Critiques Cinéma

LA BELLE ET LA BÊTE (Critique)

SYNOPSIS : Fin du XVIIIè siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S’étant perdu une nuit dans la fôret, ce dernier se réfugie au château de la Bête, qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant tremblant d’amour pour elle, mais victime d’une terrible malédiction. 

Inutile de vous résumer l’histoire, ni de vous resituer le contexte de production dans lequel s’est lancé la maison Disney depuis quelques années. On a tous en mémoire le classique absolu de 1991, et la perfection narrative qu’avaient approché les studios avec l’adaptation haute en couleurs du conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont. A l’inverse d’un Maléfique (Robert Stromberg – 2014) par exemple, qui s’attachait à développer la légende d’un personnage emblématique finalement assez méconnu, La Belle et la Bête a déjà marqué durablement les esprits. S’attaquer à sa relecture en live action représentait donc un sacré challenge en soi. Surtout quand on la confie à Bill Condon, dont on se souvient avec un certain effroi qu’il a signé les deux derniers volets de la saga Twilight

Très vite, le soulagement est de mise : le maître mot de ce film est « fidélité ». Le déroulement de l’histoire, les personnages caractéristiques, les lieux… tout, absolument tout – jusqu’aux morceaux originaux, à peine revisités – a été conservé pour faire de ce film la copie conforme en plus grand que grand du dessin animé. Difficile de ne pas recevoir l’assentiment général en réutilisant l’intégralité des ingrédients qui ont fait mouche en 1991. A cet égard, le choix des interprètes pèse lourd dans la balance, à commencer par Emma Watson, sublime, à qui le rôle de Belle semblait dévolu. Luke Evans campe un Gaston plus vrai que nature, tandis qu’un Kevin Kline hirsute compose avec plus de nuance « ce vieux fou de Maurice ». On a poussé l’attention aux détails jusqu’à aller caster les beaux yeux bleus de la Bête en la personne de Dan Stevens, lequel incarne idéalement le prince vaniteux au début du conte. Le cast réserve par ailleurs quelques savoureuses surprises en fin de long-métrage…

On n’est guère surpris, donc, devant ce live action de La Belle et la Bête. Certains se délecteront de cette nouvelle « version », confortable et familière. D’autres crieront à l’inutilité autre que financière d’une pareille production en forme de bis repetita placent. Pourtant, si Disney a misé sur un savant jeu de miroirs entre son animé et son film, on ne peut pas leur reprocher de n’avoir rien « tenté ». A commencer par le contexte, redéfini très précisément, dans lequel s’inscrit le conte. Ici, on restitue l’histoire à son auteure française. Il est question de Paris, avec une évocation en début de film de ce à quoi ressemblait un bal à la Cour, de Villeneuve, le fameux petit village où « les jours se tiennent immobiles », et même des guerres de successions dont revient Gaston. Par ailleurs, si Disney se veut fidèle à son œuvre, il se veut aussi plus proche de celle de Leprince de Beaumont, en se réappropriant la requête originelle de Belle à son père d’une simple rose en présent au retour de son voyage. Un souhait qui, on le sait, va conduire les événements à s’emballer, en même temps que Belle est en lutte avec le souvenir d’un passé insouciant. Mais c’est dans le traitement d’un personnage secondaire que Disney se révèle le plus audacieux : celui de Le Fou, interprété par l’emballant Josh Gad, qui révèle une personnalité (et des préférences) bien plus assumée, dont la réhabilitation (à demi-mots) détonne de façon réjouissante dans l’univers encore trop policé de la maison aux grandes oreilles. Fait inédit, Le Fou fait de l’ombre au flamboyant Gaston, amuse et séduit par son esprit et son penchant désormais non dissimulé pour le rustre officier. Le clin d’œil se poursuit avec le travestissement par Mme de Garderobe de trois « mousquetaires » dont l’un, loin de s’en effaroucher, en paraît libéré, délivré… Un petit pas pour nous, certes, mais un bond de géant pour Disney.

Le tout est évidemment livré en 3D, et force est de constater que le film – qui s’appréciera d’autant plus en V.O. – réserve effectivement quelques plans très légitimes dans ce format. Le traitement des objets enchantés est l’une des grandes réussites techniques de La Belle et la Bête, en même temps que la figuration de la lente érosion du château de la Bête, assujetti au flétrissement de la rose enchantée. La représentation de la Bête elle-même reste assez attendue : pas de trait de génie de ce côté, le personnage étant la copie quasi conforme de son homologue animé. Dans l’idée, la Bête de Christophe Gans (2014) avait quelque chose de plus résolument bestial, de plus organique. Ici, elle reste assez curieusement désincarnée, éloignée de tout aspect transgressif : on reste chez Disney quand-même. C’est sans doute à ce stade de la réflexion que l’on peut se prendre à regretter une interprétation plus fouillée du conte, qui aurait sondé le fond de cette histoire un rien licencieuse : celle d’une jeune fille qui s’éprend de son geôlier, une bête qui plus est. Nous resterons ici dans le domaine du merveilleux, enchanteur et sage, maîtrisé et efficace. Un divertissement de qualité, peut-être impersonnel sur la forme, mais dont le socle, traité avec respect et dévotion, reste intact dans nos cœurs : l’Histoire Éternelle.

Titre Original: BEAUTY AND THE BEAST

Réalisé par: Bill Condon

Casting : Emma Watson, Dan Stevens, Luke Evans,

Josh Gad, Kevin Kline, Ewan McGregor…

Genre: Fantastique, Romance, Musical

Sortie le: 22 mars 2017

Distribué par: The Walt Disney Company France

4 STARS EXCELLENTEXCELLENT

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1 réponse »

  1. Je suis désolé et je suis énormément moins enthousiasme que vous,je dirai il s’agit d’un copier/coller du film animation qui est déjà un classique du cinéma et il s’agit le même réalisateur a fait les 2 derniers chapitres films de twilight et candyman 2.
    Et j’appelle ça du très mauvais faiseur.

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