Critiques Cinéma

THE MIST (Critique)

4 STARS EXCELLENT

the mist afficheSYNOPSIS: Tandis qu’une brume étrange semble envelopper une petite ville du Maine, David Drayton et son jeune fils Billy se retrouvent pris au piège dans un supermarché, en compagnie d’autres habitants terrorisés. David ne tarde pas à s’apercevoir que le brouillard est peuplé d’inquiétantes créatures…
Leur seule chance à tous de s’en sortir consiste à s’unir. Mais est-ce possible quand on connaît la nature humaine ? Alors que certains cèdent à la panique, David se demande ce qui est le plus effrayant : les monstres qui rôdent dans la brume ou ses semblables réfugiés dans le supermarché ?

Juste avant de remplir la grille de programme AMC de zombies hargneux et de survivants acharnés, il est parfois bon de se rappeler qu’il fut une période où le passe-temps le plus juteux de Frank Darabont était de réaliser des films. Bien que la filmo du bonhomme soit assez courte sur pattes (à peine 4 longs-métrage au compteur), gardons à l’esprit que la moitié d’entre eux font figures de références absolues (Les Evadés et La Ligne Verte), l’autre moitié étant plus mésestimée mais non moins essentielle. Après The Majestic, petite merveille nostalgique sur l’âge d’or hollywoodien où l’on n’avait pas vu Jim Carrey si bouleversant depuis son passage chez Forman, penchons-nous sur la dernière bobine en date : The Mist, nouvelle adaptation d’un roman de Stephen King, chez lequel le cinéaste s’est toujours senti à l’aise comme à la maison.

Et comme on ne change pas une formule gagnante, on re-causera de thèmes qui lui sont chers : à savoir, isolement et survie. Après les avoir brillamment illustrés via les idées de justice, de racisme, de l’amitié et de l’art, voilà que le 11 septembre est passé par là et que notre bon Frankie semble avoir besoin de réinventer ses motifs. Le thriller se présente au travers d’un pitch limpide : une petite ville américaine est soudainement recouverte d’une brume inquiétante. Bien que la question politique ne soit pas aussi manifeste que chez tonton Spielberg en pleine Guerre Des Mondes, le traitement de la menace semble définitivement analyser les mêmes phénomènes. Ici, pas de problème de communication dans les relations père-fils ni de cellule familiale cherchant à se reconstruire, mais quand le supermarché local, lieu social symbolique par excellence de l’Amérique, se retrouve sous la menace mortelle d’un mal venu de l’extérieur et jamais clairement identifié (en lien avec une opération militaire…), c’est tout un microcosme social qui bascule rapidement dans la paranoïa et la violence. En même temps qu’une imagerie resurgit, celle d’une brume rejoignant le même bain de lumière hypnotisant que le sprint d’un Cruise dans sa poussière (inoubliable photo de Kaminski), on étudie le comportement de l’individu en plein chaos, quand la peur est le sentiment maître et quand la survie devient enfin affaire de violence chez le réalisateur.

the mist 1

L’absence de visibilité et l’incertitude achevant de rendre l’expérience anxiogène, Darabont monte toute sa tension en ressuscitant, en forme d’hommage, des créatures horrifiques tout droit venus des 50’s et restaurés par un numérique imparfait (à voir dans sa version noir et blanc) tout en empruntant à d’autres maîtres comme John Carpenter (The Fog) ou en se référant de manière indirecte à George Romero. Car quand certains voient ces évènements comme l’Armageddon et que les réfugiés du supermarché semblent littéralement subir les impitoyables dix plaies d’Egypte (les ténèbres, la mort de l’enfant, les sauterelles, les furoncles…), on assiste à la propagation d’un fanatisme religieux, traitée ici de manière fascinante par Darabont comme une forme alternative de zombification. Par un discours sur la repentance, la folie gagne de plus en plus de fidèles de manière contagieuse et presque surnaturelle, éradiquant leur conscience individuelle d’être humain pour les mettre au service d’un violent dessein. Et voilà que le Zombie Romerien du supermarché ne dénonce plus le consumérisme mais bien l’intégrisme, toujours en résonnance avec l’actualité et annonçant par la même occasion les prémices des scènes et de la lecture qu’on pourra faire de The Walking Dead quelques années plus tard.

Film de monstre effrayant et huis-clos remarquable, The Mist, en plus de constituer l’un des meilleurs films post-11 septembre, s’inscrit avec brio dans la vision d’auteur de Frank Darabont en offrant un portrait acide de l’Amérique et un dénouement incroyablement marquant. L’œuvre souffre néanmoins de défauts mineurs, notamment le charisme défaillant de son interprète principal, mais rien de bien méchant qui puisse nous couper l’envie de se replonger dans ce grand cru un peu oublié de l’année 2008.

the mist afficheTitre Original: THE MIST

Réalisé par: Frank Darabont

Casting: Thomas Jane, Marcia Gay Harden, Laurie Holden,

Andre Braugher, Toby Jones, William Sadler…

Genre: Epouvante-Horreur

Sortie le: 27 février 2008

Distribué par: TFM Distribution

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