Critiques

THE HAUNTING OF HILL HOUSE (Critique Saison 1 Episodes 1×01 & 1×02) Une très jolie surprise…

SYNOPSIS: The Haunting of Hill House est une réadaptation moderne du roman emblématique de Shirley Jackson. On y suit plusieurs frères et sœurs qui ont grandi enfants, dans la demeure qui allait devenir la maison hantée la plus célèbre des États-Unis. Désormais adultes et contraints de se retrouver pour faire face à cette tragédie ensemble, la famille doit enfin affronter les fantômes de son passé, dont certains sont encore bien présents dans leurs esprits alors que d’autres continuent de traquer Hill House.

The Haunting of Hill House est à l’origine un roman gothique écrit par Shirley Jackson, publié en 1959 et considéré comme l’un des meilleurs livres de horror fantasy du siècle dernier (Stephen King est un grand fan). Les livres dits “de genre”, c’est-à-dire tout ce qui comprend la science-fiction, l’horreur, la fantaisie, la magie et autres sous-catégories du surnaturel et de l’imaginaire sont très en vogue en ce moment, principalement à la télévision, galvanisée par le succès de Game of Thrones, Westworld, Stranger Things et The Walking Dead, pour n’en citer que quelques-uns. Ça n’était donc qu’une question de temps avant que les têtes pensantes de Hollywood ne se mettent à farfouiller dans la littérature pour dénicher les petites ensevelies qui se cachent toujours au fond des bibliothèques, et les plateformes de streaming se font désormais la guerre pour en obtenir les droits : Amazon a décroché Le Seigneur des Anneaux, Hulu adapte Castle Rock et Netflix fait un pari un peu plus risqué avec The Haunting of Hill House. Mike Flanagan, le scénariste à qui l’on doit Beowulf, Ouijia, Origin of Evil et Doctor Sleep qui devrait arriver sur grand écran en 2020, est aux commandes de ce projet ambitieux qui n’hésite pas à prendre ses distances avec la source originale puisque sous sa plume, certains des personnages principaux du livre se transforment en membre de la famille de Hugh Crain (interprété à différentes périodes de sa vie par les acteurs Henry Thomas et Timothy Hutton), architecte de la fameuse maison hantée.

Code d’honneur anti-spoiler oblige, on se contentera de vous dire que l’intrigue se focalise surtout sur les quatre personnages qui composent la fratrie Crain : Steven (Michiel Huisman), Luke (Oliver Jackson-Cohen), Shirley (Elizabeth Reeder) et Nell (Victoria Pedretti), ainsi que sur les conséquences de leur séjour dans la maison de Hill House quand ils étaient enfants. Les deux premiers épisodes se plaisent à laisser planer le suspense, suggérant que la présence du surnaturel et d’êtres mystérieux ont profondément affecté nos personnages, que ceux-ci l’admettent ou pas. L’épisode pilote en particulier, pose très clairement la problématique des phénomènes paranormaux : sont-ils une construction de l’esprit humain ou de vrais événements que l’on pourrait aborder de manière scientifique ? La problématique se déroule notamment au travers des interactions de Steven et d’une de ses clientes, Mrs. Walker (brillante performance de Saida Arrika Ekkulona), où la tension entre la pensée rationnelle et le désir de croire est savamment mise en scène. On est un peu dans la lignée de X-Files, en moins structuré et sans la mécanique du “monstre de la semaine”, mais le conflit entre les deux points de vue, le croyant et le sceptique, est au cœur de la série et se maintient en place aussi longtemps que possible.

Les Américains sont obsédés par les maisons hantées : ils en font des films, des livres, et même des émissions de télé-réalité (des Traqueurs de Fantômes à Celebrity Ghost Stories), et alors que la fête d’Halloween pointe le bout de son nez à la fin du mois d’Octobre, il semblerait que The Haunting of Hill House tombe à pic. L’horreur est un genre assez relatif en soi, puisque ce qui effraie l’un ne fera pas forcément peur à l’autre, et que si certains sont terrifiés par les démons, les fantômes et autres créatures surnaturelles, d’autres trouveront les tueurs en séries beaucoup plus effrayants. Mais Netflix se débrouille plutôt bien avec cette adaptation à l’ambiance un peu pesante certes, mais néanmoins efficace. Mike Flanagan prouve encore une fois qu’il a un don extraordinaire pour adapter les œuvres de littérature à l’écran, et même si les choses mettent du temps à se mettre en place (un effet secondaire de commande de saison entière, bien malheureux mais pourtant proéminent), on ne doute pas une seule seconde que la série sait exactement où elle va. La distribution est absolument parfaite, ce qui insuffle une énergie particulière à de longs moments de silence qui pourraient, avec des acteurs de moindre calibre, nuire énormément au produit final. Fort heureusement, The House of Haunting Hill est fait par des passionnés du genre, ce qui transforme l’expérience de visionnage du tout au tout, faisant de cette série une très jolie surprise.

Crédits: Netflix

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