Critiques

I FEEL BAD (Critique Saison 1 Épisodes 1×01 – 1×03) Un cocktail assez sympathique…

SYNOPSIS: Emet est l’incarnation de la maman, de la patronne, de l’épouse, de l’amie et de la fille parfaites. Bon ok, en fait non, Emet n’est pas parfaite. Elle essaye juste de faire au mieux, comme nous tous. Elle s’en veut lorsqu’elle fait des rêves érotiques à propos de quelqu’un d’autre que son mari, lorsqu’elle fait semblant de ne pas connaître ses enfants quand ils se conduisent mal en public, ou quand elle utilise ses collègues pour résoudre des problèmes personnels. Mais c’est plus fort qu’elle et ce n’est pas très grave, si ? Personne ne peut être parfait en permanence. 

C’était l’un des pilotes les plus “hot” de la saison 2018, pas l’un des plus sexy, non, mais l’un de ceux que tous les producteurs exécutifs de la chaîne NBC se sont arrachés et pour lesquels la compétition fut rude du côté du casting. Produite par l’extraordinaire Amy Poehler, la réalisatrice Julie Anne Robinson (qui a réalisé le premier épisode) et Aseem Batra, scénariste, créatrice et cerveau de toute l’opération, I Feel Bad est l’une de ces sitcoms dites de “single-camera “ (comprenez, pas sur une scène devant un public soigneusement sélectionné qui se marre à chaque blague) qui faisait beaucoup parler d’elle avant même d’être entrée en phase de production. Et le fait est que, même si elle est loin de changer fondamentalement la conception même de la comédie familiale, I Feel Bad parvient à modifier deux ou trois des mécanismes les plus courants du genre, et surfe sur pas mal de sujets d’actualité, comme le syndrome de l’imposteur et la culpabilité constante dont souffrent la majorité des femmes. Un cocktail assez sympathique de voix-off, de situations absurdes et de personnages plutôt charmants.

I Feel Bad (Je Me Sens Mal en français), c’est l’histoire d’Emet (Sarayu Blue), autrement dit la femme parfaite. Elle est la patronne d’une équipe de développeurs informatiques composée de Norman (Zach Cherry), Chewey (James Buckley) et Griff (Johnny Pemberton), la mère de deux adorables enfants Lily (Lily Rose Silver) et Louie (Rahm Braslaw), l’épouse de David (Paul Adelstein) et la fille dévouée de Sonny (Brian George) et Maya (Madhur Jaffrey). Si cette avalanche de noms vous donne le tournis, sachez que c’est normal, et que vous vous voyez à peu près dans la même situation que la protagoniste, qui croule sous la myriade de responsabilités qui lui tombent sur le dos à chaque heure du jour ou de la nuit, et qui, au moins une fois toutes les 24h, se sent mal d’avoir oublié un truc, d’avoir fait quelque chose de mal, ou de ne pas avoir géré une situation comme il le fallait. Bref, Emet est brillante, irréprochable et incroyablement résistante, mais elle est aussi humaine, donc imparfaite, et donc pas insensible à la pression que les femmes subissent : celle de ne jamais être assez bien, quoi qu’elles fassent. Dès le pilote, l’héroïne sait qu’elle va se sentir mal aujourd’hui, la question est de savoir pourquoi. Partant de là, chaque épisode explore une raison de s’angoisser, qu’elle soit sociale, culturelle (les parents d’Emet sont Indiens) ou professionnelle, le tout guidé par la voix off d’Emet, qui exprime tout haut ce qu’elle pense tout bas, et surtout, tout ce qu’elle ne peut pas dire à son entourage par peur des répercussions, certes, anodines comparées à tout ce qui se passe dans le monde, mais qui l’atteignent quand même.

Pour un script qui faisait le buzz avant même d’entrer en phase de production, I Feel Bad prend, en fait, très peu de risques : aucun des problèmes d’Emet ne transcende les éléments de la sitcom classique, entre ses enfants qui grandissent trop vite, ses parents qui fourrent leurs nez partout et son un mari gentil comme tout, mais généralement inefficace. Ses collègues de bureaux ont tout du trio de nerds sympathiques et maladroits qui remplissent une fonction précise, celle du groupe à qui Emet se plaint de ce qui lui arrive à la maison. Si sur papier, tout ça tombe parfaitement sous la coupe de la sitcom made in US, le manque de spécificité du propos nuit beaucoup au produit final. A vouloir brasser large, on arrive en fait à de la comédie approximative, qui manque de mordant, de punch, et qui, loin de faire un commentaire ironique sur la vie moderne, prend davantage des allures de soupe de fortune, où tous les ingrédients des sitcoms passées viennent bouillir dans le même grand chaudron. Reste à espérer que la série saura corriger le problème avant que la première saison ne se termine et que le terrible couperet de l’annulation ne fasse son apparition au printemps prochain.

Crédits:  NBC

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