J'ai quelque chose à vous dire...

J’ai quelque chose à vous dire… Roger Moore (Hommage)

Cher Roger Moore,

J’apprends aujourd’hui avec une tristesse infinie votre disparition à l’âge vénérable de 89 ans. Et indépendamment de la peine que je ressens en apprenant cette nouvelle c’est tout un pan de mon enfance qui m’a sautée au visage avec virulence. Car vous avez fait partie de mes héros, monsieur, je vous ai aimé, je vous ai adulé, je vous ai imité, je vous ai regardé à m’en bruler la rétine, je vous ai admiré, vous avez fait partie de ces gens qui ont compté dans mon parcours cinéphilique et de sériephile et je n’ai pas aujourd’hui envie de rétro pédaler vis à vis de mon admiration sous prétexte que mon esprit critique s’est affûté avec le temps. Mon coup de foudre pour vous prend racine dans deux des personnages emblématiques que vous avez incarné et qui ont été deux de mes héros quand je n’étais encore qu’un enfant avec tous ses rêves, sa naïveté, ses espoirs et ses fantasmes. Comme pour tous ceux nés au carrefour des années 70 et 80 vous avez été le James Bond de mon enfance, cet agent secret que je regardais courir autour du globe, séduire des femmes sublimes, porter des costumes parfaitement coupés, une vanne au bord des lèvres et le poing toujours prêt à aller à la rencontre d’un menton adverse. Vous étiez mon héros car vous étiez héroïque, invulnérable, séduisant et pétillant, drôle et spirituel, fort et intelligent. Je vous regardais avec des étoiles dans les yeux comme on le fait avec ses idoles qui posent leur empreinte sur vos vies par devers eux et pour toujours. Mais si vous étiez « mon » James Bond, vous avez surtout à mes yeux été le Brett Sinclair de mes rêves, celui que j’adorais pour sa classe folle, sa séduction et son sens de l’à-propos à un âge où l’on ne distingue qu’à peine que la voix qu’on vous associe n’est pas réellement la vôtre mais celle du merveilleux Claude Bertrand.

Alors oui je jouais à être Brett Sinclair, je fumais des cigares imaginaires, je me voyais au volant de l’Aston Martin DBS V8 Orange immatriculée BS1, je me voyais élégant dans des costumes parfaitement coupés comme vous l’étiez, je balançais des coups de poing dans le vent en remettant en place une mèche de cheveux récalcitrante qui n’existait pas, j’imitais vos postures, tentait de me réapproprier les répliques françaises de votre personnage. Mais je n’avais d’yeux que pour vous, vous avez ancré votre parcours d’acteur dans ma vie d’enfant par l’intermédiaire de James Bond et de Brett Sinclair. On mésestime souvent le pouvoir des héros qu’on adule lors de notre plus jeune âge, de la place prépondérante qu’ils se sont faits dans notre imaginaire, de l’amour incommensurable qu’on va leur porter ad vitam æternam. Je vous ai forcément suivi dans d’autres aventures cher Roger Moore, vous ai admiré en Simon Templar dans Le Saint ou en Ivanhoé, vu et revu certains de vos films (Le Commando de sa Majesté, L’équipée du Cannonball), n’était tenté par certains autres que parce que vous y participiez (Les Oies Sauvages, Les Loups de Haute Mer, Bons Baisers d’Athènes, Les Séducteurs…), mais au final je l’avoue je revenais toujours à James Bond et à Lord Brett Sinclair. Le temps a passé, les années se sont écoulées, les idoles se sont multipliées, mais vous êtes encore et pour toujours dans mon cœur. Je ne pouvais pas vous laisser partir sans vous dire cher Roger Moore, que où que vous soyez, le regard enamouré d’un petit garçon admiratif vous contemplera toujours.

Votre dévoué Fred Teper

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