Critiques Cinéma

BUMBLEBEE (Critique)

4 STARS EXCELLENT

bumblebee-cliff-andcoSYNOPSIS: 1987. Alors qu’il est en fuite, l’Autobot Bumblebee trouve refuge dans la décharge d’une petite ville balnéaire de Californie. Il est découvert, brisé et couvert de blessures de guerre, par Charlie, une ado qui approche de ses 18 ans et cherche sa place dans le monde. Et quand elle le met en marche, elle se rend vite compte qu’il ne s’agit pas d’une voiture jaune ordinaire.

En pleine fièvre des univers partagés Hasbro et Paramount avaient décidé de lancer toute une série de films spin-off  autour de Transformers engageant pour cela un groupe de scénaristes, le dernier opus de Michael Bay  Transformers: The Last Knight devant servir de rampe de lancement. Mais le revers commercial du film (600 millions là ou le précédent dépassait le milliard) bouleverse les plans de la major. C’est à Travis Knight, pilier du studio d’animation Laika connu pour le brillant Kubo et l’Armure Magique a qui le studio à la montagne confie la tache de redonner du lustre à la saga en opérant un discret reboot à travers cette préquelle. Préquelle car le film, qui se situe dans les années 80, donne une explication à certains éléments des films de Bay, mais parce qu’il contredit certains points de la continuité établie dans le dernier film et surtout car son style est si éloigné des  opus précédents qu’il marque bien un nouveau départ. L’approche choisie par Knight et sa scénariste Christina Hodson (le futur Birds of Prey And the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn) est familière, on pourrait la qualifier d’Amblinesque, car elle fut codifiée dans les  films et les productions de Steven Spielberg. De manière ironique c’était aussi l’approche de Michael Bay pour le premier Transformers avant que la nature reprenne ses droits et qu’avec l’éloignement de son producteur (un certain Steven Spielberg) l’auteur de Bad boys II revienne à un style plus « heavy-metal ».

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Si le scénario  contient des éléments formulaiques, on y retrouve des composants de E.T, Short Circuit ou du Géant de Fer : l’absence du père, le petit frère agaçant, la rencontre avec un être extraordinaire qui permet de dépasser le deuil, la mort et la résurrection symbolique du héros, la séparation finale pour retrouver les siens… C’est l’exécution de Travis Knight qui fait tout le charme du film. Il parvient à capter l’ambiance de l’époque mieux que bien d’autres films cherchant à reproduire cet âge aujourd’hui mythifié parfois plus que de raison. En ramenant la franchise de jouets à l’époque qui l’a vu naître il lui redonne  cinématographiquement sa raison d’être de film à destination d’un jeune public familial loin des spectacles d’apocalypse en mode panzer, trempé dans un humour gras comme les frites d’un kebab, ultraviolents, généralement très longs et au gigantisme pharaonique qu’en avait fait Michael Bay.

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Bumblebee fonctionne comme un quasi remake du premier film mais dans une version épurée sur une échelle plus modeste, le film commence par une bataille sur Cybertron entre les gentils Autobots et les méchants Decepticons – la première des nombreuses scènes qui prouvent que Knight sait parfaitement diriger des séquences d’actions efficaces mais dans un style  moins furieux mais plus lisible que celui de BayLes Autobots se retrouvent du côté des perdants et se replient. Ainsi, Bumblebee, se retrouve sur la Terre de 1987, incapable de parler et amnésique. Knight reste concentré sur cette histoire d’amitié entre une fille et un robot extraterrestre pouvant se déguiser en Volkswagen sans y greffer une mythologie trop dense. Pendant une grande partie du film, Bee est comme un nouvel animal de compagnie. Il ne sait pas exactement pourquoi il est sur Terre, ni ce qu’il est ou ce qu’il est censé faire. Knight abandonne l’humour graveleux de Bay , ici pas de boules qui s’entrechoquent entre les jambes des robots pour un humour burlesque, avec des séquences de slapstick purement visuelles, bien adaptées à ce personnage muet et maladroit qui a toujours paru  anachronique dans l’univers cruel  du réalisateur de Bad boys. La situation du robot trouvant écho dans la vie de Charlie qui a 18 ans ne sait pas quelle voie suivre. Bumblebee est le premier film live de Knight et dirige le scénario solide de Hodson avec une assurance qui lui permet  de trouver le bon équilibre entre la nostalgie, les combats de robots et les relations humaines. Bien que le film dure moins de deux heures, la partie centrale où Bee (le surnom du robot) et Charlie multiplient les farces est mignonne mais devient un peu répétitive. Mais le décor des années 80 donne au film une saveur authentiquement nostalgique, ce qui atténue certains de ses autres problèmes. Knight et Hodson ont rempli Bumblebee  de reliques des années 80, comme Alf, de références aux films de l’époque comme Breakfast Club et bien sûr de tonnes de musique, dont une grande partie est essentielle pour faire avancer l’histoire. Le film a un look rétro qui évoque les  sensations des films Amblin, une photographie chaude et dorée, une image légèrement rugueuse signée du directeur de la photographie Enrique Chediak (127 heures mais aussi Le Labyrinthe). Sans parler du design des Transformers, plus simple et proches des jouets originaux, qui donne l’impression quand ils s’affrontent, de regarder un dessin animé Transformers des années quatre-vingt. Tous ces éléments font que Bumblebee ressemble  plus à un film de John Hughes avec des effets stylistiques de Michael Bay plutôt qu’un film de Michael Bay avec une histoire à la John Hughes.

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Rien de cela ne fonctionnerait si Bumblebee et Charlie n’étaient pas des personnages intéressants mais, grâce aux effets visuels d’Industrial Light and Magic, Bumblebee est incroyablement expressif. Steinfeld de son coté est une jeune actrice mais elle a une capacité dramatique bien supérieure à de nombreuses autres de son âge et un charisme suffisant pour entraîner le public. En partie parce que Christina Hodson lui donne un rôle habituellement réservé aux garçons. L’actrice de True Grit joue à la fois l’angoisse adolescente et l’héroïne d’action qui sauve la situation avec ses t-shirts punk rock et ses jeans déchirés. Jon Cena utilise son physique très particulier pour camper un personnage de militaire qui semble sortir d’un cartoon mais y insuffle assez d’ironie pour le rendre attachant sans être ridicule. Après cinq films de plus en plus gros mais dont la qualité a décru, la réduction d’échelle  fonctionne bien, il y a assez d’action et de robots pour satisfaire les fans de Transformers mais  également assez de cœur pour rendre l’histoire accessible aux personnes qui ne connaissent pas Optimus Prime et qui seront curieux de voir un film plus conventionnel se déroulant dans cette continuité. Si la formule de ce prequel-reboot est archi-connue, c’est l’exécution de Travis Knight qui fait le charme de ce Bumblebee mélange bienveillant d’humour et d’action pour toute la famille.

bumblebee-cliff-andcoTitre Original: BUMBLEBEE

Réalisé par: Travis Knight

Casting :  Hailee Steinfeld, John Cena, Jorge Lendeborg Jr…

Genre: Action, Aventure, Famille, Science fiction

Sortie cinéma le: 26 décembre 2018

Distribué par : Paramount Pictures France

4 STARS EXCELLENT TRÈS BIEN

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1 réponse »

  1. (evilashymetrie) Ben mince, alors, je n’en donnais pas un morceau de popcorn à bouffer, à c’film là ! Si ce n’est pas là de la convainquance, hein :p Je tire mon chapiteau. J’irai donc titiller le volant de Bee.

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