Critiques

SAM (Critique Saison 2) Un nouveau souffle pour une série atypique et vivante…

SYNOPSIS: Sam est mère célibataire et professeur de français au collège. Ses élèves l’apprécient énormément pour sa franchise et ses idées politiquement incorrectes, mais ses actions provoquent de nombreuses plaintes et l’indignation des parents… Et côté vie privée, rien n’est simple non plus. Sam a en effet du mal à gérer l’éducation de ses propres enfants, et le retour de sa mère, après vingt ans d’absence, ainsi que des retrouvailles avec son amour de jeunesse, vont venir tout chambouler…

Lorsque l’on avait découvert la saison 1 de Sam en mai 2016, adaptation de la série danoise Rita avec Mathilde Seigner dans le rôle titre et alors que la complice de la comédienne et réalisatrice de la série, Valérie Guignabodet venait de décéder, on avait été surpris et agacé d’entendre l’actrice déclarer en promotion qu’elle ne souhaitait pas poursuivre pour une éventuelle saison 2. Si son émotion et sa tristesse d’avoir perdu celle qui l’avait embarquée dans l’aventure étaient légitimes, les raisons avancées par Mathilde Seigner laissaient perplexes. En substance, trop de fatigue et trop de travail et surtout de quoi mettre dans l’embarras la chaine qui devait prendre une décision. Soit stopper net la série, soit remplacer l’héroïne par une autre comédienne. Si les exemples français n’ont pas toujours convaincu le public (Clara Sheller par exemple ou dans une moindre mesure Falco où un nouveau personnage faisait son arrivée à la place du héros) le récent Le Tueur du Lac a démontré qu’il était tout à fait possible de réussir ce pari risqué. Aussi pour cette seconde saison exit Mathilde Seigner et bienvenue à Natacha Lindinger (Hard, Le Maître du Zodiaque...). Si la première saison de Sam nous avait séduit c’était notamment parce que le personnage collait magnifiquement à la personnalité délurée de Mathilde Seigner et qu’elle lui conférait son tempérament de feu, tantôt séduisant, tantôt agaçant. Soyons rassurés, non seulement Natacha Lindinger s’empare du personnage avec une générosité et une impétuosité ultra séduisantes mais surtout elle ne singe jamais Mathilde Seigner, elle s’y substitue et réussit l’exploit de nous faire oublier sa devancière par un jeu plus empreint de gravité. L’anticonformisme du personnage se déplie au fil des six nouveaux épisodes et Natacha Lindinger apporte un charme et une énergie renversantes confortés par un regard troublant et une sensualité dévorante. Elle aspire l’attention et en vient même à presque éclipser la plupart de ses partenaires à son corps défendant. C’est donc un choix gagnant que d’avoir misé sur la comédienne qui prouve qu’elle a une très large palette de jeu à sa disposition.

Niveau écriture cette saison a été confiée aux bons soins de Clara Bourreau et Cécile Lugiez avec la participation de Stéphanie Tchou-Cotta et la série parvient à naviguer entre les larmes et les sourires, instillant une mélancolie au détour des épisodes mais sans jamais oublier d’être drôle et rythmée. La série reste dans l’ADN de la chaine à savoir familiale et grand public mais Sam conserve son franc parler et sa manière de ruer dans les brancards avec une modernité et une vraie irrévérence. Les thématiques abordées dans cette nouvelle saison, du harcèlement scolaire au mal-être adolescent en passant par un fil rouge concernant un jeune élève en plein marasme familial, ne révolutionnent pas le genre mais sont traitées de manière relativement subtiles provoquant pour la plupart l’empathie et l’intérêt tandis que les dialogues mis dans la bouche des adolescents sonnent la plupart du temps assez juste ce qui n’est pas un mince exploit. A la réalisation, Gabriel Aghion (Pédale Douce, La vie devant elles...) apporte sa sensibilité et sa propension à filmer juste des scènes chorales ou plus intimes.

Autour de Natacha Lindinger on retrouve Fred Testot, Charlotte Gaccio ou encore Fanny Gilles et un nouveau professeur fait son arrivée sous les traits de l’excellent Michaël Cohen qui rivalise de charme et de justesse dans un rôle moins caricatural que celui du séducteur qu’il semble incarner au premier abord. On regrettera que le personnage de Charlotte Gaccio n’ait pas plus de densité ou que celui de Fanny Gilles manque de subtilité et pousse la comédienne à surjouer notamment dans les épisodes 5 et 6. Mais ça n’empêche pas cette seconde saison de surpasser la saison une. Si les ultimes épisodes semblent préparer une nouvelle redistribution des rôles pour une éventuelle saison 3, il reste que l’arrivée de Natacha Lindinger dans Sam apporte un nouveau souffle à une série atypique et vivante.

Crédits: TF1

 

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