Critiques

YOUNGER (Critique Saison 3) Un plaisir aussi agréable que frivole…

SYNOPSIS: Une mère de famille du New Jersey, fraîchement célibataire, décide de mentir sur son âge afin de se donner plus de chances de retrouver du travail. Avec un peu de chance, et de maquillage, elle réussit à paraître vingt ans plus jeune…

Younger, la dernière série de Darren Starr, créateur de Sex and the City et saint patron des séries sur la jet-set de Manhattan, semblerait avoir enfin trouvé sa place au soleil. A l’issue d’une première saison un peu bancale qui, sous couvert de satire de la discrimination envers les plus âgés, faisait malencontreusement figure de critique virulente des millenials, Younger a dû s’efforcer de redresser le cap durant la saison deux puisque sa stratégie de départ s’était vite révélée plutôt risquée. Difficile en effet de vendre à un acheteur qu’on déprécie. Nul besoin de s’inquiéter cependant, puisque Darren Starr a très vite remis la série en selle, laissant de côté ses aspirations philosophiques pour se transformer en l’une des comédies les plus loufoques du moment. On vous souhaite la bienvenue donc, dans l’entreprise d’Empire Publishing, une maison d’édition qui refuse de passer au Kindle et qui n’a visiblement pas l’habitude de faire la moindre recherche sur leurs candidats avant de les engager. C’est grâce à ce manque apparent de méfiance que Liza (Sutton Foster), décroche son poste d’assistante : en mentant sur son âge, affirmant qu’elle a vingt-six ans et revient d’un long voyage en Inde alors qu’elle est en réalité une femme divorcée de quarante ans.

La prémisse de départ est un peu légère, certes. D’autant que, pour Liza, la plupart des obstacles qui pointent le bout de leur nez sont rapidement balayés par la présence d’amis aux comptes en banque bien remplis, sorte de marraine la bonne fée des années 2010. Le meilleur exemple est sans doute celui de Maggie (Debi Mazar), une artiste peintre qui vit dans un loft à Williamsburg, le genre d’appartement qui se loue à près de 6,000 dollars par mois, et qui offre d’héberger Liza gratuitement (faudra bien, parce qu’avec son salaire d’assistante, Liza ne parviendra jamais à payer ne serait-ce que le quart du loyer). Puis il y a aussi Kelsey Peters (Hillary Duff) l’ancienne assistante récemment promue, désormais à la tête de sa propre branche qui se lie d’amitié avec notre héroïne, bien qu’elle ignore tout de sa véritable identité. Comme il faut bien compliquer un peu ce qui ressemble à s’y méprendre à un conte de fées moderne, voilà que Liza est tiraillée entre deux hommes : le jeune Josh (Nico Tortorella) artiste tatoueur qui n’a aucun problème avec leur différence d’âge et le patron de la maison d’édition Charles (Peter Hermann) qui la trouve bien attirante mais croit toujours qu’elle n’a que vingt-six ans. Ah, et puis, suivons donc la règle de trois, et rajoutons l’ex-mari Richard (Mather Zickel), convaincu qu’il lui faut reconquérir Liza par tous les moyens, et vous aurez la parfaite incarnation de la vie d’une jeune fille ordinaire. Une vision fantaisiste de la vie de la vie des twenty-something du vingt-et-unième siècle, donc, au point d’en devenir parfois carrément chimérique.

Trêve d’ironie, malgré ses idées biscornues sur la jeunesse et le monde du travail, Younger fait preuve d’une telle énergie et un tel sens de l’autodérision, qu’on ne peut pas en vouloir à la série d’être bâtie sur une montagne d’illusions. Les acteurs s’amusent comme des petits fous et leur plaisir est communicatif. La photographie est vernie, colorée, tout à fait dans la lignée de Cashmere Mafia et autres versions fictives du Fempire (contraction pour « female empire »). Les épisodes puisent allègrement dans les évènements culturels actuels, de la folie Game of Thrones aux innovations de Silicon Valley en passant par le phénomène de YouTubeur et tous les bars trendy de Brooklyn. Une série qui se présente davantage comme une ré-imagination de la réalité que comme un commentaire ironique sur la réalité en question et qui, malgré son envie évidente d’être à la pointe de la zeitgeist, reste, volontairement ou pas, presque totalement inconsciente (on remarquera notamment l’absence totale d’acteurs non-Blancs, et ce, dans l’une des villes les plus cosmopolites du monde). Bref, un plaisir aussi agréable que frivole, à prendre avec un grain de sel, lorsque à l’inverse d’Hercule Poirot, on a décidé de ne PAS faire travailler nos petites cellules grises.

Crédits: Téva / TV Land

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