Critiques

SEX & THE SERIES (Critique Série Documentaire) Un aperçu captivant

SYNOPSIS: En donnant la parole aux actrices, showrunneuses, réalisatrices, et autres talents, chaque documen­taire interroge la construction d’une sexualité et ses résonances. Grâce à la multiplication de personnages de femmes complexes et décomplexées depuis les années 2000, les séries mettent en scène une pluralité de sexualités féminines, révélant nos désirs, nos peurs les plus profondes, nos fantasmes et nos tabous. De The L Word , en passant par Girls, Masters of Sex, Fleabag ou encore Transparent, elles osent enfin montrer ce dont nos sociétés occidentales ont encore parfois du mal à parler. La série documentaire Sex and the Series enquête sur la représentation de la sexualité de cinq héroïnes à l’écran. Au menu, les questions de féminisme, d’éducation au plaisir, de l’image du corps féminin et de violences liées au sexe.

C’était en 1998. Un raz-de-marée culturel, intitulé Sex and the City, série adaptée du best-seller éponyme de Candace Bushnell s’abattait sur les télévisions du monde entier, se transformant depuis en l’une des grandes pierres angulaires de la télévision moderne ; la preuve, treize ans après le clap de fin, on en parle encore. C’est à cette fiction si emblématique que la réalisatrice Iris Brey fait donc référence dans sa série (qui fut auparavant un livre) intitulée Sex & the series qui se penche sur la façon dont on parle de sexe, et plus particulièrement de sexe féminin à la télé depuis que Carrie Bradshaw et ses copines délurées ont décomplexé tout le monde. Iris Brey se penche sur cinq personnages féminins des dernières années et fait parler leurs créatrices, leurs réalisateurs et leurs acteurs de ce qui rend la vie sexuelle de ces femmes si fascinante. Un aperçu captivant dans la psyché de personnages qui représentent, chacune à leur manière, l’évolution de la sexualité féminine et de(s) identité(s) sexuelle(s) à l’écran.

Épisode 1 : Maura Pfefferman, l’héroïne transgenre de Transparent.
Interviews de Jeffrey Tambor (Maura), Trace Lysette (Shea) et Our Lady J (scénariste)
Couronnée de deux Golden Globes et d’une belle quantité d’Emmys, la série de Jill Holloway, se penche sur la vie d’une famille dont le père est transgenre. Première série de son acabit, Transparent aborde des sujets pas forcément faciles, que l’on voit rarement à la télévision et dont on parle généralement très peu. Une façon pudique et délicate de représenter une partie de la communauté LGBT qui, malheureusement, est encore loin de bénéficier du même regard bienveillant et de la même tolérance que la communauté hétérosexuelle.

Épisode 2 : Marnie Michaels, la control freak de Girls.
Interviews d’Allison Williams (Marnie), Alex Karpovsky (Ray), Richard Shepard (réalisateur) et Jamie Babbit (réalisatrice)
Très peu de séries peuvent se vanter d’avoir eu l’impact de Girls. La génération Y, les millenials comme disent les américains, se jettent sur cette fiction écrite par l’un des leurs (sa créatrice Lena Dunham n’a que vingt-six ans lorsque la série débarque sur HBO en 2012) et la série ne cesse de faire couler l’encre. Dans cet épisode, on s’intéresse à la trajectoire de Marnie, sans doute le personnage de la série qui a le plus grand besoin de contrôle et pour qui le sexe n’est pas toujours forcément une partie de plaisir.

Épisode 3 : Virginia Johnson, l’un des deux piliers scientifiques de Masters of Sex
Interviews de Lizzy Caplan (Virginia), Michelle Ashford (créatrice et showrunner) et Thomas Maier (biographe de Virginia Johnson et William Master)
Diffusée de 2013 à 2016, en pleine époque Mad Men, la série se fait remarquer par son penchant féministe qui fait figure de contrepoids aux aventures de Don Draper. Pour les non-initiés, Masters et Johnson furent deux scientifiques, pionniers de la recherche sexuelle aux États-Unis, les premiers à étudier le sexe d’un point de vue physiologique. Alors qu’aujourd’hui le mot « féministe » perd de plus en plus de ses connotations péjoratives, Masters of Sex se revendique comme faisant partie du mouvement et attire les louanges de la critique par la même occasion.

Épisode 4 : Fleabag, personnage central de Fleabag
Interviews de Phoebe Waller-Bridge (Fleabag), Lydia Hampson (productrice) et Vicky Jones (showrunner)
Fleabag, c’est l’adaptation télévisée du one-woman show de Phoebe Waller-Bridge, actrice, auteure, productrice et l’une des comiques les plus captivante de sa génération. Pour Fleabag, le personnage, le sexe n’a rien de simple : c’est un acte lié presque davantage à son éducation et ses névroses qu’à son désir, et son approche est irrémédiablement influencée par la pornographie qu’elle consomme régulièrement. Une vision un peu douce-amère sans doute, mais qui sonne très vrai et qui, par la beauté de son écriture, se paie le luxe de ne jamais tomber dans la caricature.

Épisode 5 : Jenny Schecter, l’ingénue pas si ingénue que ça de The L Word
Interviews de Mia Kirshner (Jenny), Ilene Chaiken (créatrice et showrunner), Jamie Babbit (réalisatrice) et Rose Troche (réalisatrice)
En 2004, alors que la télévision est en pleine expansion, la créatrice Ilene Chaiken se lance dans un pari un peu fou : écrire une série sur un groupe de lesbiennes vivant à Los Angeles, vu au travers des yeux de Jenny, son héroïne bisexuelle qui se découvre, au fil des saisons, de plus en plus attirée par les femmes et de moins en moins attirée par les hommes. Cette pérégrination sur le chemin de la découverte de soi (un sexual awakening comme disent les américains) fascine le public et fait de Jenny un symbole à part dans le paysage de l’époque.

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