Critiques Cinéma

CASABLANCA (Critique)

Casablanca affiche cliff and co

SYNOPSIS: A Casablanca, pendant la Seconde Guerre mondiale, le night-club le plus couru de la ville est tenu par Rick Blaine, un Américain en exil. Mais l’établissement sert également de refuge à ceux qui voudraient se procurer les papiers nécessaires pour quitter le pays. Lorsque Rick voit débarquer un soir le dissident politique Victor Laszlo et son épouse Ilsa, quelle n’est pas sa surprise de retrouver dans ces circonstances le grand amour de sa vie… 

Il fallait une sacrée plume, celle des jumeaux Epstein en l’occurrence (qui furent secondés par Howard Kosh et Casey Robinson), pour mêler si habilement dans le même film (qui est en fait l’adaptation d’une pièce à succès signée par Joan Alison et Murray Burnett) un triangle amoureux épineux formé par la guerre, un petit jeu pervers du chat et de la souris où la morale le dispute à la politique, et une histoire d’amour entrée dans la légende du 7ème art, tout en faisant exister de tels personnages à l’écran, campés entre autres par deux monstres sacrés : Ingrid Bergman et Humphrey Bogart. Michael Curtiz réalise un film à l’atmosphère tout à la fois nerveuse et languissante, électrique et indolente, en plaçant le cœur de ces retrouvailles tumultueuses à Casablanca, ville oasienne prétendument hors du temps, effleurée par la Seconde Mondiale, où se retrouvent piégés dissidents politiques (Paul Henreid) ou simples civils fuyant le conflit, et dont le point de mire se trouve outre-Atlantique : l’Amérique. En attente de visas, cette clique hétéroclite déambule dans les rues animées de la cité marocaine, et les plus fortunés viennent s’enivrer chaque soir chez Rick, fastueux tripot américain accompagné au piano-voix par l’emblématique Sam (Dooley Wilson), tandis que le jovial Carl (S. Z. Sakall) s’empresse auprès des tablées et que la roulette tourne allègrement au salon privé. Subtilement décadent, baigné d’une ambiance savamment surannée, le Rick’s se pose comme une parenthèse insouciante au monde où le maître des lieux peut s’y laisser aller au cynisme, et où l’on traite de la guerre avec une légèreté de façade. C’est là qu’est venu se perdre Richard Blaine (Humphrey Bogart) pour d’obscures raisons, tout aussi obscures que son humeur, et c’est là que ses démons vont pourtant se rappeler à son bon souvenir et, contre toute attente, le contraindre à se retrouver en même temps qu’Isla (Ingrid Bergman), un bien joli fantôme du passé, pousse la porte de son bar.

Tant de moments splendides habitent ce film et lui confèrent son aura iconique. Comme la scène où l’on entend presque le cœur de Rick se briser sur le quai d’une gare, à la lecture d’une lettre qui paraît elle-même fondre en larmes sous une pluie battante… Et celle, galvanisante, durant laquelle le IIIème Reich se voit réduit au silence par un hymne national scandé fièrement par la clientèle de chez Rick, nostalgique des jours libres dans le beau Paris. Ou encore l’instant où le regard de Bogart se pose pour la première fois sur Bergman, un regard dans lequel on peut lire tous les espoirs déçus d’un amour passé, et perdu. Et que dire du final, déchirant, sublime, parfait en somme, qui conclut magistralement le dilemme sur lequel tout le film repose ?

casablanca 2 cliff and co

Michael Curtiz signe un véritable chef-d’œuvre, une romance poignante, et diablement glamour aussi, de celles que l’on ne voit plus passer que dans de trop rares La La Land, où il n’est question que de cœur, et de tout ce qu’il peut contenir de bien plus grand que lui. Une romance corsée par le contexte géopolitique de l’époque (Casablanca est alors gouverné par le régime de Vichy), et par les relations faites de duperies réciproques entre les antagonistes (Claude Rains et Conrad Veidt), qui marchent sur des œufs en permanence de crainte de déclencher les hostilités, les contraignant à faire perpétuellement évoluer leurs stratégies pour subsister… et triompher, le cas échéant. Un climat qui confère au film, en marge de sa mélancolie amoureuse, une certaine tension qui tient tous nos sens en éveil, dans l’expectative d’un retournement de situation final magistral.

casablanca 3 cliff and co

Casablanca fait non seulement partie des trésors les plus précieux du cinéma, mais aussi de ces films vitrines qui ont donné le La à tant d’autres œuvres après lui. Un classique fondateur dont on peut, encore aujourd’hui, tirer une formidable source d’inspiration, et qui a influencé tant d’autres réalisateurs depuis lors. En tout état de cause, Casablanca est une œuvre charnière, un lieu commun du cinéma d’où l’on peut se prendre à rêver à de nombreuses destinées et à autant de périples contrariés, négligemment attablé chez Rick, le cœur plein à craquer et le regard perdu dans le vague tandis que Sam entame au piano As Time Goes By. Mythique.

Titre Original: CASABLANCA

Réalisé par: Michael Curtiz

Casting : Humphrey Bogart, Ingrid Bergman, Paul Henreid …

Genre: Romance, Drame

Sortie le: 23 janvier 1943

Distribué par : –

CHEF-D’ŒUVRE

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