Critiques Cinéma

ABYSS (Critique)

SYNOPSIS: Un commando de la Marine américaine débarque à bord de la station de forage sous-marine DeepCore, afin de porter secours à un sous-marin échoué dans les profondeurs. L’équipe de Bud Brigman accueille ces nouveaux arrivants, ainsi que Lindsey, future ex-femme de Bud. Alors que les travaux de récupération commencent autour du submersible naufragé, l’équipage de DeepCore doit faire face à des phénomènes inexpliqués. Et s’ils n’étaient pas seuls, dans les abysses ?

Quatrième long métrage de James Cameron réalisé après le carton d’Aliens, Abyss fut un film compliqué pour le cinéaste canadien : un tournage aux conditions extrêmement difficiles, et un relatif échec au box office lors de sa sortie en salles. Pour autant, il a obtenu ses lettres de noblesse avec le temps, finissant parfois en tête de sa filmographie chez certains admirateurs. C’est qu’Abyss, en plus d’être une prouesse technique (récompensée par un oscar) qui servira autant d’embryon à Terminator 2 pour les effets numériques d’ILM qu’à Titanic pour son tournage dans un bassin aquatique, possède une force dramatique ahurissante.

abyss 1 cliff and co

L’originalité du film vient du mélange qu’il crée entre un thriller de sous-marin extrêmement tendu dans un contexte de Guerre Froide, et une rencontre extra-terrestre (ou du moins, d’origine inconnue) condensée en trois séquences majeures. Rythmé de manière progressive, de sorte que le début pourra paraître un peu long à certains, Abyss prend bien le temps d’introduire ses personnages et les conflits qui les animent, qu’ils soient de genre (Lindsey Brigman va s’introduire dans un petit monde quasiment rempli d’hommes à tendance sexiste) ou de classe (les ouvriers maritimes face aux soldats soit-disant surentraînés de la Navy SEAL mené par le tyrannique lieutenant Coffey). Composé essentiellement de séquences et de péripéties répondant aux codes du film de sous-marin comme la brèche suite à un choc ou la paranoïa qui s’installe progressivement chez un personnage, Abyss est parsemé par endroits d’apparitions splendides de formes inconnues, luminescentes et communicatives, comme une parenthèse enchantée pourtant totalement cohérente avec le reste du film. C’est précisément ce mélange qui donne toute la magie au film, alliant ainsi huis-clos tendu et grand spectacle d’émerveillement.

Bien sûr, le film n’aurait pas non plus la même puissance sans l’incarnation de ses ressorts dramatiques dans le couple (dé)formé par Ed Harris et Mary Elizabeth Mastrantonio, tous deux excellents même si cette dernière n’aura pas la vie facile autant dans le film que sur le tournage. Au bord du divorce, chacun se balançant des piques assassines, le couple sera quasiment une métaphore de la Guerre Froide au centre des enjeux du film. En effet, il faudra la menace d’une mort possible ou tout du moins une mort symbolique (qui donneront d’ailleurs, pour le personnage d’Ed Harris comme pour celui de Mary Elizabeth Mastrantonio, deux des meilleures scènes du film) pour que les membres du couple s’aperçoivent qu’ils s’aiment toujours et puissent se réunir. A un niveau plus global, il faudra une menace de fin du monde de la part des extra-terrestres pour tenter de convaincre les deux puissances antagonistes d’arrêter les hostilités (un élément qui sera néanmoins surtout présent dans la version longue). A la manière de la fin d’Avatar, on pourrait même dire qu’il s’agit pour les deux personnages principaux d’une renaissance métaphorique, annoncée par le liquide d’oxygène que doit avaler Ed Harris qui rappelle le liquide servant à nourrir l’embryon dans le ventre d’une mère comme le précisera un personnage.

abyss 3 cliff and co

James Cameron va ainsi déployer toute sa science du scénario et de la mise en scène pour faire d’Abyss un grand film à la fois spectaculaire et intimiste sur la communication et l’amour retrouvé. Bien aidé par des effets visuels révolutionnaires pour l’époque, qui ont certes un peu vieillis par moments mais possédant toujours leur charme originel, ainsi qu’une musique d’Alan Silvestri à hauteur de l’émerveillement ressenti et du sound design parcourant le métrage, Abyss est un film qui ne subit quasiment aucune fausse note, si tant est qu’on ne soit pas réfractaire à l’ambiance sous-marine de l’ensemble. On pourra éventuellement s’offusquer d’un happy-end assez grossier, néanmoins il est difficile, en tout cas pour l’auteur de ces lignes, de ne pas être touché par la tentative du réalisateur canadien de rendre hommage à l’un de ses films fondateur et de faire, en quelques sortes, son propre 2001 abyssal.

Titre Original: THE ABYSS

Réalisé par: James Cameron

Casting : Ed Harris, Mary Elisabeth Mastrantonio, Michael Biehn …

Genre:  Science fiction, Aventure, Drame

Sortie le: 27 septembre 1989

Distribué par: Twentieth Century Fox France

EXCELLENT

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s