Edito

La chronique de Cliffhanger: Une mémoire d’Eléphant

sauvés par le gong Mercredi 26 Août 2015

La nostalgie que ce soit au cinéma ou à la télévision est devenue une valeur refuge, principale mamelle nourricière d’un monde en manque de repères et qui ne trouve son salut que dans le retour en arrière et la zone de confort où il peut retrouver des personnages et des ambiances qu’il a chérit précédemment. On le voit avec les dizaines de reboots mis en chantier depuis quelques années et le revival intensif que l’on nous assène pour le meilleur ou pour le pire. S’il n’est pas question d’égrener la chanson du c’était mieux avant, cette propension à se souvenir est telle qu’elle se généralise à tous les corps de métier de l’entertainment. Un éditeur DVD a bien compris cette tendance et en a fait le coeur de sa ligne éditoriale, sortant aussi bien des films rares que des séries très anciennes dont il était devenu quasi impossible de retrouver la trace. Elephant Films, puisque c’est de lui qu’il s’agit a choisi d’intensifier de manière exponentielle les publications de ces séries rares pour offrir aujourd’hui un catalogue à la fois cohérent et cher aux nostalgiques de tous poils, ceux qui vécurent dans l’oeil du cyclone la télévision des années 70/80 et qui en garde un souvenir ému. Dossiers brûlants, Le sixième sens, Le nouvel homme invisible, Le virginien, L’Homme de fer, Equalizer, Alfred Hitchcok présente, Banacek, 200 dollars plus les frais, ce sont entre autres les titres dont l’on peut désormais profiter dans son salon comme à la belle époque. Au milieu de ces sorties qui ont mis du baume au coeur d’un public avide de retrouver ses madeleines, l’éditeur vient de toucher la génération suivante avec la sortie des saisons 1 de trois sitcoms ultra populaires des années 80/90: Sauvés par le Gong, Punky Brewster et Code Lisa.

punky brewster

Les trois séries accusent plutôt le poids des ans mais leur fonction première qui est de satisfaire les fans de la première heure fonctionne bien. La notion de plaisir, essentielle lorsqu’une fiction n’a pas beaucoup d’arguments supplémentaires en magasin, est bien présente et c’est bien là ce que l’on attend. Retrouver Zack Morris et son espièglerie, les facéties de Punky ou les imbécilités du duo créateur de la sublime Lisa voilà qui fait incontestablement du bien. D’accord on ne rit sans doute plus autant qu’à l’aube de notre adolescence mais qui peut nier qu’il a fait un salutaire bond en arrière dans sa jeunesse et qu’il n’a pas éprouvé un vrai, un grand, un authentique plaisir? Alors oui, on peut gloser à tour de bras sur le fait que la nostalgie est devenue un fond de commerce, que l’ambition artistique disparait sous le lambris de l’avidité financière, mais personnellement des piqures de rappel d’un temps où l’insouciance était mon fond de commerce à moi, j’en redemande encore et encore pour oublier, ne serait-ce qu’un petit moment, que je suis irrémédiablement devenu « grand ».

code lisa

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s