Critiques Cinéma

DARKEST MINDS : REBELLION (Critique)

SYNOPSIS: Dans un futur proche, les adolescents ont été décimés par un virus inconnu. Les survivants, dotés de pouvoirs psychiques incontrôlables, sont classés par couleur en fonction du danger qu’ils représentent pour la société, et parqués dans des camps. Ruby, l’une des plus puissantes d’entre eux, parvient à s’en échapper pour rejoindre un groupe de jeunes en fuite à la recherche d’un refuge. Rapidement, cette nouvelle « famille » réalise que fuir ne suffira pas dans un monde où les adultes au pouvoir les ont trahis. Ils vont mener une rébellion, unissant leurs pouvoirs pour reprendre le contrôle de leur avenir.

Adaptation du premier tome de la trilogie éponyme signée Alexandra Bracken, The Darkest Minds est l’un des bébés engendrés par le succès retentissant de la saga Hunger Games, et sans doute son héritier le plus direct après Le Labyrinthe… au cinéma en tout cas. Surfant sur la vague de ces films post-apocalyptiques dans lesquels la survie prime sur tout le reste dans un monde en déroute, reflet des angoisses bien contemporaines d’une génération à la croisée des chemins, ce nouveau challenger est réalisé par Jennifer Yuh Nelson (Kung Fu Panda 2 et 3). Le premier volet de ce qui se veut une nouvelle trilogie à succès a peu de temps pour convaincre. Et failli rapidement à la tâche, hélas.

Hélas, parce qu’il y avait un sacré potentiel, sur le papier. Monter une histoire post-apo ou, à tout le moins, de mauvaise augure pour le genre humain paraît un exercice des plus simples par les temps qui courent… Mais la rendre crédible, terriblement réaliste et donc effrayante à bien des égards, n’est pas chose aisée. Ça demande un background très fouillé, un cadre solide et des enjeux suffisamment forts pour rallier le public à sa cause. Darkest Minds ne fait que survoler tous ces éléments. Pire : il les tourne assez souvent en ridicule, parce que jamais détachés du cadre niaiseux dans lequel sont enfermés les personnages, au printemps de leur adolescence. Les premiers émois amoureux de l’héroïne, Ruby (Amandla Stenberg, qui incarnait la gentille Rue dans Hunger Games justement) passent au premier plan, quand c’est le contexte qui devrait primer sur tout le reste dans ce prologue un rien longuet. Tout ce qui arrive à Ruby (deuil de l’enfance, amour naissant, responsabilités à prendre, introspection…) se veut un genre de métaphore du tourment adolescent ce qui, en soi, présente un certain intérêt, insuffisant cependant au regard de l’histoire reléguée au rang de toile de fond délavée. Or, cette histoire de dégénérescence cellulaire chez les enfants nord-américains était un point de départ alléchant.

À trop négliger son cadre, Darkest Minds se disloque rapidement sur lui-même, trahi par ses nombreuses incohérences et faiblesses scénaristiques : manque de crédibilité quant à la mystérieuse pandémie (en vrai, il s’agit d’une mutation génétique à grande échelle, un peu comme chez les X-Men) et aux recours douteux employés pour l’endiguer, antagonistes sans relief tels Lady Jane (Gwendoline Christie), ressorts complotistes rapidement éventés, etc. Mais, comme ils n’ont pas lésiné sur les effets spéciaux dans les quelques scènes d’action censées en mettre plein la vue (mais en fait… non), ils se sont sans doute dit que le spectateur lambda (décérébré donc) y trouverait son compte. On en doute fortement.

A contrario, ce qui pose problème dans le film, parce que phagocytant le récit, est aussi ce qui fonctionne le mieux : le quatuor d’ados en cavale. Et la bluette, fort mignonne vue d’ici, sans doute passionnante quand on a quatorze ans. Le groupe fonctionne bien, éclectique et complémentaire,  puisque Ruby (Amandla Stenberg), Liam (Harris Dickinson), le boy scout au grand cœur, Charles dit Chubs (Skylan Brooks) le geek pince-sans-rire et l’adorable et mutique Suzume (Miya Cech) sont tous dotés de facultés différentes (ce qui les rend indestructibles ?). Une micro cellule pseudo-familiale qui apporte au moins un peu de consistance au film, et un aperçu finalement assez convaincant des conséquences directes de l’épidémie. Là encore cependant, le déséquilibre règne puisque, sorti de ce groupe qui balaye tout autre proposition sur son passage, les autres personnages ne sont que des ombres mouvantes autour de lui, et les événements n’ont pas d’ancrage. Quant à l’interprétation, on en est encore aux balbutiements… Demeure cet effet visuellement magnifique, lorsque Ruby « efface » des choses. En clair, ce volet d’introduction déçoit de par son manque d’enjeux et de consistance, incapable de planter un décor crédible pour abriter les tourments de ces ados on ne peut plus désaxés dans un monde qui les rejette en bloc sous couvert de mensonge gouvernemental. Il en ressort un manque d’identité flagrant, et un manque d’entrain évident à l’idée d’en voir une suite aussi inaboutie que ce premier chapitre, dans lequel on n’aura vu que l’ombre d’une rébellion. Et peu de promesses pour l’avenir.

Titre Original: THE DARKEST MINDS

Réalisé par: Jennifer Yuh Nelson

Casting: Amandla Stenberg, Harris Dickinson, Miya Cech…

Genre: Science fiction

Sortie le: 08 août 2018

Distribué par: Twentieth Century Fox France

PAS GÉNIAL

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