Critiques Cinéma

WESTWORLD (Critique Saison 2 Épisodes 2×01 – 2×03) Le voyage continue…

SYNOPSIS: Le chaos règne sur le parc de Westworld après la révolte des hôtes qui comptent bien se venger des humains

On ne vous la présente plus : c’est l’une des meilleures séries du moment, et ce, alors que l’on vit des années extraordinaires en termes de production à la télévision. HBO peut se vanter de toujours avoir eu du nez, et de Sex and the City à Game of Thrones en passant par Les Sopranos et Insecure, la chaîne américaine n’a pas son pareil pour dénicher les perles rares qui se transformeront en phénomènes cultes. Westworld avait bien des promesses à remplir avant la diffusion de son premier épisode en décembre 2016 : adaptée du film de Michael Crichton, produite par l’incomparable J.J. Abrams (et une foule d’autres producteurs) et créée par Lisa Joy et Jonathan Nolan (le petit frère de Christopher), qui a aussi réalisé quelques épisodes, la série avait a priori tout pour devenir ou un carton mondial, ou un énorme navet. Heureusement pour tout le monde, la première option s’est révélée être la bonne, et HBO n’a pas perdu de temps à renouveler Westworld pour une deuxième saison, ce qui nous amène à aujourd’hui.

Petit rappel pour ceux qui en auraient besoin : Westworld se déroule au centre d’une espèce de parc d’attraction pour millionnaires, où tout un chacun peut prendre des “vacances” au milieu du Far West. Le parc offre différents parcours qui coïncident avec différentes histoires interprétées par des robots qui nous ressemblent comme deux gouttes d’eau. Ces êtres mécaniques sont là pour assouvir tous les fantasmes des humains : sexuels bien sûr, mais aussi tout ce qui relève davantage de la narration. Vous voulez vous sentir comme un héros ? Le parc a une demoiselle en détresse qui n’attend que vous. Vous avez toujours rêvé d’être pris au beau milieu d’un fusillade entre bandits attaquant une diligence ? On va vous arranger ça. Vous vous êtes toujours demandé ce qu’on ressentait quand on tuait un autre être humain ? Ça tombe bien, ici, vous avez le droit de tirer sur littéralement tout ce qui bouge. Tout va bien dans le meilleur des mondes, et même si le meilleur des mondes s’apparente un peu au paradis des psychopathes, les vacanciers peuvent se rassurer : les robots ne ressentent rien. Rien du tout. Jusqu’au jour où une mise à jour crée un bug et tout à coup, les choses prennent une tout autre envergure. On ne vous en dira pas plus pour ne pas vous gâchez le plaisir, mais sachez que l’intrigue s’améliore d’épisode en épisode, pour décoller carrément au cours du septième épisode.

Cette nouvelle saison démarre sur les chapeaux de roues : la prise de conscience des robots ne pouvait que les mener sur le chemin de la révolte vu comment ils étaient traités par les humains. Dolores, (Evan Rachel Wood), la demoiselle en détresse mentionnée plus haut mène la danse avec une détermination farouche, dans une trajectoire qui n’est pas sans rappeler celle de Frankenstein. Dolores est suivie de près dans son “éveil” par Teddy (James Marsden), le “good guy” et Maeve (Thandie Newton), prostituée-en-chef du monde de Westworld, qui a bien l’intention d’étancher sa soif de vengeance, dans un élan digne d’œdipe ou d’Electre, et qui n’est pas sans rappeler les grands mouvements sociaux du moment. En effet, l’évolution du personnage de Maeve s’inscrit parfaitement dans la zeitgeist à une époque où les victimes de harcèlement et d’abus sexuels ont enfin droit à la parole. Du côté visuel, la série est un régal pour les yeux, sublimement photographiée, et il est impossible de résister à la beauté des images qui défilent majestueusement sur l’écran. Même les scènes les plus violentes sont filmées avec un sens de l’esthétique indéniable (un commentaire méta-théâtral sur la série en elle-même et notre fascination pour la tragédie peut-être ?). Plus que le parc d’attraction de l’intrigue, Westworld est avant tout un voyage, dans le temps, dans l’espace, et aussi au fin fond de la psyché humaine, qui reste, encore et toujours, la dernière frontière.

Crédits: HBO / OCS

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s