Critiques Cinéma

THE WALK – Rêver Plus Haut (Critique)

4 STARS EXCELLENT

the walk afficheSYNOPSIS: Biopic sur le funambule français Philippe Petit, célèbre pour avoir joint en 1974 les deux tours du World Trade Center sur un fil, suspendu au-dessus du vide.

Parsemé de thématiques sur la foi (Contact, Le Pôle Express), le temps (la trilogie Retour Vers Le Futur, Forrest Gump) et l’au-delà (Apparences, Le Drôle de Noël de Scrooge), le cinéma de ce réalisateur hors-pair qu’est Robert Zemeckis a hérité d’une période années 2000 plutôt calme et sous-estimée mais toujours fidèle à ses questionnements et à son style unique qui font de lui un auteur à part entière. Après le retour au film-live avec Flight en 2012, le voici de nouveau à l’œuvre, cette fois sur un biopic s’intéressant à Philippe Petit, funambule français connu pour avoir réalisé l’exploit d’une mémorable traversée en 1974. Du haut de la triomphante Statue de la Liberté, Joseph Gordon-Levitt, interprète du personnage principal à l’accent frenchy, nous fait le récit de ce qui l’a conduit à tutoyer les sommets des buildings new-yorkais. Reconnaissable dès les premiers plans via les notes sensibles de Silvestri et conjuguées à la fluidité du mouvement, la caméra de Zemeckis nous transporte dans un Paris d’époque pittoresque et élégant où Philippe, adepte de l’équilibre depuis son plus jeune âge, rencontre Annie, également artiste, qui va l’épauler dans ses ambitions personnelles. Car après la cathédrale de Notre-Dame où Philippe a pu trouver son public, c’est un autre monument imposant qu’il aimerait apprivoiser. Ces 2 tours fraîchement construites au beau milieu de Manhattan qu’on appelle le World Trade Center le font rêver au point de lui inspirer un objectif de vie : dresser un fil entre eux et parcourir le passage avec extase. Pour réaliser ce projet tout à fait dangereux et illégal, Philippe a besoin d’une équipe de complices pour coordonner chaque étape. Et c’est dans la plus pure tradition du heist-movie et avec toute la saveur et la légèreté qu’on connaît au genre que se poursuivra le long-métrage : du recrutement au déroulement du coup en passant par la préparation et l’analyse des lieux, Zemeckis parvient à rendre l’entreprise passionnante sans jamais négliger son potentiel humoristique jusqu’à la grande scène finale. Anxiogène et spectaculaire à souhait, les personnes sujettes au vertige feraient mieux de s’abstenir car on tient sans doute la scène la plus immersive de l’année grâce à une caméra subjective et une 3D gérant parfaitement sa profondeur de champ. Là-haut, entre 2 crises de sueur, le cinéaste n’oublie pas de composer des plans follement euphorisants (rien d’autre que la corde, l’homme et la brume/le visage de Gordon-Levitt dans les nuages) mais dans cet inoubliable climax, ce n’est pas tant la beauté esthétique qui frappe mais aussi la poésie du projet tout entier : à savoir, la traversée entre ces 2 entités. Des traversées, n’est-ce pas ce que filme sans arrêt Bob Zemeckis avec grâce ? Des personnages qui passent d’une rive à l’autre, cherchant l’accomplissement entre 2 époques (Retour Vers Le Futur), entre 2 dimensions (Contact), entre 2 mondes (Le Pôle Express, Qui veut La Peau De Roger Rabbit), entre 2 morceaux de terre (Seul Au Monde) ou entre 2 natures (La Mort Vous Va Si Bien). Ici, la traversée a tout d’un acte initiatique pour Philippe, dans l’idée du dépassement de soi, de l’inspiration de la performance artistique et du symbole christique immuable à Zemeckis. Il s’agit non seulement d’une ode au rêve de l’homme mais aussi de la volonté de saluer le somptueux monument et les nombreuses vies qu’il a abritées avant son destin tragique.

the walk 1De la même façon qu’il faut tendre le câble pour relier les bords et renvoyer Marty chez lui en faisant un saut dans le temps (préparation du projet via une maquette d’ailleurs similaire), la formule est la même pour ramener du passé/tirer de l’au-delà le spectre des Twin Towers et les emplir d’une force vitale éternelle, en doublant le tout d’une profonde portée. Suivre une ligne fragile, guidé par un juste équilibre et une confiance inébranlable où le moindre vacillement est fatal : Zemeckis nous offre ici l’une des plus belles métaphores sur la foi, quelle qu’elle soit, élément déjà traité avec une extrême générosité dans Contact, chef-d’œuvre d’émotion avec Jodie Foster. A côté de ce passage homérique, le reste du traitement est malheureusement inégalé et desservi par une voix-off un peu trop envahissante, cassant parfois le rythme et des rôles abandonnés en cours de route (Charlotte Le Bon pourtant assez douée) mais heureusement contrebalancés par la prestation de Gordon-Levitt, touchant (bien que pas toujours juste en français) et cocasse. Malgré ces quelques défauts, Robert Zemeckis conserve toute la magie et la délicatesse de son œuvre (notamment à travers une scène assez mystérieuse…) avec les thématiques qui lui sont chères, son lot d’irrésistibles tics visuels (objets suspendus dans les airs et utilisation particulière de la 3D) et ses obsessions (comme le WaterGate). The Walk ne se réduit pas à une simple expérience de vertige mais se concrétise bien dans une intense aventure humaine où se côtoient harmonieusement le rêve, la foi, la vie et l’émerveillement.

the walk afficheTitre Original:  THE WALK

Réalisé par: Robert Zemeckis

Casting: Joseph Gordon-Levitt, Ben Kingsley, Charlotte Le Bon,

Clément Sibony, James Badge Dale, Ben Schwartz …

Genre: Biopic, Drame, Aventure

Sortie le: 28 octobre 2015

Distribué par: Sony Pictures France

4 STARS EXCELLENTEXCELLENT

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