ENTRETIENS

Littérature – Entretien avec Fabrice David auteur de Au Pays des Barbares

Fabrice David a 48 ans. Depuis plus de 20 ans il officie essentiellement en tant que journaliste dans l’émission emblématique de TF1 Téléfoot et a signé durant la Coupe du Monde de nombreux reportages dans Le Mag de la Coupe du Monde présenté par Denis Brogniart. Ajoutant une nouvelle corde à son arc, il vient de publier chez Plon son deuxième roman Au Pays des Barbares un polar se déroulant dans les Ardennes avec pour toile de fond l’univers du football. Nous avons rencontré Fabrice David pour évoquer avec lui cette nouvelle orientation dans sa carrière, son univers et ses inspirations. Interview.

Quel a été le déclic après plus de 20 ans comme journaliste dans l’émission emblématique de TF1 Téléfoot pour vous lancer dans l’écriture de ce deuxième roman?

Que le premier roman (L’Homme Gris, Éditions Black-Out, 2015), édité dans une petite maison de province et pas distribué dans les FNAC et librairies a pourtant fait l’objet d’une chronique incroyablement positive dans Paris Match qui dit textuellement que mon univers navigue « entre Chabrol et Céline » … Je me suis dit que j’avais peut-être quelques facilités dans ce domaine et qu’il fallait continuer.

Vous êtes édité chez Plon dans une collection qui s’appelle Sang Neuf. Ça fait quel effet de démarrer cette nouvelle carrière?

Du stress ! Compte tenu du prestige de Plon, j’angoisse à l’idée de ne pas vendre le minimum « requis » d’environ 1500 exemplaires. Je n’espère pas devenir une star ou un auteur « bankable », mais simplement que Plon ne regrette pas de m’avoir publié… Du coup je me suis créé un compte twitter pour l’occasion, quelques semaines avant la sortie et je pense que je l’utilise dans l’urgence et maladroitement…

Pourquoi le choix du roman de genre et du polar en particulier ?

J’écris tout simplement ce que j’aimerai lire… C’est-à-dire autre chose qu’un meurtre, un flic qui n’a jamais vu aussi horrible en vingt ans de carrière, un assassin insaisissable car très intelligent… J’ai l’impression qu’il n’y a (presque) que ça. Chez moi, il n’y a pas de meurtre (ou pas volontairement), pas de flics (ou juste des gendarmes blasés). Et des types simples qui pourraient être vos voisins et qui basculent à cause d’un élément déclencheur qui perturbe leur quotidien étriqué. J’ai adopté avec gourmandise les termes de « polar rural » et « univers poisseux » d’un chroniqueur littéraire qui a écrit une critique très positive sur son blog.

Quelles ont été vos principales inspirations pour le choix du sujet de Au Pays des Barbares ?

Mes voyages au bout de la France, lors des matchs de Coupe notamment. J’y ai rencontré des supporters pour qui leurs vies changeaient subitement parce que leur bled anonyme rencontrait un club de ligue 1… Je me suis rendu compte que cet événement comblait un manque et que, par opposition, le reste de l’année, il devait y avoir de la frustration et du vide… Et j’ai mélangé tout ça pour en faire ce roman.

Plonger votre intrigue dans l’univers du foot c’était une évidence?

Pas forcément, parce qu’il n’y a pas l’ombre d’un ballon dans le premier, il n’y en aura pas dans le prochain. Mais comme je connais un peu le sujet, il fallait que je l’exploite à un moment donné !

Pourquoi situer le roman dans les Ardennes? C’est un endroit qui vous est familier?

Non. J’avais besoin d’un cadre « bout du monde ». Pas de grande ville à proximité, un petit bourg avec trois rues, un bar, dans lequel certains peuvent finir par tourner en rond… Cela aurait pu être la Creuse, les Hautes-Alpes ou la Manche, comme le précédent roman. J’ai choisi les Ardennes. Je n’ai rien contre cette région ni contre ses habitants. D’ailleurs, pour ne pas vexer un éventuel lecteur de là-bas, j’ai inventé le nom du patelin.

Quels sont les auteurs qui vous ont donné envie d’écrire?

J’ai dévoré des SAS quand j’avais 15-20 ans. Les descriptions chirurgicales, le sentiment de voyager, de « voir » le livre plus que de le lire, le cynisme avec lequel sont dépeints les personnages tous plus malsains les uns que les autres, les rebondissements permanents…m’ont donné envie d’écrire.

Le cinéma, les séries télé ont t-ils également été sources d’inspiration et quels sont vos goûts en la matière?

Trois films avec un univers dont j’essaie de m’approcher m’ont scotché. L’été en pente douce (Gérard Krawczyk ,1987) avec Bacri et Villeret, Série Noire (Alain Corneau, 1979) avec Dewaere et Les Granges Brûlées (Jean Chapot, 1973) avec Delon et Signoret.

Quels sont vos prochains projets?

Être adapté en film n’est pas un projet mais juste un rêve. Pour l’instant… Je sais qu’un producteur réputé a lu le précédent L’Homme Gris, qu’on devrait se voir bientôt et qu’un autre lira celui-ci en fin d’été… Mais il a plein d’écrivains qui méritent que leur roman ait une deuxième vie. Donc je reste calme et lucide. Pour être plus terre à terre, mon projet est simplement de satisfaire Plon pour écrire sereinement le prochain !

Propos recueillis par Fred Teper

Au Pays des Barbares – Éditions Plon – Collection Sang Neuf

Retrouvez Fabrice David sur Twitter: @FDavidTelefoot

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