Critiques

LES 7 VÉRITÉS (Critique Mini-Série) Un script ambitieux mais complexe…

SYNOPSIS: Pourquoi Simon Heywood a-t-il « enlevé » le fils de son amour de jeunesse à la sortie de l’école ? En six épisodes et autant de perspectives sur l’incident, une série australienne à suspense qui explore avec finesse la complexité des relations humaines.

Seven Types of Ambiguity (devenu Les 7 Vérités en version française), c’est à l’origine le titre d’un roman écrit par Elliott Perlman, un auteur australien souvent qualifié de “post-grunge” fasciné par les zones d’ombre de l’âme humaine. Le roman, écrit du point de vue de sept personnages différents, se prêtait assez bien, par sa structure complexe et son sujet énigmatique, à une adaptation télévisée. C’est désormais chose faite, avec cette série éponyme, produite par Tony Ayres et Amanda Higgs, diffusée en 2017 sur les ondes australiennes. Écrite par Jacquelin Perske, Jonathan Gavin et Marieke Harky, Les 7 Vérités la série consacre un épisode à six des personnages principaux, offrant à chacun d’entre eux une heure de perspective et d’exploration, mais choisissant de laisser planer le doute sur la septième et dernière mystérieuse vérité. Un choix intelligent et justifié, mais qui, par nature, pourra en frustrer certains. La multiplicité des points de vue est un mécanisme qui vaut toujours la peine d’être exploré, mais le manque de réponses, du moins jusqu’au dernier épisode, testera la patience des plus fougueux. On vous aura prévenus.

Joe Marin (Alex Dimitrades) est courtier dans la haute finance et prépare un gros coup : un deal monstrueux avec le multimillionnaire Donald Sheere (Andrew McFarlane). Puis un jour, son fils Sam (Harrison Molly) est kidnappé à la sortie de l’école, avant d’être retourné à la directrice en moins de vingt-quatre heures. Le kidnappeur s’appelle Simon Heywood (Xavier Samuel) et il s’agit de l’ex-petit ami d’Anna Marin (Leeanna Walsman), l’épouse de Joe et mère de Sam. La police ne tarde pas à lui découvrir une complice, une certaine Angela (Andrea Demetriades), qui elle, a un lien caché avec Joe. Ce dernier tente d’utiliser l’attention médiatique dont sa famille fait l’objet à son avantage, mais le mystère semble s’épaissir d’épisode en épisode, se perdant en tours, détours et révélations plus ou moins scandaleuses, et Joe, Anna, et tous les autres, ne tardent pas à craquer sous la pression. Parce que la grande question qui se pose au cœur de la mini-série n’est pas “qui est le coupable” (un problème résolu assez vite) mais : ”pourquoi a-t-il commis le crime” ? Pourquoi diable un ancien petit ami irait kidnapper le fils d’un amour de jeunesse pour rendre l’enfant à ses parents au bout de quelques heures ? Un rapport avec ce gros deal sur lequel Joe travaille ? Après tout, rien de tel que l’attention des médias pour attirer l’œil d’un investisseur au portefeuille bien rempli, mais reste toujours cette impression de malaise, ce sentiment que quelque chose d’autre se joue dans les coulisses.

Les 7 vérités bénéficie d’un script ambitieux, mais dont la complexité même pourra décourager ceux qui ne se sentiront ni l’envie, ni le courage de démêler les fils de l’intrigue, un peu brouillonne en surface. C’est le grand risque avec les thrillers : il faut que la clé du mystère justifie les heures d’agonies endurées pour la trouver. La série est extrêmement bien réalisée, avec une image polie, grisâtre, très stylisée, qui, si elle n’atteint pas forcément ses objectifs en matière d’angoisse et de suspense, galvanise une intrigue qui s’empêtre un tout petit peu dans son besoin d’exposer, nécessaire car intrinsèquement lié à la structure de chaque épisode, mais malheureusement un peu répétitif. Les acteurs sont, dans l’ensemble, très justes, mais on prendra cinq minutes pour noter la prestation d’Hugo Weaving, absolument parfait dans le rôle d’Alex Klima, psychiatre du kidnappeur, persuadé que son patient n’agit que par amour pour la mère de l’enfant. Le fait que la série se penche davantage sur les motivations du criminel que sur la logistique du crime la distingue des schémas classiques du polar, même si elle n’arrive pas à en éviter tous les clichés, formant un récit d’ensemble cohérent et assez intéressant. A vous de voir si la réponse à toutes vos questions vaut le coup de supporter le rythme lancinant et les longues scènes d’exposition.

Crédits: Arte

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