Critiques Cinéma

KNOCK KNOCK (Critique)

2,5 STARS MOYEN

knock knock affiche

SYNOPSIS: Un soir d’orage, un architecte, marié et bon père de famille, resté seul pour le weekend, ouvre sa porte à 2 superbes jeunes femmes mal intentionnées…

Eli Roth connaît ses classiques, il l’a prouvé avec sa première fiction en qualité de cinéaste, l’excellent et très référencé Cabin Fever. Derrière ces airs de slasher basique et parfois un peu bébête (n’ayons pas peur de l’avouer), Cabin Fever rendait hommage avec panache à tout un courant du cinéma horrifique des années 70-80 (Evil Dead, Massacre à la tronçonneuse, Délivrance, Vendredi 13 …) et aux ténors du genre (Sam Raimi, Tobe Hooper, David Cronenberg..). C’est dans une certaine logique donc que l’on retrouve aujourd’hui Roth à la barre de Knock Knock, remake – officieux – d’un film oublié de cette époque, le réputé troublant Death Game. Ce dernier, réalisé par Peter S. Traynor, mettait en scène un homme d’affaires et père de famille (Seymour Cassel) qui, seul à son domicile le jour de son anniversaire, invitait deux jeunes femmes aussi séduisantes que cruelles chez lui. C’est le vétéran Keanu Reeves qui reprend aujourd’hui le rôle de Seymour Cassel. À ses côtés, Ana de Armas et surtout Lorenza Izzo, compagne à la ville de Roth et fidèle collaboratrice de ce dernier (déjà présente dans Aftershock que Roth a produit et dans The Green Inferno, qu’il a écrit et réalisé), officient dans la peau des filles déjantées issues de la génération Y. Que vaut donc ce Knock Knock ?

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Comédie noire, thriller psychologique, fable moralisatrice, huis clos dérangeant … Knock Knock, c’est un peu tout cela à la fois. Une sorte de Funny Games (pour le côté machiavélique) qui rencontrerait Hard Candy (premier long-métrage de David Slade passé injustement inaperçu), avec un ton parfois assez potache, rappelant tantôt des clips MTV, tantôt la manière de séduire de Margot Robbie dans Le Loup de Wall Street (et son cultissime ‘What’s wrong daddy ?’). Sur un postulat simple – et si la tentation se trouvait sur votre palier, et une fois qu’on la laisse entrer chez soi, dans l’espace le plus sûr qui soit puisqu’on en connaît chaque recoin, on ouvrait sans le savoir la boîte de Pandore ? – Eli Roth fait preuve de son savoir-faire habituel dans une première partie efficace et fun, offrant à ses personnages principaux (et aux spectateurs) quelques instants d’hédonisme savoureux (le « Happy Father’s Day » prononcé par Ana de Armas et Lorenza Izzo vaut sacrément le détour). En père de famille hollywoodien paré à l’adultère, Keanu Reeves, décidément à l’aise dans les films de genre après le diablement badass John Wick l’an dernier, marque le coup et convainc. De leurs côtés, Ana de Armas, en clone de Miley Cyrus, et Lorenza Izzo, qui a sans doute révisé ses gammes devant le jeu de Sheri Moon Zombie dans La Maison des 1000 morts, usent de leur charme et s’en donnent à cœur joie pour inciter Reeves à commettre l’irréparable (une forme d’inception sexuelle). Dans cet acte, Eli Roth s’amuse comme un fou en filmant Reeves comme une proie constamment rattrapée par ses prédatrices (les multiples transferts canapé – chaise d’Evan sont assez hilarants).

KNOCK KNOCK 2

La suite est hélas plus futile et prévisible. Après une cassure inutile de rythme (Evan, ramené à la raison, raccompagne les deux jeunes femmes avant qu’elles ne reviennent à son domicile le soir venu), Knock Knock verse dans le sadisme pur et simple, faisant subir à Reeves un sort similaire à celui des protagonistes des précédentes moutures de Roth (sans le gore cette fois !). Ce dernier, toujours joueur (au sens littéral, puisqu’il est question d’un quizz et d’une véritable partie de cache cache à un moment donné), n’offre aucune échappatoire à Evan, en dépit de quelques fausses clés. Ce second acte se trouve ainsi enlisé dans l’ambiguïté parfois discutable du propos et apparaît un poil trop moralisateur pour convaincre pleinement. On devine par ailleurs la volonté de Roth d’actualiser le film de 1977 – il bouscule et critique les codes de la nouvelle génération (abolition des mœurs liées à la différence d’âge, développement des réseaux sociaux, culte absolu de l’image…) – mais le récit reste en surface de ces interrogations, n’allant jamais au bout d’un propos construit et incarné. Sur un plan technique, la réalisation de Roth est séduisante sans être vertigineuse. On retiendra essentiellement les travellings sinueux et épieurs du premier et dernier plan, plutôt bien sentis, ainsi qu’une scène de danse bien suave, portée par une BO qui participe à créer l’ambiance désirée. Huit ans (déjà !) après la suite ultra trash d’Hostel, Eli Roth est de retour avec un petit film délicieusement machiavélique dans son premier morceau, malheureusement contrebalancé par une seconde partie beaucoup plus convenue, qui manque de peu de faire mouche.

knock knock affiche

Titre Original: KNOCK KNOCK

Réalisé par: Eli Roth

Casting: Keanu Reeves, Ana de Armas, Lorenza Izzo,

Daniel Baily, Colleen Camp, Ignacia Allamand   …

Genre: Thriller

Sortie le: 23 septembre 2015

Distribué par: Synergy Cinéma

2,5 STARS MOYENMOYEN

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4 réponses »

  1. perso, c’est surtout son film de cannibales ferox que j’attends avec impatience ! ❤ mais bon, les colocatrices de Keanu ont l'air plutôt jolies quand même alors… :p je me laisserai tenter malgré ta critique mi figue mi moule.

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