Critiques Cinéma

CLASS 1984 (Critique)

3,5 STARS TRES BIEN

class 1984 affiche

SYNOPSIS: Andy Norris est nommé professeur de musique à la « Abraham Lincoln Highschool », un établissement scolaire terrorisé par un gang d’élèves dirigés par un jeune pianiste psychopathe. Revente de drogue, brutalité, racket, menaces sont le pain quotidien de ceux qui y étudient et y enseignent. L’attitude ouverte mais ferme d’ Andy envers le gang ne sert à rien. Au contraire, elle engendre de nouvelles provocations. L’ affrontement n’est plus très loin et il s’annonce sanglant…

Voici venu le moment de parler d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre, le temps glorieux de la VHS et du film d’exploitation afin d’évoquer un film culte, ce sensible drame sur la faillite du système éducatif américain, Class 1984 de Mark L.Lester … Le cinéma d’exploitation fut un genre florissant du temps des cinémas de quartier et de la VHS triomphante. Fait avec des moyens limités il n’avait d’autres ambitions que des gains rapides surfant pour ce faire sur la vague de succès précédents ou exploitant, d’où son nom, les thèmes les plus sensationnalistes : sexe, violence, drogue, nudité, monstres et gore. Class 1984, qui a marqué toute une génération est le digne représentant d’un genre qui connut une réelle apogée au cours des années 80. Le film porte d’entrée la marque du pur film d’exploitation car il s’ouvre par un avertissement bien putassier (et bidon) : « Ce film est basé sur des faits réels, même si peu de lycées sont à l’image de celui-ci aux États-Unis. ». Il arrive en pleine « révolution conservatrice » un vaste mouvement réactionnaire qui frappe la société américaine après l’élection de Ronald Reagan et fait la fusion de genres parmi les plus réacs : le film d’auto-justice dont l’archétype est bien entendu l’excellent et ambigu Death Wish (Un justicier dans la ville) et les films matérialisant une angoisse face à la jeunesse (le mouvement punk n’est pas loin) et la faillite du système éducatif. Class 1984 constitue la version hardcore du classique Graine de violence de Richard  Brooks, une fois expurgé de tout message anti-raciste et progressiste. Le motif familier des films de vengeance est ici respecté à la lettre à savoir prendre un protagoniste libéral (un gauchiste) que l’on plonge dans un bain de violence et qui finit par réaliser que face à la racaille les bons sentiments ne valent rien et fini par appliquer une loi du Talion bien sentie. Notre héros, un jeune professeur de musique idéaliste fraîchement nommé dans le lycée de Lincoln interprété par Perry King (vu dans The Warriors qui est une des grandes influences du film puis plus tard dans la série télévisée Riptide) va vite être confronté à un spécimen particulièrement vicieux de délinquant juvénile Peter Stegman. Il tente d’abord le dialogue mais se trouve bientôt l’objet de pressions et de menaces quand il réalise que Stegman est responsable d’un trafic de drogue dans l’enceinte du lycée.

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Si le fond est puant on prend un plaisir malsain devant Class 1984 qui bénéficie du savoir faire de Mark Lester qui sait efficacement faire monter la tension et orchestrer une violence gore de bon aloi. Ce talent lui vaudra notamment de réaliser le fantastique Commando avec Arnold Schwarzenegger. Le script malin est signé Tom Holland, pur produit des années 80, qui scénarisera la suite de Psychose et mettra en scène deux classiques cultes Vampire vous avez dit vampire et bien sur Child’s Play première apparition de la poupée Chucky. Coté casting on note une apparition du jeune Michael J.Fox et si le brave Perry King est assez léger, le film brille par deux autres performances : Roddy McDowall (le Cornelius de La Planète des Singes) en prof au bout du rouleau mais surtout celle du jeune Timothy Van Patten. Il compose un des vilains les plus abjects vu au cinéma B veule, violent, le script laissant entrevoir une rédemption, le bougre ayant un talent pour le chant, mais il s’avère finalement complètement irrécupérable, s’en prenant même à l’épouse enceinte du héros. C’est bien simple même Ghandi voudrait le voir mort ! Par chance grâce à Mark Lester ami de l’outillage il connaîtra dans le film une fin digne de lui ! Le jeune Van Patten n’a pas poursuivi sa carrière d’acteur mais s’est reconverti depuis avec succès dans la mise en scène puisqu’il a dirigé des épisodes des Sopranos, de The Wire, Deadwood, Boardwalk Empire, Rome, The Pacific et Game of Thrones !

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L’ambiance anxiogène du film doit beaucoup aussi au score du légendaire Lalo Schiffrin (Mission impossible, Dirty Harry, Enter the Dragon) et se clôt par l’excellent I Am the Future, interprété par Alice Cooper. D’autres films emprunteront ce modèle de série B comme The Substitute avec Tom Berenger ou 187: code meurtre avec Samuel L. Jackson mais Class 1984 reste le précurseur et le meilleur de ce sous-genre se payant même le luxe d’être prophétique puisque effectivement de nombreux lycées américains s’équiperont comme dans le film de détecteurs de métaux à l’entrée ! Quelques années plus tard Mark Lester tentera de réanimer la franchise avec une suite encore plus « bis » puisqu’elle confronte les délinquants à des professeurs robots façon Terminator dans Class of 99!

class 1984 affiche

Titre Original: CLASS OF 1984

Réalisé par:  Mark L. Lester

Casting : Perry King, Timothy Van Patten, Roddy McDowall

Michael J. Fox, Merrie Lynn Ross, Al Waxman …

Genre: Thriller, Drame, Policier

Sortie le: 29 septembre 1982

Distribué par: –

3,5 STARS TRES BIEN TRES BIEN

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