Critiques

MARVEL’S THE PUNISHER (Critique Saison 2 Épisodes 2×01 – 2×02) Plus calme, plus souple, moins à cran…

SYNOPSIS: L’ancien marine devenu justicier, Frank Castle (Jon Bernthal) mène une vie tranquille jusqu’à ce qu’il soit impliqué dans la tentative d’assassinat d’une jeune fille (Giorgia Whigham). Il se retrouve mêlé à la chasse aux informations qu’elle détient et au mystère qui l’entoure. Alors qu’il devient la cible de nouveaux et d’anciens ennemis, Frank doit décider d’accepter ou non son destin et son rôle de Punisher.

Retour de bâton pour Frank Castle, le héros torturé à qui Netflix avait dédié le premier spin-off officiel des Defenders. Interprétée par l’excellent Jon Bernthal, la dernière incarnation du justicier à la morale douteuse était apparue dans la deuxième saison de Daredevil, où elle s’opposait diamétralement à l’idéologie du démon de Hell’s Kitchen. Parce que si Matt Murdoch répugne à tuer, Frank Castle, lui, n’hésite pas une seule seconde à liquider ceux qui s’en prennent aux innocents, et si ça lui permet au passage de laver son honneur dans le sang et la poudre, il ne s’en plaindra pas. La saison un respectait tous les codes de l’origin story, cette pierre angulaire du début de tout héros qui se respecte, ou comment ils en sont arrivés là, souvent grâce à ce que les scénaristes appellent la mécanique du raging, soit la disparition d’un être proche du protagoniste, appelé désormais à devenir un héros, transformé par le pouvoir de la douleur. Et maintenant que l’on sait que Frank Castle est revenu de loin, la saison deux peut enfin se permettre de broder une intrigue un petit peu plus poussée et moins convenue, un état des choses qui a sans doute beaucoup fait plaisir au scénariste, créateur et showrunner de la série : Steve Lightfoot. Sous ses abords un peu rustres, The Punisher est en fait plutôt sentimentale, baignant dans une Amérique un peu fantasmée, celle des hors-la-loi qui défient l’incompétence des institutions et au cœur de laquelle Frank Castle, cowboy solitaire du vingt-et-unième siècle se sent parfois comme un poisson hors de l’eau. Parce que c’est un tendre, au fond, le punisseur. Il ne tergiversera pas deux secondes avant de mettre une balle dans la tête de ceux qui l’ont trahi, mais il sera le premier à défendre la veuve, l’orphelin et tout innocent persécuté. Si la série reste dans un style assez sombre, le personnage de Frank Castle, lui, a beaucoup plus d’espace pour évoluer cette année: plus calme, plus souple, moins à cran, s’étoffant de dimensions humaines au-delà de la furie et la vengeance, le Punisher va se retrouver face à de redoutables ennemis (qu’on ne mentionnera point pour ne pas vous faire de peine), mais si ses adversaires sont d’un niveau au-dessus cette année, notre protagoniste n’est pas en reste puisqu’il s’est fait des alliés, quoique parfois à son corps défendant.

C’est un personnage très sombre que celui du Punisher, tourmenté par ses démons d’antan, le stress post-traumatique qu’il a rapporté de ses années dans l’armée américaine, et par sa propre tendance à user de violence d’abord, quitte à le regretter parfois ensuite. Tellement sombre d’ailleurs, qu’on peut se demander ce qu’il adviendra de lui à l’avenir. Alors que Disney est en train de mettre en place sa propre plateforme de streaming, le géant américain annule tour à tour toutes les séries coproduites par Marvel (que Disney a racheté en 2009) pour pouvoir déplacer les aventures de ses héros dans un environnement qu’ils contrôlent. Cela avait commencé avec Iron Fist, annulé après sa deuxième saison, suivi de près par Luke Cage et Daredevil. Pour le moment, seuls Jessica Jones et The Punisher sont encore disponibles sur Netflix, mais il semblerait bien que leurs jours soient comptés, du moins jusqu’à ce que le vaisseau-mère les réclame, au grand dam des fans. Car qui dit Disney dit généralement “ambiance familiale”, c’est-à-dire une certaine légèreté de ton et une prédilection pour les histoires qui finissent bien, bref, tout ce qui pourrait nuire aux séries coproduites par Netflix en général et au Punisher en particulier. Parce que ce qui distinguait les séries Marvel-Netflix des autres adaptations de super héros, c’était une volonté d’explorer les recoins les plus sombres de la psyché des personnages : la haine que Daredevil pouvait ressentir envers lui-même, les tendances alcooliques de Jessica Jones et le complexe du sauveur blanc d’Iron Fist. On croise les doigts pour que Disney ne transforme pas nos héros préférés en versions aseptisées d’eux-mêmes, mais il se pourrait bien que cette deuxième saison soit votre dernière chance de profiter du Punisher dans toute sa gloire sanguinaire. A vos écrans !

Crédits: Netflix

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