Critiques

LA TRÊVE (Critique Saison 1) Sans temps mort

4 STARS EXCELLENT

LA TRÊVE AFFICHE CLIFF AND CO

SYNOPSIS: Yoann Peeters, 40 ans, est un homme sur le fil. Il ne travaille plus depuis la mort de sa femme, et a décidé de venir s’installer à Heiderfeld, le village de son enfance, avec sa fille Camille. Un poste s’est libéré à la police locale. Yoann y voit l’occasion de se mettre au vert et de prendre un nouveau départ. Mais la réalité fait rapidement irruption. Quelques jours après le carnaval, le corps d’un jeune footballeur togolais, Driss Assani, est retrouvé dans une rivière. Personne n’a l’expérience de ce genre d’enquête dans le village. Sauf lui. Alors que tout le monde se désintéresse du sort de ce gamin mort à des milliers de kilomètres de chez lui, Yoann Peeters se met à déterrer les secrets les plus enfouis de cette petite communauté qu’il connaît bien. Mais Yoann n’aurait pas dû reprendre le service si rapidement, pas sur une affaire de ce type, pas à cet endroit-là.

Découvert au dernier Festival Séries Mania, la série belge La Trêve débarque sur France 2 ce lundi 29 août pour une première saison de dix épisodes. La fiction belge francophone a le vent en poupe en ce moment en témoigne l’engouement pour la série Ennemi Public, elle aussi présentée à Séries Mania et couronnée du Prix du meilleur acteur ou pour l’accueil enthousiaste qui y a reçu Beau Séjour. L’arrivée de La Trêve sur le groupe France Télévisions est une excellente chose car au-delà de la qualité intrinsèque de la série, c’est la preuve qu’il existe en dehors des séries américaines, britanniques et françaises d’autres horizons à explorer. On l’avait déjà vu entre autres avec les fictions nordiques ou israéliennes, l’émergence de talents de par le monde et l’ouverture des chaines françaises pour sortir des sentiers qu’elles rebattent sans cesse, permet des découvertes passionnantes. Avec La Trêve, c’est à un polar noir de geai auquel on a à faire. Un polar qui en apparence explore des sentiers balisés mais qui les transcende par son traitement. Formellement, narrativement, par l’intermédiaire d’interprètes formidables, La Trêve n’invente rien, ne réinvente rien mais parvient par un équilibre proprement miraculeux à offrir une vision sans concessions d’un petit microcosme dont la série dessine en creux la cartographie et à trouver son ton propre et ses spécificités. Si la série fait parfois inévitablement penser à de prestigieux devanciers (Broadchurch, Twin Peaks), elle n’est pas dans le pastiche ou dans l’hommage appuyé qui lui serait forcément fatal.  Et c’est une excellente surprise, tant l’intrigue est bien ficelée, que chaque personnage avance ses pions et mène le téléspectateur face à des chausse-trappes et des faux semblants extrêmement bien agencés et crédibles.

L’écriture de La trêve est une vraie réussite. Œuvre commune de Benjamin d’Aoust, Stéphane Bergmans et Matthieu Donck (ce dernier est également à la réalisation), la trame narrative est superbement menée de bout en bout. En choisissant de faire de la victime non pas une figure idolâtrée par ce petit village et que chacun pourrait pleurer en toute quiétude mais au contraire un nouveau venu mal aimé, cela permet de dévoiler la noirceur des habitants, tous potentiellement suspects. Driss, la victime, devient ainsi le catalyseur des comportements des uns et des autres et se dévoilent ainsi petit à petit les attitudes déviantes, les mesquineries, la bêtise et la bassesse. Stratagème ingénieux qui permet de présenter une galerie de gueules absolument saisissante. Des personnages totalement incarnés physiquement par des comédiens qui en imposent mais aussi parfaitement caractérisés, du plus petit au plus important, chacun possédant suffisamment de chair et d’âme pour exister pleinement. En prenant appui sur une double timeline, la série épaissit également son mystère et favorise l’envie viscérale de savoir ce qui va arriver. Au-delà d’une écriture acérée, la réalisation complète parfaitement le tableau, appuyée par une splendide photographie et une utilisation judicieuse de paysages imposants et majestueux. On l’a dit, les personnages existent pleinement et ce grâce à une éblouissante distribution. Au premier rang, Yoann Blanc dans le rôle de l’inspecteur Peeters passe par toute une palette d’émotions et il fait bouger le curseur au gré des divers sentiments qu’il doit faire passer. Il est impressionnant dans la retenue la plus totale jusque dans l’excès de fureur. Autour de lui, Guillaume Kerbusch, Sophie Breyer, Jeremy Zagba, Jean-Henri Compère, Anne Coesens, Sophie Maréchal ou Lara Hubinont forment le noyau dur d’un casting renversant et qui n’est pas pour rien dans l’excellence de La trêve, portée également par un générique envoûtant et un thème entêtant signée du groupe Balthazar, The Man Who Owns The Place. Autre grosse qualité de la série, cette saison 1 propose une histoire bouclée sans poser plus de questions qu’elle n’offre de réponses et il faut se féliciter que les auteurs n’aient pas tentés d’étirer artificiellement leur mystère jusqu’à se perdre. La saison 2 de La trêve serait en développement. On l’attend de pied ferme.

Crédits: France 2 / RTBF

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