Critiques

LES DEMOISELLES DU TÉLÉPHONE (Critique Saison 1) Un peu brouillonne mais pleine de bonnes intentions…

SYNOPSIS: Être une femme en 1928 n’était pas simple. Grâce à leur travail de standardiste, quatre jeunes femmes en quête d’indépendance créent une relation qui va changer leur vie. 

Netflix poursuit inlassablement ses rêves de conquête internationale. Après une production “made in Mexico” (Club de Cuervos), une autre tentative au Portugal avec 3% et le très regrettable Marseille en France, voilà que la compagnie américaine se lance à l’assaut de l’Espagne avec Las Chicas del Cable (Cable Girls en anglais et Les Demoiselles du Téléphone en français) et diffuse la première saison de seize épisodes en deux temps: les huit premiers sont sortis en avril 2017 et les huit autres en décembre. Une deuxième/troisième saison, c’est selon, est déjà en préparation avec une date de diffusion prévue cette année. Aux commandes de cette première série 100% espagnole, produite en partenariat avec Bambú Producciones, on retrouve les scénaristes Ramón Campos et Teresa Fernández-Valdés, ayant déjà collaboré sur la Grand Hotel et Gema R. Neira, qui avait travaillé sur Velvet Collection, deux autres projets de la boîte espagnole. Les Demoiselles du Téléphone se déroule à Madrid, à la fin des années vingt, alors que les premières vagues du féminisme et le communisme roulent dans les rues d’Espagne et que l’ombre de la dictature franquiste se profile à l’horizon.

Francisco et Alba, deux adolescents d’une quinzaine d’années follement épris l’un de l’autre sont brutalement séparés sur le quai d’une gare et se retrouvent presque par hasard, dix ans plus tard. Francisco (Yón Gonzalez) est directeur d’une entreprise de téléphones, un poste qu’il partage avec Carlos Cifuentes (Martiño Rivas), fils du propriétaire de la compagnie Don Ricardo Cifuentes (Simón Andreu). Le patriarche voit Francisco comme un second fils, non seulement parce que ce dernier a épousé Elisa(Ángela Cremonte), la fille de Don Ricardo et sœur de Carlos, mais parce que le fils Cifuentes semble plus intéressé par les jupons qui passent que par l’entreprise familiale. Alba (Blanca Suárez), quant à elle, est dans une position bien plus précaire. Son passé est mystérieux, louche, criminel, et il ne faudra qu’un épisode pour comprendre qu’elle doit beaucoup d’argent à un policier corrompu. Elle se fait donc engager à la compagnie de téléphone sous un nom d’emprunt, celui de Lidia Aguilar avec l’idée de piquer dans le coffre-fort, mais la présence de son amour de jeunesse, celui qu’elle n’a jamais réussi à oublier, va lui mettre des bâtons dans les roues. On est à la fin des années 20, et le poste d’opératrice de téléphone est très prisé des jeunes filles en tous genres. Lidia va y rencontrer Ángeles (Maggie Civantos), la mère de famille qui trouve dans son travail un moyen de s’évader du rôle de mère et d’épouse dans lequel son mari Mario (Sergio Mur) veut, bon gré mal gré, la forcer à entrer, ainsi que Carlota (Ana Fernández), gosse de riche pour qui le travail est synonyme d’indépendance, et Marga (Nadia de Santiago), toute fraîche débarquée de sa province et mal à l’aise dans la grande ville. Bien que récalcitrante au départ, Lidia va vite se lier d’amitié avec ces trois-là et ces demoiselles auront bien besoin du soutien des unes et des autres pour faire face aux innombrables péripéties qui les attendent.

Les Demoiselles du Téléphone a la chance de bénéficier d’un casting presque parfait, avec le retour de trois des acteurs principaux du très bon El Internado, et avec deux ou trois nouveaux venus qui, il faut le dire, ont encore des choses à apprendre. Si l’intrigue est un peu simpliste et se prend parfois à radoter sur la grandeur du destin, du droit à choisir et du progrès qu’on n’arrête pas, on pardonne bien vite à la série son apparente naïveté. Parce que malgré ses allures de premier acte de comédie romantique, et ses détours un peu abrupts du côté des classiques du film noir, la série touche à de nombreux sujets: l’amour, la modernité, la sexualité, le féminisme, l’indépendance, les droits des travailleurs et la répression qui, absente de l’intrigue elle-même, pèse sur l’histoire d’Espagne avec tout l’attirail des oiseaux de mauvais augure. Une série un peu brouillonne donc, mais pleine de bonnes intentions, et plutôt divertissante. Du solide pour la première production madrilène de Netflix.

Crédits: Netflix

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