Critiques Cinéma

SANTA & CIE (Critique)

SYNOPSIS: Rien ne va plus à l’approche du réveillon : les 92 000 lutins chargés de fabriquer les cadeaux des enfants tombent tous malades en même temps ! C’est un coup dur pour Santa (Claus), plus connu sous le nom de Père Noël… il n’a pas le choix : il doit se rendre d’urgence sur Terre avec ses rennes pour chercher un remède. À son arrivée, il devra trouver des alliés pour l’aider à sauver la magie de Noël.

Santa & Cie marque le retour tant attendu d’Alain Chabat derrière la caméra, 5 ans après avoir marché Sur La Piste du Marsupilami qui avait divisé les spectateurs, entre l’humour bon enfant pas toujours réussi, la fidélité contestable à la BD de Franquin et la Chabat touch dans les dialogues, apartés parodiques et autres références geek ne se mélangeaient pas forcément très bien. Cette fois ci, il s’attaque à un genre quasi vierge en France mais plébiscité à Hollywood : le film de Noël. Et avant d’aller plus loin dans cette critique, à tous les cyniques et autres adultes ayant perdu leurs âmes d’enfant, passez votre chemin. Ce film est un ode à la rêverie, fait pour les gamins (certes de tout âges mais des gamins quand même) par des grands gamins, dans la plus pure tradition et esprit de Noël. Aux sceptiques de tout poil et rabat joie, le réalisateur/scénariste/acteur annonce la couleur avant même que le film commence : l’histoire racontée est inspirée d’une histoire vraie, la note d’intention semble claire !

Des esprits chagrins pourraient trouver le film décousu et être déçu de sa sensibilité trop familiale, de l’absence de prise de risque dans le propos ou du manque d’anarchie dans l’humour si cher à son auteur. Mais c’est faire un faux procès à ce film qui avant d’être une comédie d’Alain Chabat est un film de Noël d’Alain Chabat. Ce dernier se fait plaisir et revisite le mythe de Noël de fond en comble en ayant pour bonne idée de raconter non pas l’éternelle histoire d’un gamin parti rencontrer le père Noël mais d’adopter le point de vue de ce dernier devant partir à la rencontre des humains. Car finalement, si nous connaissons tous les légendes autour du Père Noël, que sait-il de nous ? Il ne vient à notre rencontre qu’une fois dans l’année et encore de nuit, ce qui l’empêche de nous rencontrer ! Ce postulat de base servira une bonne partie de l’humour du film, jouant sur le constant décalage entre ses connaissances de nos mœurs et nos connaissances de sa vie, notamment dans sa méconnaissance des enfants alors qu’il « travaille » pour eux toute l’année. Si le comique de situation fait mouche, Chabat ne délaisse pas non plus tout ce qu’on adore dans ses précédents films comme sa science des dialogues (de très belles trouvailles dans la manière de jurer de son personnage), ses persos secondaires barrés (le duo de flic campé par le Palmashow) et des idées visuelles farfelues.

Toute la partie au Pôle Nord est une merveille d’inventivité et de direction artistique, faisant étonnamment penser à un croisement entre l’univers de Michel Gondry et la chocolaterie de Willy Wonka ou les lutins viendraient remplacer les truculents Oompa loompas. Mais ce qui est aussi appréciable, c’est la maturité qu’a acquis Chabat dans l’écriture et qui se symbolise par la famille d’accueil du Père Noël, campé par le couple Marmai/Farahani et leurs 2 gamins (tous excellents). Rarement on aura vu une famille aussi réaliste à l’écran cette année en salles. Ce genre de famille ou l’on parle tout le temps mais ou on ne s’écoute pas parler, qui galère autant qu’elle se soutient et où les gamins sont à la fois des trésors et parfois des plaies… Bref, une famille normale avec son lot d’emmerdes et d’amour quotidien. On sent toute la tendresse derrière ses personnages car on ne rigole pas d’eux et de leurs mésaventures, mais avec eux. Et c’est finalement là qu’on retrouve tout l’esprit de Noël ! Doté d’une générosité sans égale dans son imagination débridée (impressionnant travail des effets spéciaux, le film en met pleins les yeux pour un budget moindre que les productions US) et sa poésie burlesque, Chabat signe un merveilleux conte où l’important dans Noël ce n’est pas l’aspect commercial (il y a d’ailleurs un propos anticapitaliste assez incongru mais fun) de la fête mais de conserver ce goût de l’émerveillement enfantin, l’amour pour ses proches et l’idée vertueuse que faire le bien autour de soi te sera rendu.

Si le film n’a pas le génie de la mise en scène d’un Zemeckis avec son Pôle Express, de l’humour comme un Maman J’ai Raté l’Avion ou l’émotion de La Vie Est Belle, Santa & Cie veut jouer dans cette cour là des films de Noël drôle, touchant, n’ayant pas peur du premier degré pour ravir les petits comme les grands et force est de constater que le pari est réussi. Face à cette proposition de cinéma assez dingue dans un contexte ou la comédie française n’est pas au meilleur de sa forme et se replie souvent sur elle même, on espère une hotte débordante de spectateurs pour la fin d’année de notre nouveau Santa préféré et pourquoi pas un succès en dehors de notre frontière (l’universalité de son propos et l’exotisme de Paris pour ce genre de production pourrait lui offrir un beau succès à l’étranger s’il est bien distribué).

Titre Original: SANTA & CIE

Réalisé par: Alain Chabat

Casting : Alain Chabat, Audrey Tautou, Pio Marmai…

Genre: Comédie

Sortie le: 06 décembre 2017

Distribué par: Gaumont Distribution

EXCELLENT

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