Critiques

BETTER THINGS (Critique Saison 1 Episodes 1×01 – 1×03) Un ton doux-amer qui n’hésite pas à basculer dans l’absurde…

SYNOPSIS: Le quotidien très chargé d’une mère de famille divorcée qui peine à joindre les deux bouts entre un métier d’actrice difficile, trois enfants qu’elle élève seule et une vie sentimentale chaotique. 

Les fans de Louie reconnaîtront sans doute le minois de Pamela Adlon, actrice relativement méconnue ayant prêté sa voix à un nombre incalculable de dessins animés (Bob’s Burger, Star vs The Forces of Evil, Phineas and Ferb et on va s’arrêter là, ou tout l’article y passera). L’actrice, révélée au grand public grâce à son passage dans la série du comédien disgracié, prend son envol avec Better Things, diffusée depuis septembre 2016 sur la chaîne américaine FX. La série fût, au départ, créée en binôme avec Louis CK, mais depuis le scandale de 2017, FX a pris ses distances avec le très problématique auteur pour laisser les rênes à Adlon. Si Better Things assume franchement, du moins dans les premiers épisodes de la saison un, son étiquette de “Louie au féminin” avec son ton doux-amer qui n’hésite pas à basculer dans l’absurde, et avec sa protagoniste, Sam Fox (Adlon) qui élève seule ses trois filles tout en faisant de son mieux pour survivre dans la jungle d’autoroutes qu’est Los Angeles, elle finit tout de même par se distinguer de la série-mère en se trouvant un rythme bien à elle, et en donnant à Sam plus d’une occasion de s’affirmer. Pas facile pour une actrice quadragénaire de payer les factures, surtout quand on vit seule avec deux adolescentes et un enfant, et qu’on rêve d’avoir suffisamment de temps pour avoir une vie sociale, professionnelle, familiale et amoureuse. Sam est humaine, hein, et parfois, comme tout le monde, elle a juste envie de hurler à plein poumons au volant de sa voiture.

Vous aimerez :

Le ton. Anti-glamour à mort. Pam a beau être une actrice, elle ne va pas aux premières hollywoodiennes, n’est pas sapée par les grands créateurs et les paparazzis ne la connaissent pas. Elle avance dans sa carrière comme dans la vie, maladroitement, avec un aplomb douteux, oscillant entre la victoire et l’échec puisqu’on ne sait jamais, quel que soit l’intrigue de quel côté penchera la balance. Un vrai tour d’équilibriste, qui maintient adroitement le cap au milieu du chaos de la vie de sa protagoniste.

Pamela Adlon. On la sent toujours sur le point de craquer. Le breakdown est imminent, la crise de nerfs n’est pas loin, elle est fatiguée, grognon, à fleur de peau et pourtant, elle continue son bonhomme de chemin avec une détermination qui lui fait honneur. Une performance qui cristallise l’âge adulte sous toutes ses formes, qui a valu à l’actrice une nomination aux Golden Globes.

Le côté “roots”. Alors bien sûr, Sam vit dans une grande maison de style espagnol qui crie “j’ai de l’argent”, conduit une grosse voiture, et passe d’un plateau télé à l’autre sans efforts apparents, ce qui, au premier abord, ne cadre pas vraiment avec la notion que ses problèmes sont ceux de “Madame Tout le Monde”. Cependant, sous ce succès superficiel, se cachent un manque total de contrôle, une attitude très “on fait ce qu’on peut au jour le jour et on essaie juste d’éviter de prendre le mur en pleine face”, qui rendent la série nettement plus facile à avaler.

Vous n’aimerez peut-être pas :

La vulgarité. “La vie est vulgaire” comme disait Joan Rivers, et quand on écrit une série inspirée de sa propre vie, la tentation de plonger tête la première dans la facilité est grande. Tout le monde utilise les toilettes, tout le monde se casse la figure et tout le monde est soumis aux diktats de son anatomie. On a là de quoi faire rire bien sûr, mais pour ceux qui apprécient la parcimonie dans ce genre d’humour, sachez que la série a parfois un peu de mal à trouver le juste milieu.

Les similarités avec Louie. Pourquoi regarder une série qui s’affiche comme un copié-collé d’une autre ? La ressemblance a beau être complètement assumée, elle risque malgré tout de fatiguer les fans, surtout ceux qui ont vu tous les épisodes de Louis CK et à qui cette saison semblera un peu répétitive. Il faudra attendre la saison deux, quand FX donne à Adlon plus de contrôle sur sa machine, pour que Better Things se démarque vraiment et trouve son rythme de croisière.

Le genre. Finalement, si la dramédie autobiographique centrée sur le show business et les vicissitudes de la vie d’un citoyen lambda ne sont pas votre tasse de thé, on vous recommandera de ne pas vous attarder ici. Les séries de ce type fourmillent ces derniers temps (Atlanta, In the Long Run avec Idris Elba, BoJack Horseman), mais ça ne veut pas dire que le public est forcé d’adhérer, même si, clairement, les producteurs, eux, adhèrent à cent pour cent.

Crédits : FX

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