Critiques

LES DÉSASTREUSES AVENTURES DES ORPHELINS BAUDELAIRE (Critique Saison 2) Un équilibre assez précaire entre le côté enfantin et une dimension plus sombre …

SYNOPSIS: Le comte Olaf cherche par les plus vils moyens à dépouiller les trois orphelins Violette, Klaus et Prunille de leur héritage. Les enfants doivent se montrer plus malins que lui, mettre en échec ses plans tordus et le reconnaître sous ses pires déguisements, afin de découvrir la vérité sur le mystérieux décès de leurs parents.

Petit rappel de l’histoire : Violette (Malina Weissman), Klaus (Louis Hynes) et Prunille Baudelaire (Presley Smith) ont perdu leurs parents dans un incendie. Désormais orphelins et héritiers d’une immense fortune, ils sont baladés de tuteur en tuteur, poursuivis par le Comte Olaf (Neil Patrick Harris), un acteur machiavélique bien décidé à mettre la main sur leur héritage. La première saison était construite sur le principe d’un nouveau tuteur à chaque épisode, ce qui nous avait permis de profiter de la présence de quelques grandes stars comme Alfre Woodard qui avait endossé les frusques de la tante Joséphine, ou Aasif Mandvi, plus débonnaire que jamais dans la peau de l’oncle Monty. Le Comte Olaf avait réussi à s’immiscer dans la vie des orphelins à coups de déguisements en tous genres qui cachaient son unique sourcil et son tatouage sur la cheville, et jusqu’à présent, Violette, Klaus et Prunille avaient réussi à déjouer tous les tours de leur parent malfaisant. Mais la donne est en train de changer dans cette deuxième saison, puisque les orphelins Baudelaire tombent nez à nez avec Isadora (Avi Lake) et Duncan (Dylan Kingwell) Beauxdraps, deux triplets ayant perdus leurs parents et leur frère Quigley (également incarné par Dylan Kingwell) dans l’incendie qui a ravagé leur demeure. Curieuse coïncidence qui n’en est peut-être pas une, et nos orphelins vont s’allier aux triplets pour en apprendre davantage sur leurs tragédies respectives, ainsi que sur V.D.C, l’organisation secrète à laquelle les parents Beauxdraps et Baudelaire semblaient appartenir. Parlant de parents, d’ailleurs, le Père (Will Arnett) et la Mère (Cobbie Smulders) sont toujours en fuite, quelque part au Pérou. On aimerait pouvoir vous en dire plus, mais hélas, ça risquerait de vous gâcher le plaisir.

Daniel Handler est toujours aux commandes de l’adaptation de sa série de livres (écrite sous le pseudonyme de Lemony Snicket), qu’il écrit et produit, aux côtés du réalisateur Barry Sonnenfeld et de Neil Patrick Harris, et sa voix s’impose sur les scénarios de tous les épisodes, dans le style d’écriture bien sûr, mais aussi au travers des apparitions sporadiques du personnage de Lemony Snicket, interprété à l’écran par Patrick Warburton, qui vient commenter l’intrigue à la manière d’un chœur de tragédie grecque. Un mécanisme qui colle parfaitement au ton de la série, puisqu’on tient à nous rappeler régulièrement que les aventures des orphelins Baudelaire sont avant tout désastreuses. Rocambolesques, improbables, divertissantes et franchement saugrenues oui, mais désastreuses avant tout. L’atmosphère est toujours aussi soignée, avec sa photographie sombre et ses décors aux allures de fête foraine qui aurait mal tourné, résultat d’une collaboration étroite entre Bernard Couture, directeur de photographie et Bo Welch, le designer de production. Pas de changement abrupt entre la première et la deuxième saison, et l’on se replonge dans un univers familier, peuplé de nouveaux personnages ; certains que l’on adore, comme Jacques Snicket (Nathan Fillion), tout droit sorti d’un roman d’aventures, d’autres que l’on abhorre, tels que Carmelita Spats (Kitana Turnbull), l’adorable cristallisation de tous vos cauchemars enfantins.

La série n’a pas eu beaucoup d’impact dans la culture populaire, mais elle peut se vanter d’une chose primordiale : celle ne prend jamais son public de haut. Bien sûr, il y a toujours un moment où Lemony Snicket viendra expliquer la signification d’un mot, ou jouera les oiseaux de mauvais augure à chaque fois que les choses semblent s’arranger pour nos protagonistes, mais dans ce monde où les adultes sont incompétents, faibles, ou diaboliques, les enfants sont toujours ceux qui finissent par triompher, à coup d’ingéniosité, de solidarité et d’honnêteté sans faille. Un message sympathique en fait, surtout pour les États-Unis où la série est tournée, et où la jeune génération proteste vigoureusement les lois votées par leurs aînés. La série repose sur un équilibre assez précaire entre le côté enfantin et coloré qui défie toute logique, et la dimension plus sombre de l’histoire qui n’hésite pas à parler de chantage, de suicide et de meurtres. Un choix polytonal qui en surprendra beaucoup, mais qui explique l’énorme succès des livres. Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire se concluront avec la troisième saison, annoncée pour le printemps 2019.

Crédits: Netflix

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