Critiques

THE SWELL (Critique Mini-Série Épisode 1×01) Capable de se concentrer sur des gens qui nous ressemblent…

SYNOPSIS: Une tempête d’une force sans précédent se dirige droit vers les côtes belges et hollandaises et menace de briser les digues. Alors que les autorités doivent décider d’évacuer les zones situées sous le niveau de la mer, les habitants risquent de se retrouver pris au piège. 

Fans de disaster movies, on a trouvé la série pour vous ! Quand les Digues se Brisent (traduction française de Als de Dijken Breken, devenu The Swell en anglais) est une série catastrophe suivant le déferlement d’une tempête démentielle sur la côte néerlando-belge et le chaos social et politique qui s’ensuit. Écrite par Karin van der Meer, Pieter Bart Korthuis, Maarten Lebens et Wout Thielemans, la mini-série de six épisodes s’est faite remarquer lors de sa diffusion aux Pays-Bas, où elle a raflé entre 25% et 29% de parts de marché, et en Belgique, où elle est carrément montée jusqu’à 44,8%. Le public répond présent à ce magnifique étalage anarchique d’eau, de vent et de désespoir, savamment rendu par un mélange d’effets spéciaux et de caméras bien placées, un usage efficace des quelques 750,000 euros de budget octroyés au projet. Als de Dijken Breken est l’une des premières co-productions télévisées entre les deux pays, et c’est un franc succès. Au-delà de la grandeur de la mise en scène et de la fascination provoquée par toute catastrophe naturelle, la série a l’intelligence de se concentrer, une fois la tempête passée, sur la tâche herculéenne qui attend les survivants : celle de reconstruire leur vie, avec tout ce que ça comprend de travail manuel, psychologique et humain. Car si l’ouragan apparaît au premier abord comme la véritable star de la série, il est très difficile de justifier son importance narrative une fois passée le pilote. C’est le lot des calamités : elles sont extrêmement dramatiques, mais ne suffisent pas à faire une intrigue ; pour qu’une apothéose ait de l’impact, il faut du développement, du contraste, et surtout des conséquences à l’échelle humaine. C’est là que la série se démarque de beaucoup de films du même genre, puisqu’elle ne ferme pas les yeux sur les suites de son élément déclencheur : les zones les plus basses de la Belgique et des Pays-Bas, situées sous le niveau de la mer, se retrouvent complètement inondées, rendant la fuite impossible.

Ce premier épisode, structuré comme une mosaïque où chaque pièce correspond à une cellule narrative distincte, est assez représentatif du reste de la série. On suit tantôt le premier ministre de Belgique et sa famille, tantôt le détenu resté en prison, tantôt le couple en crise qui essaye de cacher ses problèmes à leurs deux adolescentes. La photographie de Laurens de Geyter est grise et froide, s’alignant avec la météo pour renforcer cette impression de désastre qui plane sur toute la série, rehaussée par la musique de Steve Willaert. Il serait facile, vu le sujet de faire de The Swell un grandiloquent panégyrique à Mère Nature, mais la série, si elle ne nie pas l’importance des éléments, s’intéresse de beaucoup plus près à ce qui arrive à ses personnages. Si elle permet l’envol de la réflexion sur l’environnement, la force des phénomènes naturels et l’ego surdimensionné des hommes qui pensent, jusqu’au dernier moment, pouvoir dompter les éléments, son immense popularité vient surtout de sa capacité à se concentrer sur des gens qui nous ressemblent, qui pourrait être nous, ou des personnes que l’on connaît, et c’est là que se trouve la clé du succès. A l’heure où tous les regards se tournent vers le changement climatique et le besoin pressant de sauver la planète, Als de Dikjen Breken prend une dimension quasiment symbolique : la tension est palpable parce que le danger est réel, au-delà de l’écran et du monde créé par les scénaristes. Sous ses allures de blockbuster estival adapté pour la petite lucarne, la série pose un regard sévère et assez objectif sur l’organisation humaine et le manque total de contrôle que nous exerçons sur ce qui nous entoure.

Crédits: Sundance TV

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