Critiques

S.W.A.T (Critique Saison 1 Épisodes 1×01 – 1×03) Une série qui ne prétend pas réinventer le genre…

SYNOPSIS: Un lieutenant du S.W.A.T est tiraillé entre sa loyauté envers ses origines modestes, dont ses amis de la rue avec qui il a grandi et qui n’ont pas aussi bien tourné que lui, et son devoir envers ses co-équipiers… Une dualité qui finit par prendre tout son sens lorsqu’il se voit chargé d’organiser une unité hautement qualifiée pour protéger les citoyens de Los Angeles.

S.W.A.T. (Special Weapons And Tactics) vient d’amorcer la deuxième moitié de sa seconde saison aux États-Unis, mais est arrivée relativement récemment en France. Créée par Shawn Ryan (The Shield, Timeless) et Aaron Rahsaan Thomas (Friday Night Lights, The Get Down) pour CBS, la série ne s’embarrasse pas de préambules ; le titre annonçait de l’action, de l’action vous aurez dès les premières minutes. Les balles volent, les voitures filent à tout allure dans les rues de Los Angeles et la castagne répond présent, le tout pour un cocktail réjouissant, quoique prévisible de bout en bout, de popcorn TV en bonne et due forme. L’épisode pilote est réalisé par Justin Lin, à qui l’on doit d’autres action flicks comme Fast et Furious 6 en 2013 ou Star Trek : Beyond plus récemment. Ce dernier n’a pas son pareil pour affoler le rythme cardiaque du spectateur et faire grimper l’adrénaline, dans un effort apparent de masquer le côté un peu conventionnel du script, parce que S.W.A.T ne se démarque de la série procédurale classique que par un hubris débridé et une efficacité inattaquable. Le reste du temps, on est vraiment dans un univers familier d’enquête-de-la-semaine, agrémenté d’un mix de personnages qui sont des variantes d’archétypes plus ou moins bien écrits. Cela dit, la série ne prétend pas réinventer le genre : l’équipe est là pour s’occuper des méchants, et elle remplit son contrat sans failles Elle détruira sans doute la moitié de l’édifice au passage, mais au final, c’est promis, plus de méchants.

Du jour au lendemain, Daniel “Hondo” Harrelson (Shemar Moore) est catapulté à la tête de son équipe de police. Son ancien chef, William “Buck” Spivey (Louis Ferreira) a malencontreusement tué un jeune afro-américain lors d’une mission et la direction, en la personne du capitaine Jessica Cortez (Stephanie Sigman), pense que Harrelson est un meilleur choix pour remplacer la capitaine en disgrâce que David “Deacon” Kay (Jay Harrington), plus gradé, mais blanc de peau. Hondo a grandi dans les quartiers sud de Los Angeles, et sa promotion fait figure de tentative un peu maladroite d’assouplir les relations entre les forces de l’ordre et les communautés latino et afro-américaines, qui en ont plus qu’assez de voir leurs enfants mourir à la suite d’une “erreur”. Le voilà donc à la tête de l’équipe, composée de Kay, qui prend la nouvelle plutôt bien, Victor Tran (David Lim), Dominic Luca (Kenny Johnson), Christina “Chris” Alonso (Lina Esco), seule femme de l’équipe, et le nouveau venu Jim Street (Alex Russell), fraîchement débarqué de Long Beach. La série tente de jouer la carte de la romance dans les premiers épisodes, sans grande conviction cependant, et ne tarde pas à abandonner les sentiments amoureux pour la baston : plus chère à produire mais, du point de vue de la série, beaucoup plus jouissive. Shemar Moore fait preuve d’une présence épatante à l’écran, passant du gros dur au négociateur hors pair en l’espace d’un instant et si le conflit qui l’habite, celui de l’homme pris entre ses origines et ses aspirations, est un peu fatigué, il n’en est pas moins substantiel, même si S.W.A.T ne se permet jamais de faire trop de commentaire social (on est là pour la bagarre, pas pour refaire le monde).

Si les poursuites en voiture et les fusillades sont tout aussi réjouissantes sur le petit écran que sur le grand, la série souffre cependant d’un net manque de spécificité : notre petite équipe de personnages ne démontre pas l’alchimie singulière qui a fait le succès de NCIS et leurs enquête n’ont pas la cadence analytique hyper-stylisée des affaires d’Esprits Criminels. On est dans le général absolu, laissant le gros du travail sur les épaules protagoniste, et S.W.A.T aurait beaucoup à gagner à étoffer les autres personnages, ne serait-ce que pour faire avancer l’intrigue au-delà de sa structure hebdomadaire, solide, mais assez répétitive et pour justifier le renouvellement de saison 1 à saison deux. Pourtant, malgré son manque d’ambition scénaristique, et ses personnages qui tendent parfois à la caricature, on ne peut nier que la série est bougrement efficace. Un montage impeccable, un rythme soutenu et un usage intelligent de la musique font que certes, on ne s’attache pas vraiment aux gens qu’on voit, mais on en reprendrait bien pour un épisode de plus.

Crédits: CBS / TF1

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