Au commencement...

Au commencement… (Séries) Public Morals 1×01

public_morals AU COMMENCEMENT2,5 STARS MOYEN

SYNOPSIS: En 1967, un policier de la brigade des moeurs lutte pour mener honnêtement sa carrière et élever ses fils…

Il y a une nouvelle tendance qui s’impose parmi les séries de la rentrée 2015. Imbibées de nostalgie pour l’époque maintenant révolue où New York était « cool », c’est-à-dire avant que Brooklyn et Manhattan ne se transforment en parc d’attraction pour le 1%; elles se penchent sur les années 80 (Wet Hot American Summer), 70 (les prochains Vinyl sur HBO ou The Get Down pour Netflix) ou 60, comme avec The Astronauts Wives’ Club et le petit dernier en date Public Morals. Créé, développé, écrit, réalisé et avec un protagoniste joué par Edward Burns, seul maître à bord après Dieu, la série entend poser un regard objectif sur la dure profession de flic dans la Grosse Pomme. Mélange d’influences diverses, a mi-chemin entre Les Ripoux et The Departed, Public Morals peine un peu à atteindre son but, avec un premier épisode intéressant, mais qui manque du charme désuet et de la production hyper détaillée qui on fait le succès de Mad Men, série étalon sur les années soixante, et qui a placé la barre très haut.

Rendons à César ce qui lui appartient, Edward Burns est très bon dans son rôle de policier un peut brut au code moral élastique. On en voit un très bel exemple dans l’une des premières scènes où le personnage de Burns, Terry Muldoon, et son partenaire Charlie Bullman (Michael Rapaport) vont faire une descente chez une prostituée. Malgré ses protestations et ses tentatives de pourparlers, la fille est embarquée au poste, mais le client, se délestant au passage d’une somme en liquide, est autorisé a disparaître. Comme Muldoon l’explique très bien un petit peu plus loin dans l’épisode, les flics ne sont pas là pour faire la police, mais pour jouer les managers des crimes dits « sans victime » (prostitution, paris, magouilles bref, tout ce qui était illégal à New York en 1965), moyennant dédommagement, bien sûr. Une philosophie partagée par le reste du commissariat, qui se demande si leur dernière recrue Jimmy Shea (Brian Wiles) ne va pas les dénoncer aux grands patrons. Quant à l’autre jeune de la bande, Sean O’Bannon (Austin Stowell), il jongle avec sa vie de flic et son père mafieux qui frappe sa femme.

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Si la série a le mérite d’être visuellement très plaisante, notamment grâce à la photographie de William Rexer et au travail de la décoratrice Tina Khayat ; elle est plutôt bancale question montage. Les fins d’actes ne sont pas toujours très claires et pour une série policière, les scènes d’action manquent singulièrement de punch. On a du mal à discerner la grande histoire, celle qui est censée nous guider tout au long de la saison, voire tout au long de la série. Cela vient sans doute du fait que l’épisode pilote est davantage construit comme un patchwork de personnages et de situations plutôt que comme le premier chapitre d’une intrigue. Edward Burns souffre de l’affliction de l’acteur-auteur, en ce sens qu’il écrit de très beaux personnages, mais peu de conflits. On n’est toujours pas sûr de savoir, au bout de quarante minutes de film, quel élément est supposé s’opposer à Terry Muldoon, ou à n’importe quel personnage d’ailleurs, parce que le scénario s’acharne à nous peindre des traits de caractère plutôt que des péripéties. On sait que Bullman a un faible pour les jolies femmes, que Stowell a un ami d’enfance qui va lui attirer des ennuis et que le fils de Muldoon entre dans l’âge difficile de l’adolescence. Un peu mince pour faire revenir les spectateurs semaine après semaine, surtout quand on connaît le niveau de la concurrence.

Seul scénariste crédité pour la toute première saison, Edward Burns s’est attelé à une tâche épineuse et se doit maintenant de porter la série sur ses épaules. Il est à espérer que les prochains épisodes seront de meilleure qualité et feront avancer l’histoire dans la bonne direction. Parce pour le moment, passée la nouveauté du New York sombre façon French Connection, il y a quelques raisons d’en demander plus. Burns est un excellent acteur, et se régale du personnage qu’il s’est concocté. On croise les doigts pour qu’il se révèle meilleur conteur très vite.

Crédits: TNT

 

 

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1 réponse »

  1. Seul Maître à bord, le Edward, et pour cause ! Le personnage principal, qu’il incarne, est inspiré de la vie de son propre père ! C’est Spielberg, qui, sur le tournage de Private Ryan, lui avait conseillé d’en faire un film. Cela explique pourquoi la série est produite par Spielby.

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