Critiques

DAS BOOT (Critique Saison 1 Épisodes 1×01 – 1×04) Appréciation mesurée…

SYNOPSIS: Au cours de l’automne 1942, en France occupée, le sous-marin U-612 est prêt pour son voyage inaugural et se prépare à affronter une guerre de plus en plus brutale avec ses jeunes membres d’équipage, dont le nouveau capitaine, Klaus Hoffmann.Alors que les 40 hommes entreprennent leur première mission, ils se débattent dans des conditions de vie sous-marine étroites et claustrophobiques. Leurs personnalités se révèlent lorsque les tensions s’accroissent et les loyautés sont testées.Pendant ce temps, au port de La Rochelle, le monde de Simone Strasser devient incontrôlable alors qu’elle est plongée dans une liaison dangereuse et un amour interdit, tiraillée entre sa loyauté pour l’Allemagne et la Résistance, la poussant à tout remettre en question. Est-ce que tout ce qu’elle pensait être vrai pourrait n’être qu’un mensonge?

Das Boot a pour origine un livre de 1973 Le Styx où l’auteur Lothär-Gunther Buchheim romance ses aventures à bord d’un sous-marin pendant la Seconde Guerre Mondiale. C’est surtout grâce au film de Wolfgang Petersen sorti en 1981 que cette histoire eut une reconnaissance internationale. Avec ce troisième long-métrage, le réalisateur allemand vit les portes d’Hollywood s’ouvrir en grand et pendant une vingtaine d’année, il enchaîna le sympathique : L’histoire sans fin (coproduction américano-allemande) et Dans la Ligne de Mire, le passable : Alerte et En Pleine Tempête et le franchement poussif à la limite du ridicule : Air Force one et Troie. Il retourna en Allemagne après l’échec cuisant du remake de L’Aventure du Poséidon en 2006. Das Boot subit plusieurs versions allant de 2h30 pour sa sortie ciné jusque 5h pour sa sortie télévisuelle mais c’est probablement le director’s cut de 1997 qui restera sa version définitive. La série composée de 8 épisodes dénote avec la version originale. Alors que l’intrigue du film ne se passait exclusivement que dans un sous-marin, la série propose d’alterner entre la vie marine et la période de l’occupation vécue en France.

On sent immédiatement que les producteurs ont donné le budget nécessaire pour que Das Boot ait les moyens de ses ambitions (25 millions d’euros). La reconstitution historique est assez remarquable que ce soit dans l’étouffant sous-marin ou dans la France occupée. On prend part facilement à ce récit qui a été traité maintes et maintes fois. Le deuxième atout de cette série est de revoir la formidable Vicky Krieps, actrice luxembourgeoise qui nous avait fait forte impression dans le Phantom Thread de Paul Thomas Anderson. Elle est à nouveau très touchante dans ce rôle de secrétaire lambda qui viendra malgré elle par la force des choses à changer de bord. Sa fragilité et son charme naturel font une nouvelle fois mouche au cours de nombreuses scènes où elle subit une pression psychologique forte. Pour la renommée internationale, on retrouve au casting de nombreux habitués des séries télés américaines comme Lizzy Caplan (Masters of Sex) ou Vincent Kartheiser (Mad Men). On aperçoit également le français Thierry Frémont en glaçant commissaire collabo.  Le reste du casting est complété par de solides acteurs allemands comme Tom Wlaschiha ou encore Leonard Scheicher.

Sans tourner autour du pot, la série est un peu trop conventionnelle pour vraiment nous prendre aux tripes comme les créateurs l’avaient surement pensé. La faute probablement à un scénario loin d’être inintéressant mais qui n’a pas grand-chose à nous apprendre sur ce thème de l’occupation. De plus, on reste assez détaché des personnages du fait d’une mise en scène assez plate qui fait malheureusement trop télévisuelle dans le mauvais sens du terme à l’heure où les séries n’ont absolument plus rien à envier à la réalisation cinématographique. On lorgne plus vers le téléfilm. Les épisodes s’enchainent donc sans grand déplaisir puisque l’intrigue maintient un certain suspense notamment avec la relation entre le personnage principal et l’infâme nazi Forster. De même, on veut savoir ce qui arrive au frère du personnage principal, embarqué dans ce sous-marin malgré lui. On veut nous montrer des soldats allemands plus humanisés à l’image du capitaine de ce sous-marin régulièrement dépassé par les événements, qui est souvent malmené par ses hommes. Il n’empêche que les odieux personnages sont bien présents mais Das Boot veut apporter une certaine nuance dans cette période trouble et peu glorieuse pour l’Allemagne.

Les scènes dans le sous-marin sont assez efficaces mais là encore, on attend une vraie immersion dans cet endroit clos, ressentir cette peur dans cet espace confiné. C’est finalement dans le changement permanent entre la terre et la mer qu’on perd cette tension qui n’apparaissait pas dans le film de Petersen. La caméra reste trop peu de temps à bord du sous-marin pour revenir sur cette histoire collabo versus résistants somme toute commune qui nous sort un peu du récit. On aurait aimé voir quelque chose de plus grandiose (à l’image du Chant du Loup qui malgré des trous dans le scénario réussissait à nous maintenir sous pression constante), de plus engagé, d’avoir une vraie patte dans la mise en scène pour pouvoir savourer de manière plus affirmée ce Das Boot. On se contentera d’apprécier avec mesure.

Crédits : StarzPlay

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