Critiques

SAUVETAGE EN MER DE TIMOR (Critique Mini-Série) Une série qui maintient son cap un peu brinquebalant mais précis…

SYNOPSIS: Un groupe d’amis australiens profite de vacances en mer et croise la route d’un bateau surchargé et en panne au beau milieu de l’océan. Celui-ci transporte des migrants cherchant asile en Australie. Ils décident alors de leur venir en aide mais tout ne se passe pas comme prévu. Les conséquences qui en découleront vont les hanter des années plus tard.

Ryan (Ewen Leslie) et Bree Gallagher (Leeanna Walsman) passent des vacances de rêve sur leur voilier, dérivant paresseusement entre leur Australie natale et l’Indonésie. A bord du bateau, le couple a invité Olivia (Phoebe Tonkin), la petite sœur de Ryan, son petit ami Damien (Joel Jackson) et Helen Korczak (Jacqueline McKenzie), brillante avocate qui vit dans la maison voisine de celle des Gallagher. Tout n’est que fous rires, pêche, détente et relaxation, jusqu’à ce qu’ils tombent, par pur hasard, sur un bateau de réfugiés tentant de gagner la côte australienne. Comme leur explique Ismail (Hazem Shammas), seul homme à bord à parler anglais, le moteur est mort, et le bateau est plein à craquer ; ils ont besoin de secours. Incapable de se mettre d’accord sur la marche à suivre, le groupe soumet la décision à un vote et ils résolvent, à quatre contre un, de remorquer le bateau. Sauf qu’au petit matin, la corde rattachant le voilier au navire des réfugiés est retrouvée coupée, et il ne reste aucune trace de ces derniers. Cinq ans plus tard, Ismail retrouve Ryan tout à fait par hasard, et les démons du passé remontent à la surface, forçant chaque personnage à confronter son attitude, son sens moral, et aussi, parce qu’il faut bien le dire, son racisme sous-jacent.

Glendyn Ivin, qui signe la réalisation des quatre épisodes de la minisérie a reçu le prix du Meilleur Réalisateur aux derniers Australian Academy of Cinema and Television Arts Awards, et Hazem Shammas, qui incarne Ismail, est reparti avec le prix du Meilleur Acteur dans un Second Rôle. Si le prix de l’acteur est loin d’être une surprise (Shammas fait un travail exceptionnel dans ce rôle qui aurait si facilement pu tourner à la caricature), la réalisation avait, elle, à faire à une tâche un tout petit peu plus compliquée. La structure interne des épisodes est en effet, assez déconcertante : on coupe et recoupe entre le passé et le présent, mais sans jamais vraiment justifier les aller-retours, menant l’intrigue comme une balle de ping-pong qui rebondit d’un bout à l’autre de l’histoire, de façon parfois un peu chaotique. D’ordinaire, on s’attendrait à ce qu’un flashback ou un flashforward vienne apporter un élément de réponse, ou un éclairage particulier à une scène, à une révélation qui vient de se faire, ou encore que l’on s’en servirait pour faire monter la tension. De ce point de vue, la technique du ping-pong a beaucoup plus d’impact dans la deuxième moitié de la série que dans la première, où elle aurait plutôt tendance à se mélanger les pinceaux. Cela dit, la distribution est absolument impeccable et l’image est d’une beauté à couper le souffle. Impossible de ne pas se laisser prendre par la splendeur de la mer de Timor, qui fait presque brutalement antithèse avec la tragédie qui s’abat sur le bateau.

Sauvetage en Mer de Timor (Safe Harbour en anglais) joue à fond la carte du mélodrame familial, délaissant assez vite les considérations éthiques et politiques pour se focaliser sur les conséquences directes de la rencontre entre réfugiés et privilégiés, entre ceux qui ont tout et ceux qui ont tout laissé. Le contraste est frappant, incommode et parfois carrément embarrassant, surtout pour les plus riches. Les tentatives de Ryan, qui veut se faire pardonner pour la fameuse nuit où tout a basculé, touchent au pathétique tant elles semblent déconnectées de la réalité, mais sa sincérité est tellement évidente, qu’il en devient difficile de le condamner, même si la sympathie du spectateur se place irrémédiablement du côté d’Ismail et de sa famille. Le script est loin d’être aussi solide qu’il pourrait l’être, ce qui n’a rien étonnant quand pas moins de six scénaristes se partagent les crédits de créateurs et de développeurs, ce qui fait pas mal de monde pour une série de seulement quatre épisodes, et explique sans doute le caractère décousu de certains pans du scénario. Mais la question centrale, celle du “que fait-on face à la misère d’autrui” reste d’actualité, ce qui permet à la série de maintenir son cap, certes un peu brinquebalant, mais néanmoins précis, jusqu’à une conclusion satisfaisante.

Crédits: Arte

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