Critiques Cinéma

THE LAND (Critique)

SYNOPSIS: Quatre adolescents passent leur été à errer dans les rues de Cleveland, Ohio, en espérant atteindre un jour leur rêve : devenir skateur professionnel. Mais quand ils tombent dans les filets de trafiquants locaux, la drogue et l’argent facile vont éprouver leur amitié et mettre leurs vies en danger.Quatre adolescents passent leur été à vouloir réaliser leur rêve : devenir skateboarders professionnels.

Grâce à ce premier film, le réalisateur afro-américain Steven Caple Jr. a hérité de la lourde tâche de réaliser Creed 2, la suite du film de Ryan Coogler (Black Panther) en 2019 . Le cas de Caple Jr. est très symptomatique de la nouvelle façon qu’à Hollywood de chercher des réalisateurs très peu expérimentés, mis dans une case « indépendant » pour les lâcher ensuite sur des gros films pour un résultat souvent très médiocre, le réalisateur se trouvant au milieu de tous ces financiers-producteurs qui lui laissent très peu de liberté. Espérons que Caple Jr. ait plus de chance que Josh Trank, Patty Jenkins, Alan Taylor, Taika Waititi ou encore Jon Watts. A l’instar de l’imparfait mais néanmoins intéressant Fruitvale Station, premier film de Coogler, Caple Jr. décide de traiter de la jeunesse américaine banlieusarde exclus du rêve américain. The Land suit la trajectoire de quatre lycéens fans de skateboard qui souhaitent quitter leur quartier pauvre de Cleveland en vivant de leur passion. Malheureusement, tout ne va pas se passer comme prévu.

Toujours difficile de rester totalement neutre devant des films qui s’attaquent à des genres qui ont déjà connu des réussites totales par le passé et ont même réussi à vampiriser le genre. Lorsqu’on parle de film ou de série sur une jeunesse désœuvrée touchée par le trafic de drogue dans les quartiers pauvres américains, on pense à Boyz N The Hood côté cinéma mais c’est surtout la série de David Simon The Wire qui est devenue la référence ultime. En cinq saisons, le showrunner parviendra à décrire scrupuleusement tous les aspects de la ville de Baltimore à travers le féroce trafic de dogue qui y sévit. Michael K. Williams, l’emblématique Omar Little de The Wire, joue d’ailleurs un petit rôle dans cette production. On pense directement à cette série lors des dix premières minutes de The Land avec ses familles déchirées, ses quartiers laissés à l’abandon et la violence inhérente à ses ghettos. Malgré la tournure chorale de cette histoire, le metteur en scène se fixe sur le jeune Cisco (Jorge Lendeborg Jr.), leader de cette bande de jeunes lycéens.

La particularité pour ce genre de film est de soit outrepasser les défauts intrinsèquement liés au projet soit s’attarder sur la sincérité de la démarche du réalisateur. On penche plus pour le second choix car on sent chez le metteur en scène une vraie empathie pour ses personnages avec une vraie caractérisation. Il les filme de manière très simple avec une magnifique bande-son hip-hop qui rajoute à cette immersion et évite l’ultra stylisation qui pourrait être associé à un tel film. Caple Jr. ne tombe pas non plus dans le panneau du misérabilisme et le donneur de leçons : chaque individu a le pouvoir de décider de son destin et il le démontre très bien notamment avec le personnage de l’oncle-cuisinier ancien alcoolique repenti qui est toujours à deux doigts de retomber dans ses travers. On est enfin toujours fasciné par la construction de cette société américaine où l’argent est mis au centre de toute existence, où l’individu est prêt à prendre toutes les risques, y compris pour sa famille, afin de sortir de sa condition sociale. Caple Jr. nous le rappelle frontalement tout le long du film, notamment lors d’une fête dans un appartement luxueux.

Le principal défaut du film est l’histoire un peu trop simpliste autour de ce vol de drogue effectué par les quatre lycéens. On ne sent pas un vent de nouveauté dans le traitement de cette histoire qui n’a pas l’air non plus de passionner le réalisateur et donc n’arrive pas à embarquer le spectateur. La seule trouvaille est le personnage de la matronne (Linda Emmond) qui, bien que moins glaçante que la mère castratrice d’Animal Kingdom de David Michod, réussit à imposer une certaine stature à ce rôle de patronne discrète de la mafia. On ressent une part cachée d’humanité qui n’est pas courant dans ce genre de film et la relation créée avec Cisco est ainsi très bien vue. La soif d’une rédemption des personnages dans ce chaos nous laisse pencher vers une vision un peu optimiste contrairement à ce qu’on aurait pu penser. A noter que les acteurs sont tous très crédibles dans leurs compositions de jeunes adultes voulant dévorer la vie et les adultes qui se sont déjà cramés les ailes. Ce The Land reste donc une vraie belle découverte.

Titre Original: THE LAND

Réalisé par: Steven Capple Jr.

Casting : Moises Arias, Michael Kenneth Williams, Jorge Lendeborg Jr. …

Genre: Drame

Sortie le:  08 Juin 2018

Distribué par: e-cinema.com

TRÈS BIEN

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