Critiques

SEX EDUCATION (Critique Saison 1 Épisodes 1×01 – 1×05) Un manque d’originalité mais de l’enthousiasme et de la sincérité…

SYNOPSIS: Otis Milburn (Asa Butterfield) – un adolescent vierge et introverti, vit avec sa mère (Gillian Anderson) sexologue extravertie. Entouré de manuels, de vidéos et grâce aux conversations de sa mère, Otis connait beaucoup de choses sur le sexe. Lorsque la bad girl du lycée, Maeve (Emma Mackey), découvre la profession de la mère d’Otis, elle décide d’ouvrir avec lui une cellule de thérapie sexuelle clandestine au sein de leur lycée pour traiter les « problèmes » de leurs camarades…

Netflix démarre 2019 en fanfare, avec Sex Education, série de Laurie Nunn, jeune scénariste prometteuse, et nouvelle création originale made in Europe (en l’occurrence, en Angleterre) pour la compagnie américaine. Produite par Eleven Film, la boîte de production derrière Gap Year en 2017 et True Horror en 2018, la série s’aventure dans la vie intime d’une bande de lycéens britanniques, en proie aux affres de l’adolescence, et, comme l’indique le titre de la série, leur rapport au sexe. Vue au travers des yeux d’Otis (Asa Butterfield), fils d’une sexologue incarnée par une Gillian Anderson plus hitchcockienne que jamais, Sex Education affirme dès les premières minutes sa volonté d’explorer son sujet de façon ultra décomplexée. Libres des restrictions de la diffusion télévisée traditionnelle, les scènes de sexe sont extrêmement explicites, n’hésitant pas à révéler les appareils génitaux de ces demoiselles comme de ces damoiseaux. Avis donc aux pudiques, et à ceux qui auraient envie de voir autre chose que les plaisirs de la chair, cette série n’est pas pour vous (c’est facile, c’est dans le titre). Pour les autres, vous êtes partis pour huit heures de comédie very British, à l’opposé de l’image un peu coincée de l’Angleterre.

La série regorge de bonnes intentions : le script tient fortement à aborder la multiplicité des expériences sexuelles des jeunes, que lesdites expériences soient hétérosexuelles, homosexuelles, relatives à la masturbation, aux complexes psychologiques, à l’estime de soi, le besoin de s’affirmer, les phobies en tous genres, la pornographie, le sexisme, l’homophobie, bref, à peu près tout ce qui peut arriver à une bande de jeunes forcés de gérer le passage à l’âge adulte et leurs hormones. Vaste programme pour si peu d’épisodes, mais Laurie Nunn s’en sort avec brio. On peut reprocher à la structure intra-épisodique d’être un peu conventionnelle, notamment dans le choix des personnages qui semblent être sortis du manuel Comment Ecrire Une Série Pour Ados en Dix Leçons. On retrouve en effet tous les archétypes présents dans les films de John Hughes et autres grands classiques de la teen comedy, entre le protagoniste gentil comme tout et plein de compassion qui n’est jamais sûr de lui, la rebelle aux cheveux roses (Emma Mackey) qui incarne tous ses fantasmes les plus fous, le meilleur ami gay (Ncuti Gatway) et le fils du principal un peu niais (Connor Swindells) qui préfère se servir de ses poings pour racketter les plus faibles plutôt que de s’opposer à son père. Bref, c’est vrai que ça manque d’originalité tout ça, mais la série exulte tant d’enthousiasme et de sincérité qu’on lui pardonne volontiers.

En revanche, s’il est un point sur lequel la série avance quelque peu maladroitement, c’est celui de l’émotion. L’approche est tellement impartiale et se veut tellement objective, qu’elle en ressort détachée et presque impersonnelle, et on expose tellement les parties intimes des personnages, que la mécanique, à force de répétition, en perd son impact et son humour. La nudité peut faire rire, mais dans ce contexte précis, l’excès de nudité en vient à être désexualisée, ce qui, pour une série sur la sexualité, est plutôt paradoxal. La série s’embourbe dans une présentation de la sexualité un peu froide, qui a du mal à se positionner entre la perspective scientifique liée à la thérapie, et celle plus humaine, de ceux qui la vivent. Il est très difficile de trouver le juste milieu entre intime et public, particulièrement quand on écrit une comédie sur quelque chose d’aussi personnel que le sexe, et on a donc du mal à en vouloir à cette très jeune scénariste de ne pas tout à fait remplir son cahier des charges. Reste une série sympathique comme tout, qui ne se placera sans doute pas au panthéon des grandes séries comiques sur le sexe, mais qui vous fera sans doute sourire.

Crédits : Netflix

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