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YOUNG SHELDON (Critique Saison 1 Episode 1) Young Sheldon rate son coup en beauté…

SYNOPSIS: Dans ce prequel de The Big Bang Theory centré sur la jeunesse de Sheldon Cooper, le jeune prodige, doué d’une intelligence sans pareil pour les sciences et les mathématiques, apprend à ses dépens que ces qualités ne sont pas d’une grande aide dans l’est du Texas, où l’Eglise et le football sont rois. Très vite, sa différence impacte les membres de sa famille. Et lorsqu’il intègre, à l’âge de 9 ans, le lycée, le jeune garçon, vulnérable et naïf, va devoir faire face au monde qui l’entoure.

Chuck Lorre est l’un des producteurs de télévision les plus puissants de Hollywood, à tel point ses navets les plus navrants (Disjointed) ne parviennent pas à éclabousser ses succès les plus fulgurants (Mon Oncle Charlie, Mom et bien sûr, The Big Bang Theory). Quoi de plus naturel donc, pour le roi de la sitcom américaine, que de vouloir étendre son empire, afin d’un jour, peut-être rivaliser au firmament des producteurs illustres avec le légendaire Norman Lear ? C’est certainement cette ambition assumée qui a mené à la création de Young Sheldon, un spin-off en forme de préquel de The Big Bang Theory, centré sur la jeunesse de son personnage le plus original : Sheldon Cooper, interprété dans la série-mère par l’excellent Jim Parsons. La série-fille ne peut pas compter sur la personnalité de l’acteur, puisque le jeune Sheldon a neuf ans, mais elle se rattrape en lui confiant une voix off qui va nous narrer, comme un vieux conte que l’on écoute au coin du feu de cheminée comment un enfant extraordinaire est devenu l’un des scientifiques les plus brillants et les plus exaspérants de sa génération.

C’est Iain Armitage, que certains reconnaîtront sans doute comme le Ziggy de Big Little Lies, qui enfile les chemises à carreaux et les nœuds papillons de Sheldon Cooper. Le jeune Sheldon grandit au Texas, au milieu d’une famille chrétienne religieuse, entouré d’un frère et d’une sœur qui ne le comprennent pas et, comme beaucoup d’enfants brillants, dans un système scolaire qui tient davantage à lui rabattre le caquet qu’à lui apprendre des choses. Ce traumatisme infantile s’était révélé une riche mine pour les blagues de The Big Bang Theory, où les quatre héros s’étaient retrouvés liés par les abus qu’ils avaient subi à l’école. Mais ce qui fait rire à l’âge adulte, une fois qu’on a grandi, mûri et trouvé un cercle social qui vous accepte, s’avère plus difficile à avaler quand il s’agit d’un enfant, un enfant trop sûr de lui, qui souffre d’un manque d’empathie et qui a du mal avec les situations sociales, ce qui le rend crispant au possible, parfois carrément odieux, mais c’est un enfant quand même. Et c’est là le problème principal de Young Sheldon : ce qui fonctionne très bien avec un adulte se casse la figure avec un gamin. Un personnage histrionique d’une trentaine d’années fait rire, mais le même personnage à l’âge de neuf ans prend l’aspect d’une figure plus tragique, isolé comme il l’est dans une famille qui semble, à l’exception de sa mère, être incapable, ou peu motivée par l’idée de soutenir l’être atypique qu’est Sheldon Cooper.

Mais parlons-en de la mère, justement. Zoe Perry, qui incarne Mary Cooper, est de loin l’actrice la plus juste et la plus captivante de toute la distribution, peignant le portrait d’une femme dépassée par les capacités de son fils et fermement décidée à lui donner toutes les chances. Le Texas n’est pas un état connu pour ses positions libérales et progressistes (c’est l’un des sièges du Klu Klux Klan, un vigoureux  opposant au droit à l’avortement et à la contraception, et l’un des coins les plus religieux des US), et donc sans doute l’un des pires environnements pour un enfant pas comme les autres. Mary fait de son mieux pour défendre son fils, attaqué de toutes parts et parfois de manière complètement irresponsable de la part des adultes, à l’image de son professeur qui veut renvoyer Sheldon parce qu’il a remarqué qu’elle avait de la moustache. Si la comédie s’était intitulée Mary Cooper et se focalisait davantage sur la vie quotidienne de cette femme religieuse aux prises avec une situation plutôt unique, on aurait pu trouver la spin-off divertissante. Mais malgré ce qui part certainement de très bonnes intentions, Young Sheldon rate son coup en beauté.

Crédits : CBS

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