Critiques Cinéma

LUKAS (Critique)

SYNOPSIS: Un ancien garde du corps qui enchaine les petits boulots de sécurité dans des boites de nuit pour élever sa fille de 8 ans se retrouve contraint de collaborer avec la police. Sa mission: infiltrer l’organisation d’un dangereux chef de gang flamand. 

Si il y a bien un acteur d’origine belge qui a réussi à trouver sa place dans le cinéma international, c’est bien Jean-Claude Van Damme. Cependant, il semble ces derniers temps délaisser le traditionnel film d’action formaté pour des projets plus complexes, plus personnels, où il tente de nouvelles choses et de nouvelles interprétations pour mieux nous surprendre. Le dernier en date est donc Lukas, production franco-belge réalisée par Julien Leclercq. Autant dire que pour ce nouveau film, ce dernier, dont l’une des spécialités est le thriller d’action policier (il a notamment réalisé L’assaut, Gibraltar, ou encore en 2016 Braqueurs) est plus ou moins en terrain connu. Déjà, dès la première bande-annonce, le ton est donné. Une succession de plans, sans dialogues, montés sur une musique électro, calibré « boite de nuit » en écho avec le métier du personnage principal au début du film. L’ambiance nerveuse et tendue du film est transmise dès la promotion.

Lukas est donc un film où le héros éponyme est videur/agent de sécurité dans une boîte de nuit, où toutes les nuits il est chargé d’intervenir à chaque faux pas d’un individu trop alcoolisé ou autre malaise. Il est accompagné du personnage joué par le rappeur Kaaris, qui marque une nouvelle collaboration avec Leclercq, après que ce dernier ait signé le clip de son morceau Comme Gucci Mane en 2015, et après lui avoir donné un rôle dans son film Braqueurs. Ce Lukas, dont le nom de famille nous restera inconnu, vit seul avec sa fille de 8 ans, qu’il doit élever depuis la mort de sa femme. Alors qu’il perd son travail à la suite d’un incident, il se retrouve au poste de videur dans un strip-club auquel il accède après un bien étrange entretien d’embauche : on l’amène dans une cave avec une poignée d’autres hommes, en leur disant cette phrase : « Le dernier debout a le poste ». Alors qu’on se retrouve devant une scène d’action violente et cruelle, le ton est donné. En parallèle, un membre d’Interpol, demande à Lukas d’infiltrer une organisation qui fabrique des faux billets, sous peine d’être envoyé en prison et de voir sa fille envoyée dans une famille d’accueil.

Le film s’ouvre sur un personnage de dos, une capuche sur la tête, rappelant quelques films de boxe tel Rocky. La caméra flotte derrière lui en le suivant. Il rentre dans une boîte de nuit, et commence sa routine. Accoudé à une barrière sur la mezzanine, il surveille le club dans une ambiance de fête (lumière, musique électro, …). Le réalisateur utilise beaucoup des lumières très colorées pour contrebalancer le côté très sombre de toutes les autres scènes, donnant aux séquences d’action un air beaucoup plus dur et violent. Dans Lukas, on retrouve un personnage en pleine rechute, rattrapé par ses propres démons. Ce à quoi il a tenté d’échapper revient vers lui comme un boomerang qu’il ne peut esquiver. Van Damme incarne ce personnage avec une justesse et une sensibilité bien loin de cette image de grosse figure de film d’action sous testostérone dont on l’affuble souvent. Il paraît affaibli, humain, dépassé par le temps. Les marques sur son visage ainsi que la lumière écrasante marquent cette humanité, qui ressort par l’image mais aussi du scénario, notamment dans le rapport à sa fille. La réalisation, quant à elle, ne réinvente pas le genre, mais contribue à l’ambiance globale. Elle reste à sa place, sans tenter de folie et sans chercher l’originalité, laissant commee un léger arrière-goût d’inachevé.

Lukas est réussi dans son ambiance nerveuse et tendue. La distribution est très bonne dans l’ensemble (Sami Bouajila, Sveva Alviti…) et ce genre de rôle va comme un gant à JCVD qui, malgré le manque de scènes d’action pure, a de quoi faire pour construire un personnage crédible. Justement, le fait qu’elles soient peu nombreuses n’est clairement pas un défaut, tant elles paraissent violentes et réalistes. Elles nous tombent dessus comme elles tombent sur Lukas. Chaque coup de poing et coup de feu paraît plus puissant que le précédent, et donne à l’ensemble ce côté nerveux et d’autant plus réaliste, car les balles ne pleuvent pas comme dans bon nombre de films d’action. Dans l’ensemble, Lukas est un bon film, efficace, même si on regrettera une limite dans la violence graphique même si l’on comprend qu’une approche plus grand public soit privilégiée.

Titre Original: LUKAS

Réalisé par: Julien Leclercq

Casting : Jean-Claude Van Damme, Sami Bouajila, Sveva Alviti  …

Genre: Action, Thriller

Sortie le : 22 août  2018

Distribué par: Océan Films

BIEN  

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