Critiques

LES HERITIERS (Critique Saison 1 Episodes 1×01 – 1×03) Un vrai petit bijou d’écriture…

SYNOPSIS: À la suite du décès de Veronika Grønnegaard, artiste de notoriété internationale, ses quatre enfants se retrouvent dans la propriété familiale. Mais le deuil autour de cette mère disparue et la joie des retrouvailles entre frères et soeurs séparés depuis longtemps, cèdent rapidement la place à d’autres sentiments. car à la surprise générale, Veronika lègue la propriété de la famille à sa fille illégitime signe. Les querelles relatives à l’héritage se multiplient et provoquent la révélation de lourds secrets jusqu’alors bien gardés. 

Le mélodrame familial est une source d’inspiration sans fin ; on le retrouve dans le théâtre d’Ibsen, dans le cinéma d’Almodovar, et en ces temps de renaissance de la petite lucarne, dans nombre de séries télévisées. Arrivée tout droit du Danemark, Arvingerne (Les Héritiers en français) est diffusée sur Arte avec une première saison sur les ondes en 2016, et une deuxième saison disponible très prochainement. On pourrait s’étendre des heures sur le grand courant de productions venant des pays scandinaves et de l’extraordinaire renaissance qui semble animer ces séries, mais il suffit de dire qu’une fois de plus, nos amis du Nord ont tapé dans le mille. Malgré une certaine longueur d’exposition s’étendant sur deux épisodes, la série prend rapidement ses marques et se lance dans une cavalcade fascinante au sein d’une famille peu orthodoxe, regroupée autour d’une femme au caractère bien trempé. Découpée en dix épisodes, cette première saison démarre par une longue étude des répercussions psychologiques et émotionnelles des douleurs d’enfance, et comment tout un chacun essaye, malgré tout, d’avancer dans la vie.

Rien de tel qu’une histoire d’héritage pour réunir une famille. Veronika Grønnegaard (Kirsten Olesen) est une artiste de génie au tempérament difficile, ce qui cause pas mal de rifts avec ses trois enfants. Il y a d’abord Frederik (Carsten Bjornlund), le père de famille qui refuse carrément de voir sa mère, puis Emil (Mikkel Boe Folsgaard), la tête brûlée de la famille qui tente de monter une maison de vacances en Thaïlande, et puis Gro (Trine Dyrholm), la “petite secrétaire”, comme l’appelle Veronika, qui tient une galerie et veille sur l’œuvre de sa mère avec une dévotion totale. Gro n’a pas le même père que ses deux frères puisqu’elle est la fille de Thomas (Jesper Christensen), un ancien rockeur qui a raccroché sa guitare pour rester près de l’amour de sa vie. Ce que toute la fratrie ignore, c’est que Veronika est malade, et que, confronté à la finalité de sa vie, elle va retrouver Signe (Marie Bach Hansen), sa fille cachée, qui ignore tout de ses origines. Recette idéale pour que les tensions arrivent au point d’exergue donc, avec une jeune fille qui se découvre une famille et une famille qui voit d’un œil incertain l’arrivée de cette inconnue et de ses droits sur l’héritage. Parce qu’au-delà des liens familiaux et des tragédies du passé, ce qui maintient Les Héritiers sur le fil de rasoir, c’est le destin des biens de leur mère, maison, terres et œuvres comprises, qui se chiffre à plusieurs millions de couronnes.

Sortie en 2014 sur la chaîne danoise DR1, Les Héritiers est à ce jour couronnée de douze Roberts (les Emmys de la télévision danoise) et il n’est pas difficile de comprendre pourquoi. La série de Maya Ilsøe est un vrai petit bijou d’écriture, un drame humain à petite échelle, mais tellement bien pensé qu’on se laisse prendre par les émotions de la famille Gronnegard, sans jamais se dire qu’on a déjà vu ces mécanismes quelque part. C’est toujours un défi que de renouveler un genre, mais l’équipe derrière Arvingerne s’en sort à merveille. La réalisation de Pernilla August est sobre, sans chichis, dénuée d’effets de style comme les ralentis ou les fondus enchaînés, et laisse les acteurs porter les émotions d’une scène à l’autre, tirant de sa distribution une série de remarquables performances. Ça n’est pas un hasard si la plupart des Roberts décrochés par la série sont des prix d’interprétations. Menée à un rythme soutenu, poussé par un scénario qui sait parfaitement où il va, Les Héritiers peut se targuer d’être une série addictive, et c’est tout à fait juste. Impossible de ne pas se prendre au jeu de ces gens, au final peu ordinaires, qui voient leurs vies chamboulées par les mensonges et l’irresponsabilité de leurs parents. Une très belle création qui prouve, une fois encore, les trésors de talent et d’inspirations qui résident en Europe et qui présagent d’un bel avenir pour la télévision. A binge-watcher comme bon vous semble, on vous le recommande sans hésiter.

Crédits: Arte

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