Critiques

OUTLANDER (Critique Saison 3 Épisodes 3×01 & 3×02) Un beau voyage dans l’espace et le temps…

SYNOPSIS: Claire est retournée à son époque, en 1948, enceinte de Jamie qui l’a renvoyé alors que la bataille de Culloden se prépare. Elle va essayer de tourner la page des trois ans passés au XVIIIe siècle, retrouvant son mari Frank sans pour autant oublier Jamie, qui a miraculeusement survécu à l’affrontement grâce à des alliés inattendus.

Outlander, série phare de la chaîne Starz et darling des convention de fans, a sans doute son lot de défauts, mais personne ne pourra jamais accuser la série d’être barbante: de l’Angleterre des années 40 à l’Écosse du XVIIIème siècle, en passant par la révolution sexuelle à Harvard dans les années soixante et les couloirs de Versailles au bon vieux temps de la Du Barry, le mélodrame politico-psycho-fantastico-romantico-progressiste n’en finit jamais d’enrichir son intrigue et de pousser ses personnages à bout, les forçant à confronter les grands actes de l’Histoire et leurs tragédies personnelles. La saison deux avait élargi l’espace en entraînant nos deux héros sur le continent, et cette année, Ronald D. Moore et ses scénaristes ont rajouté une variante puisque la troisième saison multiplie les chronologies et avance par à-coups, en avant où à reculons, suivant le point de vue de l’épisode. Une stratégie qui ravit les fans, certes, mais qui risque de décourager le spectateur détaché qui voulait seulement savoir un peu de quoi il s’agissait.

Vu que l’on nage dans une intrigue un peu alambiquée, commençons par une remise à niveau : Outlander suit Claire (Caitriona Balfe), infirmière de talent ayant servi dans les rangs britanniques durant la Seconde Guerre Mondiale, qui décide, après l’armistice de partir en voyage de noces avec son mari Frank (Tobias Menzies). Le couple part donc en Écosse, où Frank, professeur d’histoire, veut retrouver la trace de l’un de ses ancêtres, le capitaine Jack Randall, dit Black Jack. C’est lors de ce voyage dans les Highlands que Claire tombe sur un cercle de pierres mystérieuses qui la propulsent dans le passé, dans les années 1740, où elle rencontre un jeune écossais du nom de Jamie Fraser, (Sam Heughan) avec qui elle va vivre une histoire passionnée au rythme des révolutions avortées et des sursauts de l’Histoire. La série a beau reposer en grande partie sur la relation entre Claire et Jamie, elle se heurte régulièrement à des questions existentielles et à une galerie de personnages secondaire savoureux qui trouvent tous que, oui, bien sûr, c’est beau l’amour, mais on a quand même d’autres chats à fouetter. Sans vouloir vous spoiler le plaisir, la troisième saison se divise en deux temps différents : un pour notre héros et l’autre pour notre héroïne, séparés l’un de l’autre, et faisant face à leurs lots de difficultés. Jamie se remet (ou tente de se remettre, ce qui n’est pas forcément évident) des affres de la bataille de Culloden ayant opposé les Jacobites aux Anglais, et Claire baigne dans le sexisme ordinaire des grandes universités qui pensent qu’il est totalement ridicule qu’une femme ait jamais l’ambition de devenir chirurgien (soit dit en passant, le visage de Caitriona Balfe dans ces scènes-là est un vrai poème de rage contenue). Bref, rien n’est facile pour nos tourtereaux, et les spectateurs qui espéraient que leur séparation serait de courte durée vont devoir prendre leur mal en patience. C’est connu, Outlander adore torturer son public.

Comme d’habitude, on retrouve une image ravissante, une musique ensorcelante et une distribution qui a l’air décidé à atteindre des sommets de subtilité. De ces deux premiers épisodes, on retiendra la performance de Laura Donelly, qui joue Jamie Fraser, la sœur de Jamie, une femme à la peau dure et au cœur doux et celle du tout jeune Romann Berrux, qui se glisse dans le pourpoint délavé de Fergus, jeune français que Jamie avait rencontré lors de la seconde saison et qui a l’air bien parti pour rester avec nos héros quelques temps. La saison trois s’aligne avec les saisons précédentes et prend son temps avec ses personnages et son intrigue avant d’accélérer la cadence, un fait qui pourrait être exaspérant dans d’autres séries, mais qui, dans le cas d’Outlander, est sans doute bienvenu. Un beau voyage dans l’espace et le temps, qui n’a pas fini de ravir le spectateur.

Crédits: Starz

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s