Critiques

LES PETITS MEURTRES D’AGATHA CHRISTIE (Critique Épisode Meurtres en soldes) La restitution toujours aussi ambitieuse et piquante de l’ambiance des sixties…

SYNOPSIS: Au Bon Temps, célèbre grand magasin, temple de la consommation, c’est la période des soldes, mais aussi du crime. Son propriétaire, Simon Krepps, est retrouvé assassiné un matin à l’ouverture du magasin. Alice Avril ne peut aider Laurence dans son enquête car elle est devenue amnésique suite à un coup violent sur la tête. Qui a essayé d’assommer la journaliste et surtout pourquoi ? Laurence doit faire feu de tout bois alors qu’il est lui-même très perturbé : son amour de jeunesse, Mathilde, vient de lui annoncer qu’il a un fils de 20 ans ! Apprendre à devenir un père : voilà un nouveau défi dont le Commissaire se serait bien passé…

Cette fois-ci, c’est Le Noël d’Hercule Poirot qui passe à la moulinette de Catherine Hoffmann, Bertrand Lorel et Zina Modiano pour cette variation libre rebaptisée Meurtres en soldes. Un choix très à propos puisque les cadavres pleuvent dans cet épisode qui nous plonge dans les coulisses et les affres privées du Bon Temps, grand magasin très en vue où les ménagères se pressent pour dénicher la meilleure affaire pendant les soldes. Ce temple du bas de soie et du fond de teint ultraléger va être le théâtre d’un crime savamment orchestré, anticipé dès la découverte du directeur de l’établissement, le détestable Simon Krepps, campé à la perfection par l’imposant Jacques Frantz. En parallèle, quelqu’un en veut à Alice (Blandine Bellavoir), rendue amnésique, et le commissaire Laurence (Samuel Labarthe) reçoit des nouvelles surprenantes d’un amour de jeunesse. Tandis que Marlène (Elodie Frenck), qui se remet difficilement de la mort de Marilyn Monroe, joue les aides mémoire auprès d’Alice, le commissaire est contraint de se mesurer à l’idée d’être père, perspective qui l’a toujours échaudé. Et, chez les Krepps, les coups bas pleuvent…

Meurtres en soldes vaut surtout pour le duo que forment à l’écran Samuel Labarthe et son (vrai) fils Alexandre Labarthe (un possible nouveau récurrent ?) – qui a décidément hérité du charme de son père, et pour la restitution toujours aussi ambitieuse de l’ambiance des sixties. On s’amusera également de ce que Marlène profite de la vulnérabilité passagère d’Alice pour la refaçonner à son goût, dans une version plus féminine mais non moins piquante.

Si Drame en trois actes lorgnait définitivement vers la comédie policière pure, multipliant les ressorts comiques, Meurtres en soldes remet les pendules à l’heure avec une enquête, bien que touchant le commissaire de très près, remise sur le devant de la scène, tandis que les chamailleries qui nous amusent tant sont reléguées au second plan. On retrouve le format classique des adaptations britanniques qui plongent Hercule Poirot ou Miss Marple au cœur des secrets les plus dérangeants de familles riches affichant un bonheur et une gloire de façade. A ceci près que, là où les détectives imaginés par Agatha Christie ne sont que spectateurs attentifs au service de la vérité – on en sait, finalement, assez peu sur eux – chez nous, ce sont ces mêmes enquêteurs qui cristallisent encore et toujours notre attention, et la manière dont les enquêtes ont une influence sur eux. Cet épisode démontre bien à quel point ils ne sont plus de simples outils, têtes pensantes nécessaires à l’élucidation d’un crime, mais des personnages ayant une prise directe avec les événements en cours, et dont le sort nous importe finalement plus que la résolution de l’enquête. Un ingrédient supplémentaire du succès de la série, dont le succès n’est a priori pas prêt de se démentir.

Crédits: France 2

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