Critiques Cinéma

LA COULEUR DE L’ARGENT (Critique)

4 STARS EXCELLENT

la couleur de l'argent afficheSYNOPSIS: Un champion de billard, ex-arnaqueur invétéré, est devenu représentant en alcools. Quand il fait la connaissance d’un jeune joueur de billard prometteur, les vieux démons remontent à la surface…

Walter Tavis a attendu 25 ans avant de donner une suite à son roman The Hustler, paru en 1959. Il a donc fallu patienter jusqu’en 1984 pour retrouver le personnage de « Fast » Eddie, jeune arnaqueur devenu joueur émérite de billard et protecteur de jeunes prodiges du jeu dans The Color of Money. Deux ans plus tard, Martin Scorsese s’inspire du livre dans La couleur de l’argent pour offrir sa propre suite à L’arnaqueur de Robert Rossen, adaptation du premier volet. Où comment un arnaqueur professionnel va vivre un moment clef de sa carrière à travers la rencontre d’un potentiel successeur. « Je me suis cru devant un flash-back. Je me pose des questions » avoue Eddie à sa compagne dans une scène charnière du film. Paul Newman reprend ici le rôle d’Eddie Felson. C’est l’occasion pour Scorsese de réunir devant sa caméra deux légendes du cinéma : Newman, toujours superbe sexagénaire, fait face à Tom Cruise, tout juste sorti de Top Gun.

« … la chance a son importance dans le jeu du 9. Mais pour certains joueurs, la chance elle-même est un art ». Une voix off qui plante le décor. Nous sommes bien dans un film de Martin Scorsese. Dans un pré-générique aussi court que sobre, le jeu du 9 nous est présenté. Comme dans tous les films de Scorsese, on nous informe des règles du jeu, pour mieux les transgresser. Alors qu’Eddie devise sur les vertus du single malt au fond d’une salle de billard, dans son dos, un jeune loup interprété par Tom Cruise plume son adversaire. Qu’il soit mafieux, businessman avide d’argent ou épicurien, le héros scorsesien est toujours présenté sous son meilleur jour, arrivé au sommet de son art. Et du haut du sommet, on ne peut faire que deux choses : aider les autres à gravir les échelons, ou les dégringoler un part un. Les deux situations vont se produire ici : La couleur de l’argent, c’est l’histoire d’un passage de relai et d’une dégringolade. Et comme toujours chez Scorsese, c’est aussi l’histoire d’une rédemption.

la couleur de l'argent 1

Toujours autant attaché à ses personnages, Scorsese nous brosse le portrait de quatre destins liés : ceux d’Eddie (Newman) et Vincent (Cruise) bien sûr mais aussi ceux de leurs compagnes respectives, interprétées par Helen Shaver et Marie Elizabeth Mastrantonio. Intimement lié au destin des hommes, le rôle des femmes dans l’univers de Martin Scorsese reste ambigu : si elles n’ont jamais le beau rôle, elles contrôlent suffisamment la situation pour influer sans le montrer sur les choix de leur compagnon. Et puis il y a, bien entendu, le cinquième personnage du film : le billard. Omniprésent, obsédant Eddie et Vincent plus que tout, la table de jeu représente l’arène dans laquelle les rivaux vont finir par s’affronter.

On peu aimer Le loup de Wall Street sans s’intéresser à la finance. De même, il n’est pas nécessaire de s’intéresser au billard pour être passionné par La couleur de l’argent. Le monde du billard n’est que le décor d’une comédie humaine à grande échelle dont Martin Scorsese nous compte les affres de film en film. Toutefois, on ne peut qu’être admiratif tant la caméra de Scorsese magnifie le jeu du billard. Toujours en mouvement, au plus près des billes sur le tapis vert, elle passe du jeu aux visages des protagonistes avec une fluidité extrême, des tables de jeu de sombres clubs de billard jusqu’à l’affrontement final en point d’orgue lors d’un tournoi organisé à Atlantic City.

Deux petites choses avant de terminer. Si vous avez l’occasion de voir le film en choisissant la langue, zappez quelques minutes sur la V.F., histoire d’entendre Tom Cruise parler avec la voix française de Bruce Willis (Patrick Poivey, également voix française officielle de Don Johnson, Mickey Rourke et Kevin Costner entre autres). Et pour finir, un petit exercice lexical : Scorsese s’écrit avec deux « s » et non deux « c » (ceci est également une note pour moi-même). Une petite dernière pour la route ? (j’avais dis « deux petites choses » ? J’ai dû me tromper, je voulais dire « trois ») Scorsese se paye le luxe de deux caméos dans le film : il apparait en joueur de billard dans une scène ; et il est la fameuse voix-off (en V.O. uniquement puisque remplacé par Patrick Poivey en V.F.) présentant le film. La boucle est bouclée.

la couleur de l'argent afficheTitre Original: THE COLOR OF MONEY

Réalisé par: Martin Scorsese

Casting: Paul Newman, Tom Cruise, Mary Elizabeth Mastrantonio

Helen Shaver, John Turturro, Forest Whitaker   …

Genre: Drame

Sortie le: 11 mars 1987

Distribué par: –

4 STARS EXCELLENTEXCELLENT

2 réponses »

  1. ps : note pour moi même : ce film, je l’ai vu à sa sortie, en salles, avec ma moman grande admiratrice de Newman. Et ma soeur était très contente de voir Cruise ^^ Quant à moi, je me souviens juste que je n’avais pas tout compris… j’avais que 8 ans, merde, quoi !!!!

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