J'ai quelque chose à vous dire...

J’ai quelque chose à vous dire… Johnny Hallyday

Cher Johnny Hallyday,

Je n’ai pas pour habitude d’écrire aux chanteurs dans ces colonnes, mais si vous étiez une immense star de la chanson française, LA seule et véritable icône de notre pays, vous aviez imprégné notre culture populaire de part et d’autre, du cinéma à la télévision en passant par les scènes de la France entière. C’est la tristesse qui m’accompagne en écrivant ces lignes, car je vous aimais Johnny, d’un amour déraisonnable de fan assidu, de celui qui aimait vos triomphes comme vos échecs, qui appréciait de vous écouter indéfiniment évidemment mais aussi de vous voir -trop rarement- au cinéma ou à la télévision où vous irradiez d’un charisme hors du commun. Vous étiez impressionnant, doté d’un talent hors normes qui n’avait de cesse de nous éblouir. Quels que soient vos choix, j’étais là pour vous suivre dans vos aventures, vous avez accompagné ma vie aussi loin que je m’en souvienne. Votre personnalité unique, les chiffres absolument incroyables qui s’attachent à votre carrière tout bonnement exceptionnelle, vous nous laissez un héritage phénoménal. Je me souviens vous avoir croisé lors d’une avant-première dans un cinéma parisien et de l’immense aura qui se dégageait de vous, du silence teinté d’admiration et de respect qui s’attachait à vos pas. Si en tant que fan du chanteur vous rythmez forcément la bande originale de ma vie avec des dizaines et des dizaines de vos tubes (Quelque chose de Tennessee, Rock’n Roll attitude, Je te promets, Gabrielle, L’Envie, Laura, Marie, Et puis je sais, Je suis né dans la rue…), je vous ai aimé au cinéma que ce soit dans vos collaborations avec votre ami Claude Lelouch (L’Aventure c’est l’aventure, Salaud on t’aime et Chacun sa vie), dans Pourquoi pas moi? de Stéphane Giusti, dans L’Homme du train de Patrice Leconte, dans Jean-Philippe de Laurent Tuel, jusque dans vos apparitions savoureuses dans L’Animal de Claude Zidi, dans Papparazzi d’Alain Berbérian ou dans Rock’n Roll de Guillaume Canet.

On vous guettait autant sur les scènes et au cinéma que dans vos apparitions télévisées, aussi quand en 1989 vous avez été la vedette d’une série intitulée David Lansky, en tant qu’admirateur, nous ne pouvions être qu’au rendez-vous. Quoique l’on pense du résultat final, c’était à l’époque un évènement, tout comme le fut votre rôle dans un épisode de Commissaire Moulin (Kidnapping) où, dans un rôle de bad guy, vous donniez la réplique à votre ami Yves Rénier. Votre appétence pour le jeu se ressentait, votre œil pétillait, vous étiez friand de ne pas être que vous et même si les réalisateurs ont parfois eu du mal à vous donner des rôles vraiment différents de celui que vous étiez dans la vie, vous étiez un comédien magnifique, qui, si la chanson vous en avait donné le temps, aurait pu rencontrer un jour le véritable rôle de sa vie.

Il faut croire que votre rôle c’était de nous émouvoir et de nous accompagner par delà les décennies, de poursuivre le chemin que vous aviez initié, qui était d’être une superstar absolue, que l’outrance (dans les tenues, dans les entrées en scène, dans le mode de vie) ne rendait jamais ridicule, car s’attachait à vos pas, cet amour et ce respect immodéré que vous aviez pour votre public. Aujourd’hui, ceux qui ne vous aimaient pas ou qui n’étaient pas sensibles à votre talent s’offusquent des hommages en cascade qui vous sont rendus, mais, si c’est bien leur droit, ils n’ont juste pas compris que vous étiez définitivement à part, un artiste indémodable qui pouvait tout se permettre et que l’amour déraisonnable que l’on pouvait vous porter, « il vient de là, il vient du blues ». Je garde en mémoire vos chansons, votre timbre si caractéristique, votre chaleur, votre immense générosité d’artiste, je garde en moi les frissons et les bonheurs en cascades que vous m’avez occasionnés, je garde en moi votre oeil qui brille, votre sourire… Vous n’êtes pas mort Johnny car vous vivez en nous pour toujours et que la poussière d’étoiles qui tombe du ciel illumine encore un peu nos âmes de votre présence.

Votre dévoué Fred Teper

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