Notre week-end vintage

Notre week-end vintage (Séries)

Régulièrement la rédaction séries des Chroniques de Cliffhanger & Co se réunit et fait chauffer le moteur du magnétoscope en direction de nos séries ou épisodes préférés d’un passé plus ou moins lointain et l’on vous fait partager nos week-end vintage…

CHARMED par Marine Sialelli

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3,5 STARS TRES BIEN

C’est en 1999 que les sœurs Halliwell font leur apparition sur les écrans français. Souvenez-vous, M6 avait lancé sa Trilogie du Samedi, adaptation hexagonale du format de NBC Thrillogy, en décembre 1997 et deux ans plus tard, diffusait la série Charmed, créée par Constance M. Burge et produite par celui qui était alors au top de la chaîne alimentaire de la télé américaine, le quasi légendaire Aaron Spelling. Mélange des genres (horreur, fantasy, romance), Charmed détonne très vite dans le paysage de la télévision, introduisant un trio de personnage féminins dans les rôles principaux et une réinvention de mythes divers et variés, ce qui lui vaudra d’être propulsé au rang de phénomène et de donner lieu plus tard à de nombreuses études universitaires.

L’histoire de Charmed, ça commence avec les sœurs Halliwell : Prue (Shannen Doherty), Piper (Holly Marie Combs) et Phoebe (Alyssa Milano), qui se retrouvent dans la maison de leur enfance peu après la mort de leur grand-mère. Elles ignorent toutes les trois qu’elles font partie d’une longue lignée de sorcières aux pouvoirs prodigieux, du moins jusqu’à ce que Phoebe trouve un vieux grimoire couvert de signes cabalistiques dans leur grenier. Naturellement, c’est la pleine lune, et Phoebe étant une complète néophyte question magie, elle décide de réciter l’une des formules à voix haute (elle n’a clairement pas vu non plus beaucoup de films d’horreur au cinéma). Le lendemain matin, Prue peut déplacer les objets par la pensée, Piper fige le temps, Phoebe a des prémonitions, et tous les sorciers et démons de l’enfer se mettent en tête de pourchasser les trois sœurs. Charmed va se poursuivre sur huit saisons, et bien que certains thèmes se développent au cours des 178 épisodes, la problématique reste la même : comment vivre une vie normale quand on a des pouvoirs surnaturels, un don pour se mettre dans le pétrin et des ennemis toujours plus nombreux qui tentent de toutes leurs forces de vous tuer ? Et lorsque Shannen Doherty quitte la série après trois saisons à cause de sa querelle très médiatisée avec Alyssa Milano, les scénaristes la remplacent vite fait par Paige (Rose McGowan), petite sœur cachée dont on ne savait rien et qui vient compléter le trio laissé vacant à la mort de Prue (ben oui, fallait bien justifier le départ de l’actrice !).

Si la qualité du scénario se dégrade indéniablement au fil des saisons et se termine sur une note quelque peu douceâtre et ringarde, les premières années de Charmed sont vraiment un truc à part. C’est une des rares séries qui fasse le portrait des relations entre sœurs, brodant toutes les variations sur le thème de l’amour, mais dont le cœur central n’est pas romantique du tout. Le noyau du show, c’est vraiment le lien fraternel entre ces trois femmes, avec ses hauts et ses bas et le genre d’acide et de loyauté très particuliers qui ne se forment qu’au sein d’une même famille. De plus, Charmed est une des séries les plus représentatives du passage à l’an 2000, que ce soit dans l’évolution vestimentaire de ces demoiselles (ah, la nostalgie des cols roulés sans manches !) ou dans la très intéressante amélioration des effets spéciaux au cours de ces huit ans. Bon des effets qui ne cassent pas non plus trois pattes à un canard, hein, c’est toujours un budget télévisé, mais les démons ont de bien meilleures têtes dans la saison huit que la saison un.

La rumeur court dernièrement que la distribution pourrait se réunir pour un remake. D’après Alyssa Milano, la chaîne CBS serait en train de travailler dessus mais aucune annonce officielle n’a été faite pour le moment. On a du mal à voir comment les créateurs pourraient rassembler toutes nos sorcières, entre Shannen Doherty qui se débat avec un cancer du sein et Rose McGowan qui s’est faite blacklistée de Hollywood pour cause de féminisme, mais avec la vague de nostalgie qui s’est abattue sur la petite lucarne dernièrement (MacGyver, Twin Peaks, Gilmore Girls), il est bien possible qu’un miracle s’opère. On va suivre ça de très, très près.

MADAME EST SERVIE par Fred Wildgunslinger

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4 STARS EXCELLENT

ABC a diffusé entre 1984 et 1992 la sitcom Who’s the boss, plus connue en France sous le titre Madame est servie et programmée dans un premier temps par Antenne 2 (1987) avant de connaître un succès sur M6 à partir de 1989. Mettant en vedette Tony Danza et Judith Light, Madame est servie a également permis l’éclosion de l’actrice Alyssa Milano (Commando, Charmed, Mistresses). Considérée comme culte par certains, son charme est très ancré dans les années 80. Cela étant, il reste tout de même largement possible de revoir cette série aujourd’hui, pour peu que l’on accepte les codes télévisuels et les looks de cette époque. Madame est servie a un ton résolument moderne, en montrant une femme à la carrière brillante mais également séparée et élevant seule son fils, qui embauche un homme pour s’acquitter des tâches ménagères.

Même si la reconstitution de la cellule familiale deviendra évidente au fil des épisodes et le côté parfois moralisateur un peu trop présent avec la bonne éducation des enfants, le thème de société abordé est intéressant à plus d’un titre, quand on le resitue dans le contexte des années 80. Le charme de la série repose en grande partie sur le duo que constituent Judith Light et Tony Danza, les deux acteurs mettant tout leur cœur à l’ouvrage. Si l’écriture de la romance n’est pas toujours parfaitement maîtrisée, on pardonne aisément ce défaut à une sitcom débordant d’énergie et de bonne humeur.

Tout comme on pardonnera certains gags ou comiques de situation un peu faciles, tant on se prend de sympathie pour des personnages plus vrais que nature et qui nous transportent aisément dans leur monde. Madame est servie est sans doute l’une des Madeleines de Proust du rédacteur de ces lignes, mais elle détient suffisamment de charme pour occuper une place de choix dans le panthéon des séries pour lesquelles on ne peut s’empêcher d’avoir une affection particulière. Et ces mots sont écrits après avoir revu il n’y a pas si longtemps l’intégrale des huit saisons de la série…

HAPPY DAYS par Fred Teper

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4,5 STARS TOP NIVEAU

Si vous avez été bercé au rythme des sitcoms familiales mais que vous ne connaissez pas le sens du mot cool c’est que vous n’avez jamais regardé Happy Days (Les Jours Heureux). Créée en 1974 par Gary Marshall, le réalisateur de Pretty Woman, la série se déroule dans les années 50 dans la ville de Milwaukee et met en scène la famille Cunningham, les parents, Marion et Howard et leurs enfants Chuck (pendant la première saison), Richie et Joannie. Le héros de la série au départ c’est Richie dont on suit les pérégrinations, entre le lycée et le restaurant où il passe une grande partie de son temps avec ses copains Potsie et Ralph. Les trois copains mettent régulièrement sur pied des stratagèmes pour séduire des filles et participer à des fêtes et leur position d’outsiders les oblige régulièrement à avoir recours aux conseils d’un blouson noir (gris lors de la première saison), Arthur Fonzarelli dit Fonzie. La popularité de ce personnage adepte de la décontraction, son look et ses expressions (« tronche de cake ») ou onomatopées (« yeah ») ainsi que ses pouces levés en ont fait un personnage non seulement adoré du public, mais il devint la véritable star du show et ce bien avant que Ron Howard qui interprétait Richie, ne quitte la série à la fin de la saison 7. Non seulement la série est un véritable plaisir pour sa plongée dans une époque vintage mais aussi grâce à la symbiose entre tous ses personnages et le phénomène identificatoire qu’elle provoque du coup inévitablement. Aussi célèbre que son générique (le fameux Rock around the clock de Bill Haley & His Comets lors des deux premières saisons, mais à partir de la saison 3 la cultissime chanson Happy days qui lui succède), Happy Days a devant le triomphe qu’elle rencontrait connu plusieurs séries dérivées. Laverne & Shirley, Mork et Mindy et Joanie loves Chachi ainsi que deux dessins animés The Fonz and The Happy Days Gang et Laverne and Shirley with the Fonz. La série est également à créditer d’avoir été la première à populariser l’expression Jump the shark pour une série télévisée, à savoir un évènement tellement énorme qu’il en fait perdre toute crédibilité à la série (en l’occurrence l’épisode où Fonzie réussit à passer par-dessus un requin, en faisant du ski nautique à Hollywood en début de saison 5). Happy Days durera 11 saisons et fit de Ron Howard et de Henry Winkler de véritables stars qui tous deux délaissèrent peu ou prou le métier d’acteur. Ron Howard devint réalisateur à succès (Backdraft, Splash, Rush…) et Henry Winckler malgré quelques apparitions comme acteur (notamment dans The Practice) s’illustra dans les années 80 en tant que producteur de la célèbre série MacGyver. « Thursday Friday Happy Days… » bon week-end vintage à tous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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