Critiques Cinéma

MASSACRES DANS LE TRAIN FANTÔME (Critique)

4 STARS EXCELLENT

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SYNOPSIS: Deux jeunes couples d’amis décident de passer une soirée à la fête foraine qui vient juste de s’installer dans la région. Après avoir fait le tour de quelques attractions, ils se lancent le défi de passer la nuit dans le train fantôme. Une fois à l’intérieur, ils assistent à un meurtre brutal commis par un homme portant un masque du monstre de Frankenstein. Devenus des proies et piégés dans l’attraction, ils vont bientôt découvrir l’abomination qui se cache sous le masque du tueur.

Les années 70 ont vu l’émergence des slashers, qui aujourd’hui encore inondent les écrans de films qui pour la plupart supportent bien mal la comparaison avec leurs glorieux aînés, parmi lesquels Black Christmas (Bob Clarck, 1974), Halloween (John Carpenter, 1978) et ce qui reste comme le chef-d’oeuvre de la filmographie de Tobe Hooper (Massacre à la tronçonneuse, 1974). 7 ans plus tard, après s’être égaré en troquant la tronçonneuse pour un crocodile (le nanardesque Eaten Alive dont il quitta le tournage avant la fin) et s’être refait une virginité à la télévision, avec une adaptation réussie d’un roman de Stephen King, la mini série Salem’s lot ( avec James Mason et David Soul), Tobe Hooper revenait au genre qui fit sa gloire. Le titre français de The Funhouse peut induire en erreur. S’il bascule franchement dans le genre dans son dernier acte, Massacres dans le train fantôme, comme l’attraction dans laquelle il se déroule, prend surtout un malin plaisir à jouer sur la peur, avec une galerie de freaks comme les affectionne Hooper.

Par rapport aux autres slashers de cette époque, The Funhouse peut être vu, à notre sens, comme le premier slasher d’une deuxième génération qui assume et affiche déjà pleinement ses influences, allant jusqu’à les parodier à commencer par Psychose et la scène d’ouverture d’Halloween. Cette distance, ce jeu avec les codes du genre contribue beaucoup à rendre très sympathique un film qui par ailleurs repose sur une trame très classique et dont les rebondissements sont grandement facilités par les décisions hasardeuses de ses personnages archétypaux: Amy (Elizabeth Berridge) la jeune fille vierge qui transgresse le code de conduite imposé par sa famille, Buzz (Cooper Huckabee) le rebelle à la musculature avantageuse qui convoite sa virginité, Liz (Largo Woodruff) la copine délurée qui incite l’héroïne à ne pas lui résister et Richie, son petit ami au look de geek dont la curiosité va sceller le sort de ses camarades.

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Dès la scène d’introduction, on comprend que l’on n’est pas dans un slasher lambda se contentant de reproduire une formule. Hooper prend visiblement un malin plaisir, communicatif, à jouer avec les codes du genre et nos attentes. Avec ses masques, sa tête d’automate, ses posters de Frankenstein, de Dracula et ses armes blanches (un couteau, un fléau d’armes …) accrochés au mur, la chambre d’Amy ressemble plus à celle d’un fan d’horreur, potentiel boogeyman du film, qu’à celle de la jeune jeune fille vierge, victime idéale et un peu cruche du tueur masqué. Ce sens appréciable du détail se retrouve également dans le choix du film que regardent les parents d’Amy: La fiancée de Frankenstein (James Whale, 1935) qui ancre un peu plus le film dans un hommage à plusieurs générations de films d’horreur (des classiques d’Universal, à Psychose et Halloween). Hooper prend également son temps pour faire monter la tension, présenter une galerie de personnages inquiétants qui sème d’abord le doute sur l’identité du tueur mais confirme surtout son goût pour les freaks, trouvant dans cette fête foraine le lieu idéal pour l’exprimer. Cela se traduit par une première partie qui paraîtra longue à ceux qui n’espèrent/n’attendent que les meurtres promis par le titre français. De la liseuse de bonne aventure, au spectacle de magie dans lequel officie ce cher William Finley (l’inoubliable Winslow Leach de Phantom of the Paradise), à la foire aux animaux difformes, en passant par le spectacle très dénudé pour lequel la fille d’un forain donne de sa personne, Hooper prend son temps pour installer son cadre et le faire lentement glisser vers l’horreur. Il faut saluer la très belle photographie d’Andrew Laszlo (Les Guerriers de la nuit, Southern Comfort, Rambo) qui fait ressortir la palette très colorée de cette fête foraine qui contraste avec les beaux plans dans la semi obscurité du train fantôme. La mise en scène fluide et aérienne de Hooper participe également à immerger le spectateur dans cette ambiance festive mais déjà inquiétante et faire monter pour de bon l’angoisse, notamment lorsqu’un plan à la grue (« crane shot ») nous montre l’extinction des lumières de cette fête foraine dans laquelle Amy, Buzz, Liz, Richie et Joey décident de passer la nuit.

Lorsque le film tient enfin la promesse de son titre français, Hooper ne se montre pas moins inspiré et malin à commencer dans le choix qu’il fait pour incarner le tueur, incarnation horrifique du boogeyman masqué, cousin de Leatherface, dont le maquillage est l’œuvre de l’immense Rick Baker (Furie, Le Loup Garou de Londres, Altered states, Videodrome, Ed Wood, …). Pour incarner ce « tueur » qui contrairement à la tradition du slasher, s’attaque plus par vengeance que par hasard à ses victimes adolescentes, venues le débusquer dans son « antre », Tobe Hooper avait pensé à l’autre géant du maquillage, Rob Bottin (Fog, The Thing, Legend, Total Recall ..). Il choisira finalement le mime Wayne Doba qui 2 ans plus tard incarnera le clown Octavio du Babylon Club dans la cultissime scène de Scarface où les hommes de Frank Lopez tentèrent d’assassiner Tony Montana. Réussissant aussi parfaitement sa conclusion et notamment la confrontation attendue, Tobe Hooper signe un quasi sans faute pour un film qui, à défaut d’être majeur, est éminemment sympathique et même remarquable pour la façon dont il parvient à s’élever au-dessus du sous-genre du slasher et s’intégrer dans la grande tradition du cinéma d’horreur.

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Titre Original: THE FUNHOUSE

Réalisé par: Tobe Hooper

Casting :   Elizabeth Berridge, Shawn Carson, Jeanne Austin,

Jack McDermott, Cooper Huckabee, Largo Woodruff  …

Genre: Epouvante-Horreur, Thriller

Sortie le: 23 novembre 2016 en Blu-Ray et DVD

Distribué par: Elephant Films

4 STARS EXCELLENTEXCELLENT

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