Critiques Cinéma

FAST & FURIOUS : HOBBS & SHAW (Critique)

hobbs & shaw affiche cliff and co

SYNOPSIS: Depuis que Hobbs, fidèle agent de sécurité au service diplomatique des Etats-Unis, combatif mais droit, et Shaw, un homme sans foi ni loi, ancien membre de l’élite militaire britannique, se sont affrontés en 2015 dans Fast & Furious 7 ; les deux hommes font tout ce qu’ils peuvent pour se nuire l’un à l’autre.
Mais lorsque Brixton, un anarchiste génétiquement modifié, met la main sur une arme de destruction massive après avoir battu le meilleur agent du MI6 qui se trouve être la sœur de Shaw. Les deux ennemis de longue date vont devoir alors faire équipe pour faire tomber le seul adversaire capable de les anéantir.  

D’emblée quand ils se sont affrontés dans Fast and Furious 7 l’évidence était de mise: Dwayne « The Rock » Johnson et Jason Statham formaient un duo extrêmement complémentaire et leur entente éclipsait quasiment le tandem formé par Paul Walker et Vin Diesel, stars de la franchise (le premier décédé lors du tournage du 7ème épisode). The Rock arrivé sur Fast And Furious 5 et Statham dans la scène post-générique du 6 ont très vite constitué une combinaison gagnante que les décideurs hollywoodiens ne pouvaient pas ne pas exploiter. Aussi l’annonce de la mise en chantier d’un spin-off à la célèbre franchise avec les deux stars du film d’action avait fait saliver d’autant qu’ils étaient la satisfaction numéro une du décevant Fast and Furious 8. Cerise sur le gâteau, David Leitch (John Wick, Deadpool 2, Atomic Blonde) aux manettes de cette grosse machine, le projet démarrait sous les meilleures auspices possibles. Sans réinventer la roue Hobbs and Shaw n’a pourtant rien d’un Fast and Furious au rabais. Moins que dans la franchise mère c’est plus dans le buddy cop movie que le film puise ses racines. Un zeste de 48 heures, une pincée du Dernier Samaritain, un soupçon de Bad Boys et une giclée de Tango & Cash, voici la recette du cocktail dont s’inspire ce film foutraque mais fun, qui pousse si loin les curseurs qu’il manque par moments d’exploser sous le poids de sa générosité.

hobbs & shaw 1 CLIFF AND CO

Fast & Furious : Hobbs & Shaw n’est avare de rien de ce que l’on attend d’un film de ce genre. Tous les quotas sont respectés, voire même largement dépassés, mais que vous vous rendiez en salles pour l’action décomplexée et jouissive, les punchlines définitives, l’humour gras ou juste pour profiter de la confrontation explosive entre les deux stars et le bad guy incarné par Idris Elba, le spectacle est au rendez-vous et on en a pour son argent. La mise en scène de David Leitch déçoit un peu quant à elle. Le réalisateur parvenait clairement à tirer son épingle du jeu dans John Wick avec son complice Chad Stahelski ou dans le tonitruant Atomic Blonde, mais dès qu’il se glisse dans une franchise plus formatée, que ce soit dans Deadpool 2 ou ici, il peine à imprimer plus clairement sa patte. Même les scènes d’action qu’il maitrise en règle générale si bien sont ici trop souvent sur-découpées et sa caméra hystérique est proche par moments de nous filer une crise d’épilepsie. Il n’en demeure pas moins très efficace pour faire avancer son récit et son sens du rythme haletant emballe le tout avec maestria et laisse souvent totalement à bout de souffle.

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Le buddy movie qui se fait plus rare de nos jours (depuis The Nice Guys de Shane Black combien sont parvenus à se singulariser réellement?) trouve un fier représentant avec Fast & Furious: Hobbs & Shaw mais le film semble migrer vers une réalité alternative où la crédibilité narrative n’a plus d’intérêt et où l’extravagance est la norme. Ce procédé jusqu’au-boutiste peut finit par lasser tant il est ici accentué plus que de raison (l’homme bionique interprété par Elba, le virus mortel qui va décimer la planète…) et il est compliqué de s’ancrer dans une trame si boursouflée et d’y trouver un point d’ancrage personnel. Pourtant, si on souhaite seulement s’aérer le cerveau et vivre cette aventure comme à la belle époque, un seau de popcorn sur les genoux et un soda à la main, le film tient parfaitement son rôle.

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On sait parfaitement en allant voir ce type de film ce à quoi s’attendre et là on a la banane, on est dépaysé, on a de la baston à revendre (et quelques séquences réellement hallucinantes en terme de rythme et de chorégraphie), on a des stars qui semblent s’éclater à jouer ensemble (et qui par instants sont à la lisière du cabotinage éhonté) mais il n’y a pas la moindre tromperie sur la marchandise. Johnson et Statham forment une paire plus que convaincante et leur complicité est réellement patente. Ils sont épaulés par une Vanessa Kirby étourdissante qui impose une personnalité de premier ordre et qui est même à deux doigts de voler la vedette à ses homologues masculins, qu’elle met à l’amende à plusieurs reprises. Idris Elba semble lui plutôt en pilote automatique mais son personnage qui aurait dû être plus ambigu et complexe n’est pas aidé par le script de Chris Morgan et Drew Pearce qui ne lui donne pas grand chose à défendre. Côté seconds rôles, Helen Mirren dans le rôle de maman Shaw est juste là pour faire le nombre et Eddie Marsan (Ray Donovan) retrouve un look et un personnage pas si éloigné de celui qu’il tenait dans Atomic Blonde. Enfin quelques surprises essaimées ça et là (restez notamment jusqu’à la toute fin du générique) achèvent d’épicer un plat de grande consommation, parfois un peu lourd mais qui reste très digeste en regard de la qualité de certains blockbusters estivaux. En bref, Fast & Furious : Hobbs & Shaw est un blockbuster généreux qui dégouline de testostérone avec de l’action à foison, un rythme intense et qui en donne largement pour son argent malgré 25 bonnes minutes en trop et une extravagance qui lasse parfois. Pour la profondeur et l’émotion, mais ça ce n’est pas une surprise, ce sera pour un autre film.

hobbs & shaw affiche cliff and co

Titre Original: FAST & FURIOUS : HOBBS & SHAW

Réalisé par: David Leitch

Casting : Dwayne Johnson, Jason Statham, Vanessa Kirby…

Sortie le: 07 août 2019

Distribué par: Universal Pictures International France

3 STARS BIENBIEN

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3 réponses »

  1. (evilashymetrie) Bien joué pour cette critique, Fred ! Elle dévoile bien que le plaisir est là, que si on vient pour s’amuser, et bien c’est déjà l’essentiel. Et tant pis pour Vin Diesel et Tyrese ahahahah !

  2. Alors certes, certaines certes d’action sont cadrées de près mais elles restes lisibles (même si ça aurait pu être mieux). David Leitch a du faire quelques concessions mais de temps en temps on arrive à voir sa patte contrairement à James Wan qui s’était fait complètement bouffer dans Fast 7.

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