Critiques Cinéma

THE DEVIL AND FATHER AMORTH (Critique)

3 STARS BIEN

devil and father amorth affiche cliff and co

SYNOPSIS: Un documentaire sur l’exorcisme, par le réalisateur de… L’Exorciste ! 

Peu nombreux sont les grands réalisateurs de longs métrages qui se sont essayés à l’exercice du documentaire au cours de leur carrière, encore moins une fois celle-ci bien entamée. Des réalisateurs comme Werner Herzog et à un degré moindre Martin Scorsese font ainsi par exemple figures d’exception, eux qui ont alterné, avec le même succès, au long de leur filmographie, la mise en scène de fictions et de documentaires sur des sujets par ailleurs extrêmement variés. William Friedkin s’est lui aussi essayé à cet exercice, dès 1975, avec un documentaire sous forme d’entretien avec Fritz Lang. Il aura donc fallu attendre plus de 4 décennies pour le voir réaliser son deuxième documentaire alors, il faut bien le dire, que nous espérions plutôt qu’il réalise un nouveau film, 7 ans après l’excellent Killer Joe. Pour ce documentaire, William Friedkin – dont on connaît l’ego et le goût pour se mettre en scène – revient sur le sujet qu’il aborda sous l’angle de la fiction dans l’Exorciste, confessant d’emblée qu’il n’y était guère intéressé avant le tournage. Omniprésent à l’écran, narrateur, présentateur, intervieweur, Friedkin se démultiplie pour, à travers le sujet de l’exorcisme, poursuivre une thématique qui parcoure toute sa filmographie: explorer et essayer de comprendre ce qui se cache de plus sombre dans chacun de nous.

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Avec The Devil and Father Amorth, Friedkin opère un mouvement en plusieurs temps qu’il conclut avec un art consommé du sensationnalisme, qui confirme que si sa démarche est sans doute sincère, il agit aussi en réalisateur roué et conteur hors pair qui sait parfaitement jouer sur les attentes et les envies de ses spectateurs. La « confrontation » entre le père Gabriele Amorth qui nous est présenté comme l’exorciste en chef du Vatican et Cristina, une femme d’une quarantaine d’années victime de possession démoniaque, est le point d’orgue du documentaire, le Vatican n’ayant auparavant jamais autorisé que soit filmée une séance d’exorcisme. The Devil and  Father Amorth est aussi l’occasion pour William Friedkin de parler de lui, exercice dont il raffole et qu’il maîtrise parfaitement et de revenir sur la genèse et certains lieux de tournage (à Georgetown) de L’Exorciste depuis lesquels, il intervient dans son rôle de narrateur du documentaire. Pour intéressant qu’il soit et même assez saisissant dans son climax attendu dont Friedkin ne se prive pas de souligner qu’il est encore plus effrayant, parce que réel, que celui de L’Exorciste, ce documentaire se révèle malheureusement très classique dans sa forme et trop prévisible dans ses intentions.

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Autour de ce cas, Friedkin interroge ses intervenants (neurochirurgiens, psychiatres, archevêque, romanciers) et par leur intermédiaire le spectateur sur l’origine du mal, dès lors qu’il dépasse le cadre de nos connaissances et que la science se montre impuissante à traiter ce genre de cas. Qu’il s’agisse réellement de possession par une entité démoniaque ou de cas psychiatrique complexe survenant chez des gens qui ont pour point commun d’être tous croyants, l’exorcisme que pratique depuis plusieurs décennies le père Gabriele Amorth réussit là où échoue la science.  On aurait aimé que Friedkin s’attarde davantage sur lui mais aussi sur Cristina, le regard qu’il pose sur elle laissant même le sentiment qu’il se sert un peu de son « malheur » pour faire du sensationnalisme (la fin est problématique et la voix gutturale de Cristina pendant son exorcisme paraît tout de même un peu « retouchée » en post production). The Devil and Father Amorth a les qualités et les défauts de son metteur en scène: formidable conteur, maître du suspense mais aussi  habile manipulateur ce qui, dans un format comme le documentaire, pose assurément plus problème que dans un long métrage.

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Titre Original: THE DEVIL AND FATHER AMORTH

Réalisé par: William Friedkin

Casting : Gabriele Amorth, William Peter Blatty, Jeffrey Burton Russell …

Genre: Documentaire

Sortie le: 20 juillet 2018

Distribué par: NETFLIX FRANCE

3 STARS BIEN

BIEN

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