Critiques

W, TWO WORLDS (Critique) De main de maître

5 STARS CHEF D'OEUVRE

w two worlds affiche cliff and co

SYNOPSIS: Est-ce possible de vivre au même endroit, au même moment, mais dans une dimension complètement différente ? Oh Yeon Joo (Han Hye Joo) est un cardiologue résident. Un jour, son père, un célèbre créateur de bandes dessinées, disparaît soudainement puis, Yeon Joo est elle-même enlevée par un homme étrange, couvert de sang, et emmenée dans une autre dimension. Kang Chul (Lee Jong Suk) est un ancien champion olympique de tir et un millionnaire qui a réussi seul. Comment son monde va-t-il s’entrecroiser avec l’univers d’une autre dimension de Yeon Joo ? Kang Chul est-il le seul à pouvoir aider Yeon Joo à s’échapper de son univers parallèle ? « W » est une série télévisée sud-coréenne de 2016 réalisée par Jung Dae Yoon.

Le monde de la fiction télévisée (et le monde du récit en général) est avant tout un monde de formules. Une histoire se pose, se développe et se résout toujours selon des schémas bien établis et s’articule autour d’une structure souvent immuable et plus que facile à reconnaître pour le téléspectateur avisé. Que ce soit l’architecture de tragédie Shakespearienne d’un phénomène comme Breaking Bad ou le système classique du « problème de la semaine », une mécanique principalement utilisé dans les séries médicales et policières), une histoire qui se décline en épisodes se doit d’être agencée de manière solide, une armature narrative qui empêchera les péripéties de s’écrouler sous leur propre poids. Cependant, s’il est rassurant de savoir qu’il y a toujours un « patron » sous-jacent à n’importe quelle série, la redondance des effets et coups de théâtre peut devenir prévisible et le spectateur averti peut facilement perdre patience. On voit les rapprochements se faire trois épisodes avant qu’ils n’arrivent, on prédit la fin de la saison à partir du premier épisode et on finit par trouver les élucubrations du héros fatigantes. C’est triste à dire, mais parfois, le téléspectateur désenchanté est tellement blasé par la prévisibilité d’une histoire qu’il en perd de vue ce qui avait fait qu’il était tombé raide dingue des séries télévisées.

Et puis un jour arrive un histoire si somptueusement écrite, si splendidement réalisée, si uniquement faite que le téléspectateur désabusé replonge tête la première dans ses amours d’antan. Ce genre de coup de foudre télévisuel est rare, très rare, et se fait de plus en plus difficile à trouver en ces temps de productions à la chaîne. W, Two Worlds, minisérie (ou drama) coréenne est l’un de ces rares oiseaux qui ont de quoi ravir les plus blasés. Brillamment écrite par Song Jae-Jung, la série suit Kang Chul (Lee Jong-seok), un héros de la bande-dessinée W, ancien champion olympique de tir accusé d’avoir massacré sa famille et de Oh Yeon-joo (Han Hyo-joo), résidente en chirurgie dans un grand hôpital de Séoul et accessoirement fille de Oh Sung-Moo (Kim Eui-Sung) un dessinateur de webtoon (une bande dessinée publiée de façon hebdomadaire sur le web) auteur de la série à succès dont Kang Chul est le héros. Ça va, vous suivez toujours ? La situation se complique lorsque Sung-Moo décide, pour une raison mystérieuse, de tuer son héros et que Yeon-Joo se voit aspirée dans la BD afin de sauver la vie de Kang, et que ce dernier réalise que quelqu’un en veut à sa peau, premier pas vers une prise de conscience plutôt dangereuse pour un personnage de fiction.

On ne va pas vous en révéler plus sur l’intrigue, d’une part parce que c’est trop jouissif pour qu’on veuille vous gâcher le plaisir, mais d’autre part parce que le script est mené de main de maître et que cet article ne parviendrait pas à lui rendre justice. Le réalisateur Jung Dae-Yoon est relativement jeune (son premier film en tant que réalisateur remonte à 2010) mais son approche de l’histoire est bien rythmée et esthétiquement impeccable. Que ce soit dans les détails des couleurs et des formes qui différencient l’univers de la BD du monde réel, l’utilisation des effets spéciaux qui viennent rehausser les points forts de l’intrigue ou le savant mélange d’action, d’humour et de tragédie qui fait le zeste de la série, chaque épisode est un petit bijou de collaboration entre une scénariste géniale et un réalisateur ingénieux qui vous prend à la gorge et ne vous lâche plus. Et si les acteurs sont un peu en-dessous de ce qu’on était en droit d’espérer vu la qualité de la production, on leur pardonne aisément leur manque de charisme qui s’estompe devant la trajectoire des personnages. Aucune diffusion n’est prévue en France pour le moment mais la série sera bientôt accessible sur certains sites spécialisés (et l’est déjà pour les abonnés Viki). Il vous faudra faire avec les sous-titres mais s’il est une série qui vaut la peine, c’est bien celle-là.

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