Critiques Cinéma

RETOUR VERS LE FUTUR 3 (Critique)

SYNOPSIS: Après son voyage mouvementé entre passé, présent et futur, Marty McFly apprend par une lettre vieille de cent ans que son vieil ami Emmett « Doc » Brown se serait crashé en 1880 au volant de sa DeLorean, restant ainsi prisonnier du far-west, sous la menace de Buford « Molosse » Tannen qui s’est juré de le tuer. Il n’a que cinq jours pour retrouver Doc et le ramener vivant vers le présent…

Hollywood aime le chiffre 3. Dans l’esprit du grand public, la forme de saga la plus connue est bien évidemment la trilogie. Peut-être Star Wars a-t-il popularisé cette forme de construction scénaristique sous forme de triptyque ? On arrive ainsi en 1990, un an après que Robert Zemeckis et Bob Gale aient envoyé leur poulain Marty McFly en 2015 afin de proposer aux spectateurs de l’époque leur vision du futur. Ils nous ont quittés dans une tempête, alors qu’un éclair frappait la DeLorean de Doc Brown, la faisant partir en fumée. Le prochain volet sera donc le dernier, comme l’annonce le panneau final indiquant « To be concluded » en version originale. Alors que les deux premiers volets ont d’ors et déjà réussi à ancrer la saga dans l’esprit collectif comme étant culte, le troisième opus (qui fut tourné en même temps que le second) a la lourde tâche de conclure la trilogie. Zemeckis et Gale prennent donc la décision de baser l’intrigue de ce film en 1885, soit dans le Far West, ouvrant toutes les possibilités de références aux Westerns qui ont marqué l’histoire du cinéma en leur temps. Décision qui peut perturber le spectateur lambda, étant donné que le western est un genre qui à l’époque a passé son moment de gloire, et que les deux premiers volets essayaient de se détacher de leur propre genre, en n’étant pas entièrement des films de Science-Fiction ou des films d’aventures. On pourrait penser la même chose, mais ça serait ne pas aller au-delà des apparences. Car là où se trouve la grande réussite de Retour vers le Futur 3, c’est qu’il s’agit avant tout d’une histoire d’amitié. C’est dans ce volet que la relation entre Doc et Marty est la plus développée. Le film se place comme un final très pertinent et juste, car, au-delà de tous les autres éléments que nous repérerons par la suite, il place la relation entre ses deux protagonistes au centre de l’intrigue. Marty apprend encore plus à connaître le Doc lorsque ce dernier tombe amoureux de Clara, et voit enfin celui qu’il pensait jusque là être un savant gentiment timbré, comme un être humain, tout simplement.

Mais rembobinons au début du film. Nous nous trouvons en 1955. Marty et Doc viennent de détruire l’almanach des sports qu’ils ont ramené du futur, empêchant ainsi le futur dystopique du second volet d’exister. Doc et la DeLorean sont frappés par la foudre, et Marty se retrouve seul. Mais Doc est vivant, en 1885 ! Le voici à demander de l’aide (une nouvelle fois) au Doc de 1955. en effet, le Emmett Brown de 1885 (qui est celui de 1985, qui a disparu en 1955) a laissé au Marty de 1985 et au lui-même de 1955, la DeLorean qui permettrait à Marty de repartir en 1985. Vous ne suivez plus ? Tout est normal. C’est aussi quelque chose de fascinant dans cette trilogie : cette capacité folle à compliquer les intrigues sur le papier, mais à les faire paraître limpides en image. Comme si toutes les lignes temporelles du scénario se déroulaient en même temps. Ça prouve que les scénaristes maîtrisent à la perfection leur sujet et leur histoire, preuve qui peut être amplifiée par les clins d’œil et autres easter eggs présents à droite à gauche durant toute la trilogie. Ils savent ce qu’ils font, et on finit par leur faire confiance, peu importe leurs décisions.


Mais continuons le résumé. Alors que Marty et Doc déterrent la DeLorean, le jeune homme découvre que son ami décède en 1885. Il décide alors, au lieu de retourner chez lui, d’aller le sauver au temps des cow-boys et des saloons. Affublé d’une tenue rose façon déguisement de Carnaval et du pseudonyme « Clint Eastwood » qu’il s’est lui-même donné, voici que Marty McFly, le jeune adolescent fan de Rock et de jolies voitures du premier opus, se retrouve au Far West, poursuivi par une bande d’indiens. Et c’est là que commence la déclaration d’amour de Robert Zemeckis au western classique et au western spaghetti. Retour vers le Futur 3 arrive ainsi à retourner dans le passé de manière méta en empruntant les codes d’un genre dépassé. Zemeckis cite déjà littéralement Clint Eastwood, la figure de proue du western italien. Mais ce n’est pas tout, car il se sert énormément d’inspirations de monuments du genre pour les appliquer à ce volet. Ainsi, on pourra s’amuser (si une telle chose peut vous amuser) à repérer tous les clins d’œil à Il était une Fois dans l’Ouest, le Bon, la Brute et le Truand, L’Homme qui tua Liberty Valence, ou encore la référence évidente et annoncée dans le second volet (lorsque le Biff du 1985 dystopique regardait le film dans son jacuzzi) à Pour une Poignée de Dollars, avec la scène du gilet pare-balles. Le réalisateur distille ces éléments dans sa mise en scène et dans son découpage pour recréer cette ambiance, amplifiant par la même occasion la dimension méta que nous citions précédemment. Malgré la grande réussite de la transposition du western de façon moderne et contemporaine, c’est peut-être aussi paradoxalement cet élément qui a tendance à mettre une partie des spectateurs d’accord sur le fait que ce volet est moins bon. Mettre l’accent sur un autre genre dans un film d’aventure est peut-être une explication. Mais il ne faut pas oublier que Retour vers le Futur 3 est également un excellent film d’aventures. Prenons par exemple la séquence du train et du ravin à la fin, elle reste une des meilleures scènes d’action et de tension de toute la trilogie. La maîtrise du suspense y est fabuleuse, et on a réellement peur pour nos personnages.


Voilà le dernier tour de piste d’une des plus folles et des plus imaginatives trilogies de l’histoire du cinéma. Alors que ce volet sonne la fin de la saga, les comédiens et comédiennes sont toujours présents. On retrouve une dernière fois les fantastiques et brillants Michael J. Fox et Christopher Lloyd dans leurs rôles respectifs de Marty et Doc. Rôles qui les marqueront à vie (en bien, et en mal). La distribution se retrouve nourrie d’une petite nouvelle en la personne de Mary Steenburgen, incarnant Clara Clayton. Et on retrouve tous les acteurs secondaires, qui viennent ajouter leur patte à chaque volet, à savoir Thomas F. Wilson, Lea Thompson ou encore Elisabeth Shue.


On en vient également à la fin de cette critique, et par la force des choses, à la fin de ce plongeon dans la mythologie Retour vers le Futur. Celle là ne saurait pas être entièrement décryptée, tant elle a de choses à dire et de secrets encore dissimulés à révéler. On pourra simplement finir en contemplant. En regardant pour la énième fois la diffusion télévisée de la trilogie. Car là où c’est incroyable, c’est que cette trilogie a beau se terminer sur une fin légèrement ouverte, on n’aura jamais besoin d’une suite. La preuve, alors que Hollywood est passionné de remakes et de suites (et ça, depuis toujours), personne ne saurait toucher au monument de Zemeckis pour l’instant. Et comme l’intéressé l’a dit, « Faire un remake, ou un reboot, non je n’y crois pas, à quoi cela servirait ? J’aime l’idée qu’un film soit aussi le témoignage de son époque. D’un point de vue artistique, ça n’a pour moi aucun intérêt de refaire un truc existant déjà, ce serait comme reproduire un tableau. Rien ne pourra se passer tant que Bob et moi ne sommes pas morts. Après, je suis sûr qu’ils se jetteront dessus. ». C’est un constat malheureux de l’industrie du cinéma, mais c’est un fait. Et nous aimerions terminer cette rétrospective Retour vers le Futur avec une citation du deuxième volet qui va venir compléter ce que nous évoquions précédemment : « Marty, je n’ai pas inventé la machine à voyager dans le temps dans un but lucratif. J’ai inventé la machine à voyager dans le temps pour voyager dans le temps ! Mon but c’est d’élargir notre perception de l’humanité, d’où nous venons, où nous allons, les soubresauts et les péripéties, les périls et les promesses peut-être même trouver une réponse à cette éternelle question : Pourquoi ? « . Et voilà qu’en une phrase, d’apparence anodine, Robert Zemeckis évoque les buts de cette trilogie, ce qu’il ne veut pas qu’elle devienne, et impose le ton et l’ambiance d’une génération de cinéma. Mais au-delà de ça, et on ne cessera jamais de le répéter, Retour vers le Futur n’a jamais été aussi intemporel.

Titre Original: BACK TO THE FUTURE PART III

Réalisé par: Robert Zemeckis

Casting : Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Lea Thompson …

Genre: Science Fiction, Aventure, Comédie

Date de sortie: 18 Juillet 1990

Distribué par: United International Pictures (UIP)

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