Critiques

THE FIRST (Critique Saison 1) Diablement ennuyeux…

SYNOPSIS: Voilà des décennies que les scientifiques émettent l’hypothèse pour l’Homme de pouvoir coloniser Mars, cette planète flamboyante qui fascine depuis la nuit des temps. Mais peut-on y survivre ? Et cet exploit scientifique est-il à la hauteur des risques et sacrifices personnels qu’endureront les hommes et femmes qui se lancent dans cette aventure historique ? C’est ce que l’équipe menée par l’astronaute Tom Hagerty (Sean Penn) va découvrir à travers ce drame psychologique et métaphysique.

Après quatre ans de bons et loyaux services aux commandes de House of Cards, la première série originale Netflix, Beau Willimon, créateur du mastodonte auquel Netflix devra toujours une dette de reconnaissance (la série lui ayant ouvert l’entrée de la cour des grands), avait décidé de tirer sa révérence. Laissant son projet entre les mains de Melissa James Gibson et Frank Pugliese, le scénariste, devenu entre-temps le président de la Writers Guild of America West, s’est tourné vers une autre plateforme de vidéo à la demande : Hulu. Cette dernière n’a plus besoin d’un succès critique pour s’asseoir à la table des grandes productions de télévision (The Handmaid’s Tale leur a déjà valu 11 Emmy Awards et de nombreuses nominations toutes plus prestigieuses les unes que les autres), mais la guerre sévissant entre les divers services, c’est à qui produira la meilleure série, le prochain raz-de-marée, la nouvelle poule aux œufs d’or. Le marché de la production télévisée est en plein boum, et si Netflix a choisi de se focaliser sur les productions originales à l’étranger, Hulu, elle, double la mise sur les talents made in US. The First est une coproduction avec la chaîne britannique Channel Four et Westward Productions, la compagnie de Willimon, qui se penche sur la prochaine grande conquête de l’Homme : l’espace.

Si le sujet de The First est très différent de House of Cards, on y retrouve les mêmes archétypes fondamentaux : l’homme vieillissant qui n’a pas dit son dernier mot, incarné par un Sean Penn très en forme, et la grande blonde hitchcockienne, à la fois meilleure alliée et plus grande ennemie du héros, interprétée ici par l’excellente Natasha McElhone. Lui, c’est Tom Haggerty, un astronaute qui rêve de faire partie du premier groupe d’humains envoyés sur Mars, même si cela veut dire ne pas voir sa fille Denise (Anna Jacoby-Heron) pendant plusieurs années. Elle, c’est Laz Ingram, la directrice du programme spatial, celle qui doit justifier les énormes dépenses nécessaires à cette mission et aux risques qui l’entourent. La série n’a pas lésiné sur la qualité des images, alternant les scènes sur Terre et les vues fabuleuses de l’espace, et on n’ose pas se demander quel budget le directeur de la photographie Adam Stone a dû négocier pour arriver à un tel résultat. La réalisation est très soignée, polie jusque dans les derniers détails, des décors de Monique Champagne et Brandon Segelke aux costumes de Carol Ramsey et Malgosia Turzanska, ciselant une atmosphère raffinée et particulièrement luxuriante. C’est une succession de très, très beaux tableaux, qui se trouve plombée par un rythme de tortue arthritique et deux épisodes gâchés en exposition (c’est-à-dire deux longues heures, le quart de la série) superflue. On ne peut pas vous dire à quel point les deux premiers épisodes sont peu primordiaux, au risque de vous spoiler l’intrigue, mais quand la prémisse même d’une série mets deux heures à se mettre en place, d’une, ça ne donne pas beaucoup confiance pour les six épisodes restants et de deux, on en vient à se demander si le créateur ne prendrait pas un peu le spectateur pour un imbécile à qui il faut expliquer les choses lentement si on veut qu’il suive.

Sean Penn est impeccable, comme toujours, dans le rôle de ce retraité qui reprend du service, mais il a, au final, très peu à faire. Contrairement à de nombreux protagonistes, Tom ne mène pas l’action, il l’attend. Il attend qu’on l’appelle, il attend qu’on lui donne le feu vert, il attend les résultats de ses analyses, il attend les réponses, bref, il n’est pas très actif comme personnage. Les scènes entre Tom et Denise sont les plus riches, et celles qui ont le plus de sens, puisqu’elles sont quasiment les seules à être pourvues d’émotions sincères et d’un conflit humain, mais leurs rares interactions ne suffisent pas à soutenir la tension sur huit épisodes. Les autres éléments de l’histoire sont tout à fait fascinants en soi, de la conquête de l’espace au réchauffement climatique, la survie de l’humanité, les espoirs de tout un chacun pour un futur meilleur, mais l’approche ultra-scientifique de la série manque de punch, remplaçant les monologues passionnés par des analyses froides, finissant par une présentation très agréable à regarder, mais qui laisse de marbre. Alors oui, c’est très joli, ça a certainement coûté très cher, et c’est écrit par un des scénaristes les plus en vue du moment, mais ça ne change rien au fait que The First est diablement ennuyeux.

Crédits:  OCS / HULU

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