Critiques

THE RESIDENT (Critique Saison 1 Episodes 1×01 – 1 x06) Un ton bien à elle et une distribution qui en jette….

SYNOPSIS: Médecin au Chastain Memorial à Atlanta, le Dr Conrad Hawkins jongle entre un patron manquant d’éthique et le bien-être de ses patients. Talentueux mais quelque peu arrogant, il n’hésite pas à contourner et dénoncer le système parfois injuste des milieux hospitaliers. Hawkins forme avec le Dr Devon Pravesh, un jeune interne fraîchement diplômé, un duo complémentaire soudé confronté chaque jour à de nombreux challenges. 

Ça faisait un petit moment que FOX n’avait pas eu de série médicale à succès. Depuis que House, MD a tiré sa révérence en 2012, la chaîne américaine avait eu un peu de mal à lui trouver un successeur digne de ce nom. C’est désormais chose (presque) faite avec The Resident, même si Matt Czuchry n’a pas les épaules de Hugh Laurie et que les scripts de David Shore (qui se porte comme un charme avec sa nouvelle série The Good Doctor) étaient dans l’ensemble, nettement plus solides que ceux d’Amy Holden Jones, Hayley Schore et Roshan Sethi. Mais ne vous laissez pas décourager par cet état des faits a priori négatif : une fois passés les trois premiers épisodes, The Resident se démarque résolument de son prédécesseur, même si l’on reste dans la structure bien connue de la fiction médicale (un patient par semaine, dont les problèmes de santé servent de miroir aux émois de notre galerie de personnages principaux). La série parvient à établir un ton bien à elle, épaulé par un montage serré et une distribution qui en jette. Alors bien sûr, ne vous attendez pas à ce qu’on respecte les codes de la médecine, surtout dans une série centrée sur un “génie” du diagnostic, et soyez prêts à essuyer les commentaires énervés des professionnels de la santé qui n’approuveront certainement pas (et à raison) les pratiques de notre héros et de ses collègues.

Vous aimerez :

Le trio principal. C’est un tiercé gagnant, composé de Matt Czuchry (Gilmore Girls, The Good Wife) dans le rôle du protagoniste Conrad Hawkins : brillant, arrogant et dur envers ses internes, de Manish Dayal (Agents of SHIELD) dans la peau de Devon Pradesh, le p’tit nouveau que Conrad a décidé de réformer, et d’Emily VanCamp (Revenge, Captain America), qui joue Nicolette, surnommée “Nic”, infirmière-en-chef avec qui Conrad entretient un rapport assez torride La dynamique entre ces trois-là est des plus réjouissantes, et s’il est bien une chose qui vous donnera envie de suivre la série sur plus d’un épisode, c’est bien la perspective de voir comment ils évoluent dans cet univers un peu conventionnel.

Les questions d’éthique. Comme beaucoup d’autres séries médicales, The Resident se plaît à explorer les questions morales: de l’éthique de la pratique de la médecine (le fameux “do no harm” que Conrad référence souvent), aux aspects les plus sombres de la bureaucratie, en passant par la lutte des classes et l’omniprésence des préjudices, la série est très claire dans ses objectifs: pousser le propos au-delà du problème immédiat, celui de sauver le patient de la semaine, et amener le spectateur à réfléchir aux questions à plus grande échelle.

Le ton. Cynique à souhait. Pour une série américaine, The Resident passe très peu de temps à glorifier le médecin-dieu et se concentre davantage sur l’absurdité du système médical et des prix exorbitants des soins. Difficile en effet, de se rengorger en se disant qu’on sauve la vie des gens quand l’individu moyen ne peut même pas se permettre le trajet en ambulance pour arriver jusqu’à l’hôpital.

Vous n’aimerez peut-être pas.

L’ambiguïté des personnages. Personne ne peut se vanter de tenir le haut du pavé moral dans cette série, et si d’un côté, l’écriture mets la nuance à l’honneur, le problème est qu’il est du coup plus difficile de s’investir dans les trajectoires de chacun. La raison pour laquelle la mécanique de l’antagoniste-dans-la-peau-du-protagoniste fonctionne, c’est parce qu’elle est généralement contrebalancée par une personne morale, créant un conflit insoluble, capable de s’étendre sur plusieurs épisodes, voire plusieurs saisons. Mais quand on a une galerie de personnages où personne ne fait contrepoids, difficile de perpétuer la tension : si tout le monde ne pense qu’à sa propre peau, pourquoi le spectateur devrait-il s’investir ?

Le genre. The Resident est une variation sur le thème de la série médicale, mais on est loin de la réinvention, de la révolution, ou même du cocktail addictif. Czuchry, VanCamp et Dayal détiennent à eux seuls près de 80% du capital sympathie de la série, mais leur dynamique n’apporte rien de franchement nouveau à un genre qui n’a pour ainsi dire pas cessé d’être exploité depuis des décennies. Cela dit, l’expérience de visionnage est plutôt sympathique ; ça ne déplacera pas les montages, mais ça se regarde avec plaisir. C’est dingue ce qu’on est prêt à regarder pour de bons acteurs.

Crédits: Warner TV

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