÉMENTS :

«Un miracle à Hollywood» (35 mn) : interview de Frédéric Mercier, critique cinéma –

Film annonce

Contient également un livret de 36 pages écrit par Christophe Chavdia.

 

Titre Original: THE MIRACLE WORKER

Réalisé par: Arthur Penn

Casting : Anne Bancroft, Patty Duke, Victor Jory …

Genre: Drame, Biopic

Sortie en DVD et Blu-ray le 16 avril 2019 chez Rimini Editions

Ressortie en version restaurée le : 11 septembre 2019

Distribué par:  Mary-X distribution

4,5 STARS TOP NIVEAU

TOP NIVEAU

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